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| AETAS |
| Administrateurs : Kaedes |
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| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 23-09-2005 à 19:11:02
| l'Ars antiqua (art du chant au moyen-age) Le plus ancien document attestant l'existence de chants à plusieurs voix date du IXième siècle. Ce traité de musique, la Musica Enchiriadis, rédigé par un certain Ogier, contient la description détaillée d'un chant à deux voix, le Rex coeli, Domine Maris. Dans ce chant, la mélodie portant le texte est à la partie inférieure. La deuxième voix, sans paroles, part en unisson avec la première, s'éloigne progressivement jusqu'à la quarte pour conclure à l'unisson. On désignera cette forme rudimentaire de polyphonie par diaphonie ou organum primitif. Pendant un siècle, l'organum se perfectionne et on découvre le principe du mouvement contraire (une partie monte, l'autre descend). Ce nouveau principe est à l'origine du déchant (XIième siècle). Dans le déchant à mouvement contraire, la voix principale (c'est-à-dire le chant à accompagner) est à la partie inférieure et la voix organale (c'est-à-dire la voix d'accompagnement) se placera au-dessus. L'activité en ce domaine se déroule autour de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges dont l'influence fut grande au XIième et XIIième siècle. Bientôt, au XIIième siècle, la voix principale va commencer à se déformer pour épouser les développements de la voix organale qui est souvent improvisée. Par exemple l'organiste (faiseur d'organum) pourra allonger les valeurs de note de sa voix principale pour permettre une plus grande liberté d'improvisation au déchanteur. Ce procédé, l'extension de la voix organale, atteint son apogée au milieu du XIIième siècle dans l'organum à vocalises (on dit aussi organum fleuri). Dans l'organum fleuri, la partie principale devient celle qui soutient le déchant. Le déchant porte désormais le nom de teneur, en latin tenor, qui après quelques transformations deviendra le tenor que l'on connaît aujourd'hui. Deux compositeurs dominent cette période: Léonin et son élève Pérotin le Grand, tous deux maîtres de chapelle à Notre-Dame de Paris. Pérotin est considéré comme le véritable père de la musique polyphonique. Il pousse jusqu'à leur limite tous les genres en usage à l'époque: l'organum à deux, trois et quatre voix, le conduit, le rondeau et le motet. Ses organa à quatre voix sont d'ailleurs des chef-d'oeuvres d'invention technique, d'ampleur et de développement. Le motet médiéval dérive tout naturellement de l'organum fleuri. On place des paroles d'origine liturgique sur la teneur (la vocalise) de l'organum fleuri. Ces paroles n'ont pas nécessairement de rapport avec le texte principal. L'ajout de paroles donne son nom à ce nouveau genre appelé "petit texte", en latin motetus ou motulus dont nous avons fait motet. Ensuite, certains polyphonistes du temps de saint Louis imaginèrent d'affubler un texte différent à chacune des voix superposées qui sont elles-mêmes différentes entre elles. A la fin du XIIIième siècle, on commence à intégrer des éléments profanes au motet médiéval: sur un tenor liturgique évoluent une, deux ou trois voix chantant chacune des textes différents en langue vulgaire. La voix du tenor y est souvent remplacée par un instrument. Le sacré se mêle au profane et la voix humaine aux instruments. Le motet est en soi une révolution sur la plan musical: pour la première fois dans l'histoire de la musique médiévale, les voix ne sont plus chantées note contre note. C'est la première tentative de libération du rythme dans la polyphonie. Dans la seconde moitié du XIIIième siècle, le trouvère Adam de la Halle écrira les premières pièces de la polyphonie libre, en langue vulgaire (français). Il adopte la forme du rondeau mais le procédé d'écriture est celle du conduit.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 23-09-2005 à 19:12:13
| l'ars Nova Au début du XIVième siècle, sous le règne de Philippe le Bel, l'Occident affronte une période de crise. Pendant qu'on assiste au déclin de la féodalité et que la Guerre de Cent ans sévit toujours, des troubles graves secouent l'Église: Grand Schisme d'Occident, affaire des Templiers, installation des papes à Avignon. Le sentiment mystique et la piété profonde qui avaient présidé au siècle dernier à la construction des cathédrales autant qu'à la réalisation des grandes oeuvres de Pérotin s'estompe dès la seconde moitié du siècle. La nouvelle élite bourgeoise qui s'est enrichie par la pratique du commerce est de moins en moins dévote et de plus en plus critique par rapport à la religion. Ces grands bouleversements coïncident avec un renouvellement du langage musical. C'est ici que la musique profane prend définitivement le pas sur la musique sacrée. La première période de l'Ars Nova est dominée par le recueil du Roman de Fauvel (1310-1316). Critique de l'Église et de la société, le Roman dénonce notamment, la lutte contre l'ordre des Templiers. Le héros de l'histoire, l'âne Fauvel, personnifie à lui seul tous les vices de l'humanité. Chacune des lettres de son nom est la première lettre de chacun des vices: Flatterie, Avarice, Vilenie, Vanité, Envie, Lâcheté. Fauvel devient roi grâce à dame fortune. Les nobles et les hommes d'Église lui rendent visite pour conserver leurs privilèges. Un grand tournoi oppose le Bien et le Mal, mais à la fin, personne ne gagne. Considéré comme oeuvre de transition entre l'Ars Antiqua et l'Ars Nova, le recueil contient cent trente-deux pièces musicales tantôt monodiques, tantôt polyphoniques, adoptant différentes formes: motets, rondeaux, lais et virelais, séquences et répons. Deux noms dominent la seconde période de l'Ars Nova: le théoricien Philippe de Vitry et le compositeur Guillaume de Machaut. Philippe de Vitry (1291-1361), futur évêque de Meaux, rédige plusieurs traités de théorie musicale dont le plus important s'intitule Ars Nova , expression qui désignera dès lors, tout l'art musical au XIVième siècle. Philippe propose ici outre une synthèse des plus récentes techniques de composition, une nouvelle façon de noter la musique avec des figures de durée qui se rapprochent de celles qu'on utilise encore aujourd'hui. De main de maître, Guillaume de Machaut donne vie aux théories de Philippe de Vitry. Ce qui le distingue des autres compositeurs de son époque est l'aisance avec laquelle il réussit à produire une musique lyrique et inspirée en dépit du nombre de règles techniques qui sont imposées. Les innovations de l'Ars Nova: notation, rythme, harmonie, instrumentation L'ère de l'Ars Nova est considérée avant tout comme une période de recherche. L'écriture à trois ou quatre voix nécessite un perfectionnement de la notation qui à son tour influence la matière musicale elle-même. Le rythme se précise. L'éveil de la conscience harmonique amène l'acceptation de la tierce comme consonnance. On remplace successivement les différentes voix par des instruments, c'est ainsi qu'on assiste au début de la monodie accompagnée. Comme pour l'Ars Antiqua, le motet demeure la forme de prédilection par laquelle arrivent les innovations de l'Ars Nova.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 23-09-2005 à 19:13:05
| Compositeurs du Moyen Age Du XIe au XIVe siècle (Avant le XIe siècle, le métier de compositeur n'existe pas en tant que tel) Hildegard von Bingen (1098-1179) Perotin le Grand (c.1160-1240) Philippe le Chancelier (c.1165-1236) Walter von der Vogelweide (1170-1230) Philippe de Vitry (1291-1361) Guillaume de Machaut (1300-1377) Francesco Landini (1325-1397) Johannes Ciconia (1335-1411) John Dunstable (c.1380-1453)
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 23-09-2005 à 19:15:16
| la musique sacrée au moyen-age On désigne par "plain-chant" l'ensemble des mélodies liturgiques en langue latine de l'Église catholique telles qu'elles étaient chantées depuis le haut Moyen Age. Le plain-chant comprend notamment le chant celtique, le chant gallican, le chant mozarabe, le chant ambrosien, enfin et surtout, le chant grégorien. définitions Le chant celtique: Répandu en Angleterre, en Bretagne et parmi les premiers chrétiens d'Irlande, le chant celtique disparaît le premier, dès l'arrivée des missionnaires romains au VIIième siècle. Le répertoire n'ayant jamais été noté, il est aujourd'hui difficile d'en cerner la teneur mais on croit pouvoir en trouver quelques traces dans les chants populaires irlandais. Le chant gallican: Liturgie des Gaules, imprégnée de mozarabe, le chant gallican tend à disparâtre dès le IXième en se confondant progressivement à la liturgie romaine, sauf en période de réaction contre Rome (comme au XVIIième siècle par exemple). Certains documents notés nous sont parvenus grâce aux églises gallicanes. Le chant mozarabe ou hispanique: Liturgie de l'Espagne wisigothique, de caractère plus exubérant (abondance de vocalises, improvisations et apports populaires). Elle fut abolie relativement tardivement par les pape Urbain II et Grégoire VII au XIième siècle. Le chant ambrosien: Liturgie milanaise d'origine orientale importée et organisée par saint Ambroise. Bien que fortement imprégnée de liturgie romaine, elle peut se comparer aussi au chant hispanique de par son origine populaire et par l'utilisation de très longues vocalises lesquelles sont repoussées à la toute fin des pièces. Le chant grégorien: Liturgie romaine.
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