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Kaedes
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le 26 avril...

1478

Les Pazzi, famille puissante à Florence, s'unissent à l'archevêque de Pise pour renverser Laurent et Julien de Médicis, princes de la république de Florence. Au moment de l'élévation de l'hostie dans la cathédrale, Julien est assassiné ; Laurent, légèrement blessé, se sauve dans la sacristie et échappe aux assassins, qui bientôt sont mis à mort ; l'archevêque est pendu.

1672

Arrêt du Conseil, qui donne la liberté à toutes les personnes détenues dans les prisons de Normandie pour cause de magie et de sortilège.


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le 27 avril ...

1521

Mort de Ferdinand Magellan, qui s'est immortalisé par ses découvertes. En 1520, après un an de recherches, Magellan, qui avait avec lui trois bâtiments, découvrit enfin, entre l'Amérique du Sud et la Terre de Feu, un détroit environné de montagnes très élevées et couvertes de neige. Etait-ce enfin le passage qu'il cherchait pour doubler le continent et rejoindre l'autre océan qui permettait d'atteindre vraiment les Indes ? Laus ce détroit pouvait être aussi l'embouchure d'un fleuve ou d'une simple baie très profonde. Magellan envoya alors en reconnaissance deux de ses trois navires.
Deux jours plus tard, alors qu'on les croyait perdus, les deux bateaux réapparurent, tous pavillons dehors, et tirant des coups de bombarde. Tous les hommes étaient sur le pont et poussaient des cris de joie. Le passage, qu'ils venaient de découvrir, était bien un bras de mer reliant deux océans. Un jour, celui-ci sera le détroit de Magellan et Magellan le baptisa Canal de la Toussaint, en raison de la date du calendrier. Il mesurait six cents kilomètres. Il fallut un mois pour le franchir. Puis l'expédition pénétra dans l'océan Pacifique que l'on baptisa ainsi à cause de ses eaux calmes. Et le nouvel océan fut salué par une superbe salve d'artillerie.
Cependant, les difficultés à bord des trois navires s'aggravaient de jour en jour. Un des officiers du bord, Pigafetta, a laissé un récit de ce voyage. « Le biscuit que nous mangions, écrit-il, n'était plus du pain, mais une poussière mêlée de vers qui en avaient dévoré toute la substance, et qui, de plus, était d'une puanteur insupportable, étant imprégnée d'urine de souris. L'eau que nous étions obligés de boire était également putride et puante. Nous fûmes contraints, pour ne pas mourir de faim, de manger les morceaux de cuir de boeuf dont on avait recouvert la grande vergue pour empêcher que le bois ne rongeât les cordes... »
Les hommes de l'équipage étaient à deux doigts de se mutiner à nouveau pour exiger le retour en Espagne lorsque, enfin, la flotille atteignit, le 16 mars 1512, après trois mois de navigation, des îles qui semblaient très accueillantes. Ils purent s'y reposer et faire provision d'eau fraîche et de nourriture. Magellan nomma ces îles Philippines en l'honneur de l'Infant d'Espagne, le futur Philippe II.
Au début, tout semblait bien devoir se passer. Les indigènes se montraient soumis. Ils procuraient de l'or et des épices. Certains de leurs chefs se convertirent même au catholicisme. Mais peu à peu les rapports se tendirent. Les matelots espagnols profitèrent certainement avec beaucoup d'abus des femmes indigènes. Enfin, un jour, les Espagnols, au cours d'un petit combat, perdirent leur réputation d'invincibilité. Magellan avait voulu réprimer la révolte d'une petite île, l'île de Zébu, où régnait le roi Sliapulapu. Les Espagnols furent accueills par une pluie de flèches. Ils n'étaient que cinquante-six contre mille cinq cents indigènes et Magellan fut tué à coups de pierres et de lances.

1702

Mort de Jean Bart. Il était né à Dunkerque ; son père était un pauvre pêcheur. Peu d'hommes sont plus connus et plus aimés du peuple que lui. Son nom sert à désigner la franchise rude et brusque unie au courage. On cite à plaisir toutes les anecdotes de son voyage à la cour. Il parvint au grade de chef d'escadre, et en 1694 une victoire qu'il remporta sur l'amiral Hidde lui fit donner des lettres de noblesse. Il mourut dans sa ville natale, d'une pleurésie, à l'âge de cinquante-cinq ans.

1784

Première représentation du Mariage de Figaro de Beaumarchais. Trois cents personnes dînèrent à la comédie dans les loges des acteurs ; trois malheureux furent étouffés dans la foule à l'ouverture des bureaux : on ne sortit du spectacle qu'à dix heures du soir ; c'était alors une heure indue. A la soixante-quatorzième représentation, Beaumarchais, âgé de cinquante-cinq ans, fut envoyé à Saint-Lazare.

1803

Mort de Toussaint-Louverture. Né à Saint-Domingue, d'un père et d'une mère esclaves, il fut d'abord pâtre, ensuite cocher, et plus tard surveillant des nègres ses compagnons. La révolution de Saint-Domingue le porta successivement aux grades de général de brigade, de général de division, et enfin de général en chef des armées de Saint-Domingue. Dans ses lettres à Bonaparte, il écrivait : Le premier des noirs au premier des blancs. Ce fut une trahison qui le rendit prisonnier de la France. Il est mort enfermé au château de Joux, près de Besançon.


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le 28 avril

1503

Bataille de Cérignole perdue par les Français en Italie. En 1501, Louis XII, roi de France, s'était uni avec Ferdinand, roi de Castille, pour dépouiller Frédéric, roi de Naples. Les troupes combinées des deux monarques eurent bientôt conquis tout le royaume des Deux-Siciles ; mais, après la conquête, la division se mit entre les vainqueurs. Les Français, après avoir été défaits, le vendredi 21 avril 1503, à la bataille de Seminare, furent encore défaits le vendredi de la semaine suivante (28 avril), à la bataille de Cérignole dans la Pouille, par Gonsalve de Cordoue, surnommé le Grand capitaine. Ces deux journées sont l'époque de la superstition qui a fait regarder le vendredi comme un jour malheureux.
La perte de ces deux batailles entraîna celle de toutes les places que les Français possédaient au royaume de Naples, qui demeura tout entier à la maison d'Aragon, passa ensuite à la maison d'Autriche, avant de revenir à la maison de Bourbon au XVIIIe siècle.

1507

Entrée de Louis XII à Gênes. Les Gênois s'étaient mis, en 1499, sous la domination française ; en 1506, le peuple se souleva contre la noblesse, qui fut obligée de quitter la ville, abandonnant à la fureur de la populace ses hôtels, qui furent pillés et saccagés. Philippe Ravestein, gouverneur de Gênes au nom de Louis XII, roi de France, ayant aussi abandonné la ville, ce départ rendit le peuple et les tribuns qu'ils s'étaient choisis, plus fiers et plus insolents. Favorisés en secret par le pape Jules II, comme on le reconnut par la suite, ils élurent pour doge un teinturier, nommé Paul Novi, et abbatirent la bannière de France.
Louis XII passa aussitôt les Alpes à la tête d'une armée, força les passages occupés par les rebelles, et entra dans Gênes le 28 avril 1507, l'épée nue à la main. Il fit brûler en sa présence tous les privilèges de la ville puis, ayant fait dresser son trône sur la grande place, sur un échafaud superbe, fit venir les Gênois au pied de l'échafaud, qui entendirent leur sentence à genoux. Il ne condamna qu'à une amende de cent mille écus d'or, et fit bâtir une citadelle, qu'il appela la Bride de Gênes.

1611

Le curé Godifri est brûlé comme sorcier. Ce pauvre curé s'était passionné pour les livres de magie, à tel point qu'il avait vraiment fini par croire qu'il était sorcier. Il avait appris quelque chose qui le fascinait : pour se faire aimer d'une femme, il suffisait de souffler dessus. Aussi, le curé Godifri se mit-il à souffler sur toutes les femmes qu'il rencontrait. On raconte même qu'il parvint à souffler sur toutes les religieuses d'un couvent. Toute la communauté y passa... Il obtenait certainement de nombreux résultats, car le Parlement fut saisi de l'affaire et le condamna à être brûlé vif.

1755

Mort de Fagan. Christophe-Barthelemi Fagan naquit à Paris en 1702. Avec une partie de l'esprit de La Fontaine, il avait à peu près le même caractère, la même indolence, la même aversion pour les affaires. Né avec beaucoup de talent pour le théâtre, il travailla pour les Français, les Italiens, et le Théâtre de la Foire. Le caractère dominant de ses ouvrages est un enjouement naïf et fin ; les plus applaudis et les plus dignes de l'être, sont le Rendez-viys et la Pupille.

1772

Exécution de Struensée, ministre danois, et de Brandt. Ils sont décapités, leurs corps sont écartelés, et placés sur la roue ; leurs têtes sont exposées sur des pieux. Struensée, de médecin devenu ministre, avait voulu appliquer avec trop de précipitation les principes de la philosophie du XVIIIe siècle : il avait affranchi la presse, diminué le nombre des corvées, modéré les impôts, favorisé l'industrie, modifié la rigueur des lois pénales, et la longueur des formalités judiciaires ; mais il blessa les opinions religieuses du peuple, qui unit contre lui sa voix à celle de la noblesse.

1794

Ce jour sont assassinés par le tribunal révolutionnaire, le duc de Villeroi, capitaine de la première compagnie des Gardes-du-Corps ; la Tour-du-Pin, ministre de la guerre, âgé de soixante-six ans ; la Tour-du-Pin-Gouvernet, âgé de soixante-douze ans ; Béthune-Charost, âgé de vingt-trois ans ; Nicolaï, premier président du grand-conseil ; de Crosne, lieutenant de police ; Angrand d'Allerai, lieutenant civil ; Terrai, intendant de Lyon, et madame Terrai, son épouse ; la marquise d'Estournelles, âgée de soixante-dix-huit ans ; la duchesse de la Vallière ; la comtesse de Bussy ; mademoiselle de Bragelonne, religieuse ; sa soeur, la marquise de Paris-Montbrun ; et enfin, un amiral de France, plus illustre avant, que depuis la Révolution, Charles d'Estaing.


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le 29 avril...

660

Callinicus invente le feu Grégeois, dont la violence redouble dans l'eau. Il s'en servit pour incendier la flotte des Sarrasins, sous le règne de Constantin Pogonat. Jusqu'en 940, ce secret fut ignoré des autres peuples du monde ancien.

1624

Sur l'avis de Marie de Médicis, Louis XIII disgracie ses deux ministres Sillery et Puisieux. Il appelle Richelieu au Conseil.

1640

Le comte d'Harcourt, général français, força le marquis de Léganez, général espagnol, dans ses lignes devant Cazal, et lui tua plus de cinq mille hommes. Léganez, en lui demandant l'échange de quelques prisonniers, lui fit dire que « s'il était roi de France, il lui ferait couper la tête, pour avoir hasardé une bataille contre une armée beaucoup plus forte que la sienne ? - Et moi, répondit d'Harcourt, si j'étais roi d'Espagne, le marquis de Léganez perdrait la tête, pour avoir cédé la victoire à une armée beaucoup plus faible que la sienne. »
C'est à l'occasion de ce succès et de la victoire que ce général remporta le 11 juillet suivant, que le fameux Jean de Vert, général de l'empereur, dit qu'il aimerait mieux être comte d'Harcourt, qu'empereur.

1676

Mort de Ruyter. Michel-Adrien Ruyter, le plus grand homme de mer qu'ait eu la Hollande, et qui la rendit la plus formidable des puissances maritimes, était né en 1607, à Flessingue. Après avoir été matelot, contremaître et pilote, il devint capitaine de vaisseau. Huit voyages dans les Indes occidentales, et deux au Brésil, lui méritèrent, en 1641, la place de contre-amiral. Envoyé d'abord au secours des Portugais contre les Espagnols, et ensuite au secours du roi du Danemark contre la Suède, il accrut dans l'Europe la considération de la puissance hollandaise, à laquelle il donna pendant quelque temps l'empire de la mer.
En 1661, il alla en Méditerranée battre les Tunisiens et les Algériens, leur imposa des lois, leur arracha des esclaves chrétiens, et donna l'exemple que Louis XIV suivit plus de vingt ans après.
En 1672, lorsque ce même Louis XIV subjuguait la Hollande sur terre, Ruyter rendait victorieuse, sur mer, sa nation vaincue ; il triomphait à la fois des flottes française et anglaise ; il introduisait dans le Texel la flotte marchande des Indes, et fournissait à son pays opprimé les ressources nécessaires, pour se garantir d'une ruine qui paraissait inévitable.
En 1675, il livra encore aux flottes combinées de France et d'Angleterre, trois batailles terribles, après lesquelles d'Estrées, son digne ennemi, vice-amiral français, écrivait à Colbert : « Je voudrais avoir payé de ma vie la gloire que Ruyter vient d'acquérir. »
En 1676, Ruyter envoyé au secours de Messine, contre les Français, périt au combat devant Agousta en Sicile, d'un coup de canon parti du vaisseau du célèbre Duquesne.

1785

Mort de l'abbé Mably, frère de Condillac. Ses ouvrages les plus remarquables sont les Observations sur l'Histoire de France, et les Entretiens de Phocion. Les Polonais avaient demandé à Mably et à Rousseau une constitution nouvelle : contre l'avis de Rousseau, Mably proposa une royauté héréditaire ; il admettait du reste que le roi ne devait avoir aucune autorité réelle.

1792

Déroute des Français à Tournai. La guerre ayant été déclarée à l'Autriche le 20 avril précédent, les Français divisés en deux corps d'armée, s'avancèrent vers Mons et vers Tournai. L'attaque de Mons était dirigée par le général Biron, et celle de Tournai par Théobald Dillon, qui était à la tête de cinq à six mille hommes ; quinze cents Autrichiens foudroyèrent cette petite armée, et la ramenèrent battant jusqu'aux portes de Lille, tandis que le général Biron essuyait de son côté une semblable déroute ; mais l'issue en fut moins fâcheuse pour lui que pour son collègue Dillon, qui fut massacré par ses propres soldats en rentrant dans Lille. Son cadavre fut mis en pièces, fut l'objet d'une de ces scènes de férocité qui alors étaient presque journalières en France ; les assassins dansèrent la farandole autour d'un grand feu, où ils avaient jeté les restes de leur général, avec six prisonniers autrichiens qu'ils avaient également massacrés ; ils allèrent ensuite à la recherche de madame Dromgold, soeur de M. de Dillon, qui fuyant de maison en maison, ne leur échappa qu'avec la plus grande peine.

1825

Victor Hugo est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il avait alors vingt-trois ans, et c'est lui qui avait sollicité ce ruban. Comme écrit André Maurois, « Sa Majesté s'était courtoisement affligée d'un oubli dont les lettres avaient le droit d'être surprises. »
Lorsque Victor Hugo apprit la nouvelle, il se trouvait alors à Blois, auprès de son père, et on peut imaginer la joie du général Hugo en voyant son fils décoré d'un ordre qui lui était si cher. On raconte qu'il détacha de sa boutonnière son propre ruban rouge et le remit lui-même à son fils.

1826

Constitution donnée au Portugal par don Pedro, avant son abdication, qui eut lieu le 2 mai suivant. Cette constitution consacrait l'établissement des deux chambres représentatives.

1848

Le pape Pie IX condamne la guerre déclenchée contre l'Autriche par le roi du Piémont.


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Le 30 avril ...

1524

Mort du chevalier Bayard, surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche. Ses exploits militaires remplissent toute l'histoire de son temps. Il avait commencé à se signaler sous Charles VIII, à la célèbre journée de Fornoue. Sa gloire militaire illustra le règne entier de Louis XII, et les neuf premières années du règne de François Ier. Depuis, qu'à l'exemple d'Horatius Coclès, il avait défendu seul contre les Espagnols, un pont sur le Gariglian, et sauvé l'armée française, en retardant la marche de l'ennemi vainqueur, il avait pour devise un porc-épic, avec ces mots faits pour lui seul : Vires agminis unus habet. Bayard était d'un sang respectable, toujours dévoué à la patrie, toujours versé pour elle. Avant la réunion du Dauphiné à la France, ses ancêtres mouraient pour les dauphins du Viennois dont ils étaient sujets ; ils moururent pour leurs rois depuis la réunion. Le trisaïeul du chevalier fut tué sous les yeux du roi Jean, à la bataille de Poitiers ; son bisaïeul, à la bataille d'Azincourt ; son aïeul à celle de Montlhéry ; son père fut mis hors de combat à la journée de Guinegaste, par une blessure dangereuse ; et notre chevalier mourut à la retraite de Romagnane.
Le connétable fut tué à l'assaut de Rome. La retraite des Français ayant laissé Bayard entre les main des Impériaux, le marquis de Pescaire le secourut mourant, le pleura mort, et les regrets dont les ennemis honorèrent la cendre de Bayard égalèrent ceux des Français.

1574

Exécution de Boniface de La Mole. L'amant de la reine Margot avait conspiré avec le duc d'Alençon contre le roi. « Ce gentilhomme, écrivait à son sujet le chronique Pierre de l'Estoile, était meilleur champion de Vénus que de Mars... Il écoutait trois ou quatre messes tous les jours. Le reste du jour et de la nuit, il l'employait à l'amour, ayant cette persuasion que la messe ouïe dévotement expiait tous les péchés et paillardises qu'on eût pu commettre ; de quoi, le feu roi, bien averti, a dit souvent en riant que, qui voulait tenir registres des débauches de La Mole, il ne fallait que compter ses messes ! »
On dit que la reine Margot assista, dans l'embrasure d'une fenêtre, au supplice de son amant. Après sa mort, elle prit un deuil public extrêmement spectaculaire. Brantôme rapporte que ses vêtements étaient couverts de « têtes de mort et toutes sortes de trophées de mort ». Et certains chroniqueurs affirment même qu'elle fit embaumer la tête de La Mole et qu'elle la conserva très longtemps dans un meuble de sa chambre.

1653

Cromwell dissout le Parlement et prend le pouvoir. Il envahit la salle des séances avec une trentaine d'hommes armés. Il commença par écouter les débats, puis, brusquement, il se leva et cria : « Assez de bavardages ! Disparaissez ! Qu'on n'entende plus parler de vous ! » Les soldats obligèrent alors les députés à sortir. Cromwell, debout au milieu de la salle, saluait chaque député au passage, d'une épithète sonnante, les traitant d'ivrognes, de pourris, de corrompus... Lorsque tout le Parlement fut évacué, on raconte que Cromwell posa sur la porte un écriteau : « Maison à louer, non meublée ».

1655

Mort de Lesueur, peintre français né en 1617 à Paris. Il avait porté l'art de la peinture au plus haut point, lorsqu'il mourut à l'âge de trente-huit ans. On connaît les peintures dont il avait orné le petit cloître des Chartreux, et dont quelques-unes furent horriblement défigurées par des envieux.

1749

Renvoi du comte de Maurepas, secrétaire d'Etat à la Maison du roi. Ce renvoi fait suite à la demande de la Pompadour, qui le soupçonne d'être complice des attaques portant atteinte à son honneur.

1792

Mort de John Montagu, comte de Sandwich, qui inventa le premier mets portant son nom. Il était né en 1718, et mena une brillante carrière d'homme d'état. Il fut ainsi Premier Lord de l'Amirauté et occupa le poste de Secrétaire d'État aux affaires étrangères. Il inventa le sandwich, tranche de rôti servie entre deux tranches de pain, afin d'assouvir sa passion pour le jeu qui l'amenait parfois à rester 24 heures éveillé.

1803

Les Etats-Unis achètent la Louisiane pour plus de 75 millions de francs. Le peuplement de la Louisian s'était fait au XVIIIe siècle d'une façon peu banale. Ce n'était alors qu'un pays sableux et malsain où régnaient l'anarchie et la famine. Pour peupler la nouvelle colonie, on arrêta sur les grandes routes ou dans les ruelles de Paris des vagabonds. On s'adressa à l'hôpital Bicêtre qui ne fut que trop heureux de « purger Paris des gueux, libertins, filous, insignes voleurs et criminels de tout acabit ». Cinq mille hommes furent ainsi arrêtés et expédiés.
Mais il s'agissait à présent de trouver des femmes pour ce troupeau hétéroclite formé d'honnêtes colons, mais aussi de « polissons ramassés au coin des rues ». On demanda au ministre d'envoyer de « jolies filles raisonnables et bien faites ». Pontchartrain expédia vingt-trois jeunes filles garanties pour leur vertu. Aussitôt arrivées en Louisiane, on les maria du mieux qu'on put, mais le ministre avait fait une grosse faute : il avait pris de jeunes Parisiennes qui, habituées à un certain luxe, ne parvinrent pas à s'adapter. Aussi, le second contingent de femmes fut-il bien différent du premier. C'étaient dix Bretonnes de Lorient, « si laides et si mal faites que les coureurs des bois assurèrent qu'ils aimaient encore mieux les sauvagesses. »
La situation devenait donc pressante et Law pensa que le rebut féminin de la capitale pourrait peut-être faire de bonnes épouses pour les colons de la Louisiane. Il s'adressa donc à la Salpêtrière, et, en juin 1719, le premier envoi se composant de « seize drôlesses » presque toutes marquées d'une ou deux fleurs de lys prit le chemin du Nouveau Monde. Chacune possédait une fiche signalétique : débauchée parfaite, tireuse de couteau, empoisonneuse. Avant de s'embarquer, beaucoup de ces femmes se révoltèrent, griffant ou mordant les soldats. On en arriva donc à l'expédient de leur faire épouser avant leur départ du gibier de potence. Pour débuter, on maria cent quatre-vingt filles à cent quatre-vingt condamnés de droit commun. La cérémonie accomplie, on les mit en route pour leur voyage de noces en Louisiane, pourvus, en guise d'anneaux de mariage, d'une petite chaîne qui les liait deux à deux, le mari avec sa femme. Le résultat, on le devine, fut pour le moins médiocre.

1804

Un membre du Tribunat, nommé Curée, dépose sur le bureau une proposition tendant à ce que Bonaparte soit nommé empereur.

1877

Charles Cros remet à l'Académie des sciences un rapport sur ce qui devait être le phonographe. Suivant les mots mêmes de l'inventeur, il s'agissait d'un « procédé qui consiste à obtenir le tracé du va-et-vient d'une membrane vibrante et à se servir de ce tracé pour reproduire le même va-et-vient. » Cros proposait comme nom, le Paléophone, c'est-à-dire Voix du passé. C'est quelqu'un d'autre qui, plus tard, trouvera le nom de phonographe. Hélas, ce rapport ne fut lu par l'Académie que huit mois plus tard et, en Amérique, Edison avait déjà pris un brevet de son invention.


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Origine, histoire, dictons du MOIS D'AVRIL
(D'après « La légende des mois », paru en 1881)

Les Romains donnaient au mois qui succède à Mars le nom d'aprilis, du mot latin aperire, qui veut dire ouvrir, soit « parce que, dans ce mois, les bourgeons commencent à s'ouvrir », soit « parce que la terre semble ouvrir son sein en se couvrant d'une végétation nouvelle ». Du mot latin aprilis nous avons fait avril.


Le poète Ausone représente le mois d'avril sous les traits d'un jeune homme couronné de myrte et qui semble danser au son des instruments. « Près de lui est une cassolette d'où l'encens s'exhale en fumée et le flambeau qui brûle dans sa main répand des odeurs aromatiques. » Le mois d'avril était consacré à la déesse Cybèle, la mère des dieux, comme l'appelaient les Grecs. C'était à Pessinonte, en Phrygie, que se trouvait le principal temple consacré à Cybèle ; on l'y adorait sous la forme d'une pierre noire, qui était, disait-on, tombée du ciel. Pendant la seconde des guerres que les Romains firent aux Carthaginois, un évènement qui parut extraordinaire, une pluie de pierres, terrifia les esprits.
Cybèle

O n consulta les livres sibyllins et l'on trouva une prédiction portant que l'ennemi serait vaincu si l'on apportait à Rome la mère des dieux de Pessinonte. La pierre noire qui représentait Cybèle fut apportée en grande pompe à Rome, et des jeux annuels, les jeux Mégalésiens, furent institués en l'honneur de la déesse pour perpétuer le souvenir de son entrée dans la capitale de l'Italie. Ces jeux commençaient le 4 avril et duraient sept jours ; ils consistaient en représentations dramatiques exécutées sur le mont Palatin devant le temple même de Cybèle. Phidias représente la déesse assise sur un trône entre deux lions, ayant sur la tête une couronne murale de laquelle descend un voile. Quelquefois Cybèle est représentée tenant une clef et paraissant écarter son voile, allégorie qui rappelle l'étymologie d'avril.

Chaque année, le 1er avril, les Grecs se rassemblaient autour du temple de Thésée pour exécuter des danses nationales. Thésée, dont les exploits sont restés légendaires, tua, comme l'on sait, le Minotaure, ce monstre à tête de taureau qui dévorait chaque année six jeunes garçons et six jeunes filles d'Athènes : c'était le tribut imposé par le roi de Crète, Minos, à la suite de l'assassinat de son fils Androgée par les Athéniens. Ariane, fille de Minos, sur les conseils de Dédale, donna à Thésée un fil qui devait le conduire dans la demeure, presque introuvable (le labyrinthe), habitée par le monstre. Thésée fut ingrat envers Ariane, qu'il abandonna dans l'île de Naxos.

Donc, le 1er avril, des jeux et des chants célébraient la victoire de Thésée. Parmi ces chants, quelques choeurs sont remarquables. L'un est considéré comme une reproduction de la danse que Dédale inventa pour Ariane. Le coryphée tient et guide ses compagnons, tantôt au moyen d'un fil, tantôt avec un mouchoir. Ce fil serait celui du labyrinthe ; ce mouchoir, serait destiné à essuyer les larmes d'Ariane. La personne qui tient le mouchoir dit ces paroles : « Navire qui es parti et qui m'enlèves mon bien-aimé, mes yeux, ma lumière, reviens pour me le rendre ou pour m'emmener aussi. » Quand Ariane a chanté, le choeur lui répond sur le même air : « Maître du navire, monseigneur, et vous, rocher, âme de ma vie, revenez pour me la rendre, ou pour m'emmener aussi. »

« C'est aux alternatives de réveil et de sommeil de la végétation, dit Maury, que se rapportent les deux genres de fêtes, les unes gaies, les autres tristes, que l'on célébrait en l'honneur de l'héroïne crétoise (Ariane) et qui firent croire aux mythologues des temps passés à l'existence de deux Arianes. »

Pour nous, le 1er avril, à défaut du culte de Thésée, nous pratiquons la coutume du poisson d'avril. Nous nous égayons aux dépens de nos amis en leur annonçant des nouvelles absolument inexactes et en leur imposant des démarches absolument inutiles. S'ils se fâchent, il nous suffira d'un mot pour calmer leur colère : « Poisson d'avril ! » Quelle est l'origine de cette plaisanterie vraiment absurde ? On raconte que le roi Louis XIII faisait garder à vue, dans le château de Nancy, un prince de Lorraine. « Le prisonnier trouva moyen de se sauver, le 1er avril, en traversant la Meuse à la nage, ce qui fit dire aux Lorrains que c'était un poisson qu'on avait donné à garder aux Français. »

M ais voici d'autres origines : Poisson d'avril, dit-on, dérive par corruption de Passion d'avril. Le vendredi saint tombe souvent dans ce mois et la manière dérisoire dont le Christ fut renvoyé d'Anne à Caïphe, de Caïphe à Pilate, de Pilate à Mérode, d'Hérode à Pilate, semble une mystification pareille à celle que nous appelons poisson d'avril. Une autre version est la suivante : Le mois d'avril est le mois où le maquereau est le plus abondant. La pêche commence dans les premiers jours; or , il est d'usage dans certaines localités maritimes, lorsque les pêcheurs reviennent après une maigre pêche, qu'on leur envoie en manière de plaisanterie des poissons en bois et en carton. On nargue ainsi ceux qui s'étaient vantés de revenir avec des cargaisons beaucoup plus considérables que leurs voisins. Souvent les pêcheurs, pour ne pas avouer leur pêche infructueuse, prétendaient que leurs bateaux avaient coulé au retour. On les accueillait alors en criant : « Ah ! ah ! c'est du poisson d'avril. »

Enfin, une dernière étymologie, qui, à vrai dire, nous paraît la meilleure, bien qu'elle ne nous apprenne pas l'origine des mystifications du 1er avril : En avril, le soleil vient d'entrer dans la constellation zodiacale qu'on appelle les Poissons. Disons à ce propos que la constellation des Poissons était, en Égypte, consacrée à la déesse Nephtis, puissance malfaisante qui symbolise la stérilité de la terre. Elle était la femme de Typhon, dieu du mal, des ténèbres, de la stérilité. Détail assez curieux : dans les temples consacrés à Typhon, on immolait à ce dieu des hommes roux !


Thésée et le Minotaure

Parmi les fêtes romaines qu'on célébrait en avril, signalons : le 4, les jeux Mégalésiens ; le 7, les fêtes de la naissance d'Apollon et de Diane; le 15, les Fordicales, des deux mots forda, vache pleine, et coedo, je tue, en l'honneur du dieu Tellus, (la Terre) ; chaque écurie immolait une vache pleine. Le 21 avril, jour anniversaire de la fondation de Rome, on célébrait les Parilies, fête instituée par l'empereur Adrien et pendant laquelle on ne faisait aucun sacrifice sanglant. Le même jour avaient lieu les fêtes Paliliennes, en l'honneur de la déesse Palès, divinité tutélaire des bergers et des troupeaux. Le 25, on célèbre les Robigales, en l'honneur de la déesse qui préserve les blés de la rouille. Le 30, ont lieu les Larentales, en l'honneur d'Acca-Larentia, nourrice de Romulus et de Rémus, et qu'on avait surnommée la Louve ; ce qui a fait croire que Romulus avait été allaité par la femelle d'un loup. Quant aux Céréalies, elles étaient célébrées en avril et en août.

Du commencement à la fin d'avril, les jours augmentent de 1h40, à savoir : de 57 minutes le matin et de 43 minutes le soir. En avril, la température moyenne continue à s'élever ; elle atteint 10°, et cependant nous devons nous attendre encore à des séries de mauvais jours : les pluies, le froid, la neige même parfois, ne nous ont point irrévocablement quittés, et les gelées peuvent compromettre le succès des récoltes qui seraient trop hâtives. Vous connaissez le dicton : « Il n'est si gentil mois d'avril qui n'ait son chapeau de grésil. » Il y a d'ailleurs, dans ce mois, une échéance qui terrifie un grand nombre de nos paysans et qui suscite chez eux les croyances les plus superstitieuses : nous voulons parler de la lune rousse.

Écoutons ce qu'en disent les agriculteurs :
Lune rousse
Vide bourse.
et encore :
Récolte point n'est arrivée
Que la lune rousse ne soit passée.

Le roi Louis XVIII, recevant un jour une députation d'astronomes, leur dit : « Je suis charmé, messieurs, de vous voir réunis autour de moi, car vous m'expliquerez nettement ce que c'est que la lune rousse et quel est son mode d'action sur les récoltes. » Arago, qui rapporte cet incident, ajoute que le grand astronome Laplace, à qui s'adressaient plus particulièrement ces paroles, resta comme atterré ; lui qui avait tant écrit sur la lune n'avait en effet jamais songé à la lune rousse. Laplace consultait tous ses voisins du regard, mais ne voyant personne disposé à prendre la parole : « Sire, dit-il, la lune rousse n'occupe aucune place dans les théories astronomiques ; nous ne sommes donc pas en mesure de satisfaire la curiosité de Votre Majesté. » Le soir, le roi s'égaya beaucoup de l'embarras dans lequel il avait mis ses astronomes.

Les agriculteurs appellent lune rousse la lune qui, commençant en avril, devient pleine soit à la fin d'avril, soit au commencement de mai. Ils assurent avoir observé que la nuit, quand le ciel est serein, les feuilles, les bourgeons, exposés à la lumière de la lune, roussissent, c'est-à-dire gèlent lors même que la température de l'air se maintient à quelques degrés au-dessus de zéro. Ils ajoutent que si le ciel est couvert, les rayons de la lune n'arrivant pas jusqu'aux plantes, la gelée n'a pas lieu.

Est-il vrai, tout d'abord, que ces effets de gelée se produisent en avril et en mai ? Oui, bien certainement ; les récoltes, trop souvent compromises par ces gelées tardives, n'attestent que trop vivement la réalité de l'observation. Est-il vrai que les gelées se produisent quand le ciel est serein, quand la lune brille, et qu'elles n'ont pas lieu quand le ciel est couvert ? Oui encore. En voici l'explication : les objets terrestres, échauffés pendant le jour par les rayons du soleil, perdent de leur chaleur pendant la nuit en renvoyant dans l'espace la chaleur qu'ils ont reçue; le refroidissement peut être tel, que ces objets soient gelés alors même que la température de l'air est au-dessus de zéro. Cette perte de chaleur de la terre est favorisée par un ciel pur; aussi dans les nuits d'avril et de mai, quand la température de l'air ne dépasse pas 4 à 5 degrés et que le ciel est serein, les plantes gèlent.

Il est bien vrai, par conséquent, que durant ces nuits, si la lune brille, la gelée se produit ; mais la lune ne brille que parce que le ciel est pur et c'est la pureté du ciel qui détermine la congélation des plantes. « Dans ces gelées, disait spirituellement Babinet, notre lune n'est pas complice, mais simplement témoin du délit et du dégât. » Et cela est si vrai que, dans les mêmes conditions de sérénité du ciel, s'il n'y a pas de lune, la gelée se produit de la même façon.

Babinet raconte qu'à l'occasion de la lune rousse, il avait souvent reçu des lettres de correspondants agriculteurs lui demandant « de s'entendre avec ses confrères pour mettre cette fatale lune rousse en d'autres mois qu'avril et mai » Ceci rappelle une pétition adressée au pape Sixte-Quint par les habitants de son pays natal : « O Très Saint Père, accordez-nous de faire deux récoltes par an ! - Volontiers ! mes enfants, répondit Sixte Quint, et de plus j'y joins une seconde faveur, c'est que vos années auront désormais vingt-quatre mois ! »

Rappelons enfin que le mois républicain de germinal, qui commence le 21 mars, se termine au 20 avril et qu'à cette date nous entrons dans le mois de floréal, c'est-à-dire dans le mois des fleurs. En avril, l'agriculteur souhaite la pluie pendant la première partie du mois, une chaleur trop hâtive étant considérée comme nuisible. Cependant si la pluie cesse vers la fin d'avril, et surtout s'il n'y a pas de gelées, l'année promet une bonne récolte.
Pluie d'avril
Remplit grange et fenil.
(Vienne)

Quand il pleut à la Saint-George,
Il n'y a ni prune ni orge.
(Aube)

Mars hâleux,
Avril pluvieux
Font mai joyeux.
(Somme, Vaucluse)

Quand il tonne en avril,
Vendangeurs, préparez vos barils.
(Drôme, Meuse, Vosges)

La Saint-Georges, qui ne doit plus avoir d'eau, tombe le 23 avril.


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