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Kaedes
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   Posté le 13-11-2005 à 16:34:23   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

Sources :

Études littéraires
http://www.etudes-litteraires.com/civilisation-romaine.php

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   Posté le 13-11-2005 à 16:37:04   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

la naissance de Rome

* Le problème de la périodisation de cette civilisation

o La civilisation romaine est la dernière grande civilisation de l'Antiquité . Elle précède immédiatement le Moyen-Âge. Elle a donné naissance aux différentes nations et aux différentes langues de l'Europe. C'est aussi la plus tardive des grandes civilisations. Selon la tradition (légendaire), Rome est fondée en -753. En fait, Rome naît au cours du VIIIème siècle avant J.-C., si l'on prend en compte les fouilles archéologiques.

o Situation au VIIIème siècle : d'autres civilisations sont en déclin sur un plan politique : l'Égypte par exemple. L'Orient domine la Méditerranée avec des civilisations très élaborées et organisées. Ainsi, l'Assyrie est le grand Empire du Moyen-Orient. D'autre part, la civilisation phénicienne est aussi très élaborée : elle colonise la Méditerranée avec d'autres peuples (grecs). La Grèce (au VIIIème siècle, on l’appelle la Grèce archaïque) est aussi très bien organisée et crée des colonies le long de la Méditerranée (Italie, Marseille).

o Au IVème et Vème siècles après J.-C. : l'Empire romain est encore florissant mais connaît de très graves difficultés extérieures (invasions répétées). Traditionnellement, la fin politique de l'Empire romain d'Occident est en 476. Cependant, fin politique ne signifie pas fin de la civilisation : le latin survit ainsi que les idéaux politiques (l'idée d'un renouveau de l'Empire).

* L'Italie avant Rome

o On sait peu de choses sur l'avant-Rome. Tout commence avec l'arrivée en Italie de peuples indo-européens, qui véhiculent des langues à structures communes. Ces peuples sont arrivés autour des XIIème et XIIIème siècles avant J.-C. L'Italie va connaître alors une grande unité culturelle et linguistique. Les dialectes des Étrusques (qui se situent au centre-nord de l'Italie) et des Grecs (qui sont des indo-européens) ont des points communs. Les Étrusques sont sans doute un peuple plus ancien que les Indo-européens ; leur langue existait peut-être lorsque les Indo-européens sont arrivés. Les Étrusques et les Grecs sont deux peuples auxquels Rome doit beaucoup sur le plan de la religion, des arts (architecture, etc.), de l'alphabet.

* La formation de Rome

o Les Romains ont transmis une tradition concernant la « fondation » de Rome , tradition mise en forme par des textes littéraires. Les Romains présentaient ces textes comme un récit historique. Selon cette tradition, Rome aurait été fondée en -753 par Romulus et Remus, issus d'une grande famille royale de la ville d'Alba, beaucoup plus ancienne que le VIIIème siècle av. J.-C., et qui prétendait descendre d'Énée. Les récits inhérents à cette fondation sont :
+ des récits historiques en prose : Tite-Live
+ un poème : l'Énéide de Virgile (contemporain de Tite-Live)

o Selon Tite-Live, Romulus régna longtemp s, mourut de manière très mystérieuse. Après Romulus, six rois auraient régné dont trois (les trois derniers) d'origine étrusque. Rome se serait développée très rapidement : muraille, temples, etc. Tous ces éléments auraient pour origine la royauté, laquelle prend fin à la suite du viol (« viol de Lucrèce ») d'une femme romaine par le fils du roi étrusque de Rome (Tarquin), qui se serait vu chasser du royaume. La fin de la royauté, et cela a été attesté, correspond à la date de 510 av. J.-C.

o Que garder de ces éléments (pseudo-)historiques ? D'après les recherches menées depuis le début du XIXème siècle, recherches portant sur les mythologies gréco-latines et sur les mythologies de l'Inde et de la Germanie, le récit de l'origine de Rome est une légende. En fait, le récit a des parallèles avec la mythologie. D'autre part, l'archéologie a donné des réponses sur l'origine romaine et seuls quelques faits ont pu être confirmés :

+ une bourgade se serait formée au cours du VIIIème s. av. n.è. ; en fait, le village se serait « associé » aux villages voisins ;
+ Rome a été conduite sous le régime de la royauté ;
+ l'influence étrusque sur Rome, notamment au VIème siècle av. J.-C. : les tombes fouillées aux environs de Rome sont très proches des tombes étrusques ;
+ la révolution de 510, mais elle n'a pas été une révolution véritable dans la mesure où ce sont les nobles qui l'ont menée contre le roi en raison de l'enrichissement des commerçants ;
+ 510 : la République est instaurée ; en fait, il s'agit plutôt d'un régime aristocratique (de type oligarchique = gouvernement de la noblesse).


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   Posté le 14-11-2005 à 17:02:41   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

# Les institutions

* Il n'y a jamais eu de constitution écrite à Rome . Il y eut cependant des évolutions (lentes) dans les institutions. Du coup, Rome est dirigée par une hiérarchie de magistrats élus : des politiques. Ceux-ci sont élus par des assemblées, les comices. Ces assemblées sont constituées par l'ensemble des citoyens (les femmes ne votent pas).

o Les magistrats :
+ l'exécutif : les consuls (au nombre de deux) et les préteurs (ils rendent la justice).
+ les magistrats assurent aussi la gestion de la ville et des finances. (N.B. : les magistratures sont annuelles.)

o Les sénateurs : Rome est aussi dirigée par un Sénat : c'est le « Conseil des Anciens ». C'est l'assemblée aristocratique par excellence : il s'agit d'anciens magistrats. Ils dirigent la politique étrangère, et donc la guerre. Sur le terrain, la guerre est dirigée par les consuls.

o Les assemblées : les comices représentent l'élément le plus important le jour des élections, du vote des lois. La réglementation des votes est si complexe qu'elle a favorisé les consuls et les préteurs (les classes les plus hautes, somme toute).
+ L'aristocratie a très longtemps dominé la vie politique romaine. Les patriciens (pater) étaient les plus anciennes familles romaines et prétendaient descendre des compagnons de Romulus. Le reste de la population, c'est-à-dire l'immense majorité de la population, représentait la plèbe et n'avait que le droit de voter. La plèbe était exclue de fait des magistratures.
# N.B. : la plèbe n'était pas composée forcément de gens pauvres.
+ Socialement et économiquement, les plébéiens représentaient une classe très variée. Au départ, ils ont très peu de droits et étaient représentés par un magistrat qu'ils élisaient : le tribun de la plèbe. Ces tribuns avaient le droit de veto (latin : « j'interdis ») : ils pouvaient s'opposer à une loi promulguée par le Sénat. Si le Sénat persistait, il y avait compromis, sauf cas de conflit exceptionnel. L'institution du tribun de la plèbe était la plus démocratique de la vie politique romaine.

# La politique intérieure au début de la République

* Nous possédons très peu de renseignements à ce sujet. Au Vème siècle av. J.-C., il y eut une lutte des plébéiens afin d'accéder aux magistratures. Dès lors, les plébéiens ont acquis, progressivement, plus de droits, parfois par de véritables affrontements. Peu à peu, les magistratures sont conquises par les plébéiens. Au IVème siècle av. J.-C., un droit écrit est institué. Il n'y avait que des coutumes jusqu'alors. Tous peuvent dorénavant connaître le Droit.

# La politique extérieure du Vème siècle au IIIème siècle av. J.-C.

* Cet aspect est mieux connu, mais sans doute y a-t-il beaucoup de légendes. Rome est un État qui se limite à la cité de Rome et à ses environs (le Latium). Le territoire est très réduit. En 390 av. J.-C., des Gaulois venus d'Italie du Nord envahissent Rome et mettent la ville en péril. Les Romains ont en fait acheté le départ des Gaulois. C'est un choc pour les Romains, mais finalement plutôt bénéfique dans la mesure où c'est le début des velléités de l'expansion romaine en Italie.

* Au IVème siècle av. J.-C., l'expansion romaine en Italie continue :

o la puissance étrusque , au Nord, est progressivement détruite

o au Sud, les cités grecques sont progressivement absorbées (par des accords d'association)

o dans l'Italie intérieure, des régions montagneuses sont très difficilement conquises.

+ Vers 290 av. J.-C., Rome contrôle à peu près toute l'Italie, mais n'impose pas une unité administrative. Cette conquête pose toutefois un problème : les institutions romaines ont été créées pour une cité réduite. Alors, comment adapter les institutions ? Ce problème pose des difficultés politiques, qui sont accentuées par des conflits internationaux qui ont en lieu en plusieurs étapes :

# Les deux premières guerres puniques (264-202) : Rome vs. Afrique du Nord

* N.B. : « punique » (adj.) désigne, sur un plan géographique, la cité de Carthage (« ville neuve » ; en Afrique du Nord, aujourd'hui située aux environs de Tunis), fondée par les Phéniciens. C'est une grande cité commerciale. Pour désigner les puniques, on dit aussi les Carthaginois. L'empire punique a de nombreuses relations avec les États orientaux.

* 1ère guerre punique 264-241 av. J.-C.
: Rome versus Carthage. C'est un conflit très long. La cause réelle est la domination de la Sicile, qui est déjà partagée par des Grecs et des Carthaginois. Rome finit par obtenir l'avantage (Rome et Carthage sont en fait économiquement épuisées) et, en 241, un traité donne à Rome la domination sur la Sicile. Alors, Rome continue à s'étendre (la Corse et la Sardaigne sont conquises). Les Carthaginois, quant à eux, s'étendent en Espagne.

* La 2ème guerre punique commence en 219 : Rome versus Carthage. La cause est l'expansion des Carthaginois en Espagne. Hannibal déclenche le conflit, écrase de prime abord des légions romaines, plaçant ainsi la voie vers Rome libre. Cependant, petit à petit, Rome porte le conflit en Espagne et en Afrique du Nord. En 202, Hannibal est finalement vaincu.

o Carthage est privée de sa puissance maritime (ses possessions en dehors de l'Afrique du Nord) et militaire par un traité. Rome est ainsi maîtresse de l'Ouest de la Méditerranée.

# Rome et l'Orient après les guerres puniques (202-133 av. J.-C.)

* L'Orient méditerranéen était dominé par trois grands royaumes : la Macédoine, la Syrie et l'Égypte.

o Un premier affrontement a lieu avec la Macédoine (le roi avait porté secours à Hannibal => conflit de vengeance) et il y a victoire de Rome. La Macédoine est privée de son influence sur la Grèce.

o Un deuxième conflit a lieu avec la Syrie : la victoire romaine est rapide et la Syrie est privée de son influence sur l'Asie mineure (= les environs de la Turquie).

o Enfin, un troisième conflit avec la Macédoine, laquelle devient province romaine vers 170 av. J.-C.

+ Les Romains pratiquent une politique impériale agressive => ils détruisent Carthage en 146 av. J.-C. (Carthage avait gardé une certaine puissance économique, ce qui déplaisait à Rome).

o Rome conquiert l'Espagne avec des opérations très sanglantes. Rome est une puissance dominatrice en Méditerranée. Sur un plan culturel, il y a influence de la culture grecque sur Rome (hellénisation) ; il s'agit notamment d'une influence littéraire et artistique (architecture des temples). Les œuvres sont donc créées sur le modèle grec. Sur le plan intellectuel, les premiers philosophes grecs arrivent peu à peu à Rome.

o Conséquences sociales et politiques :
les inégalités sociales s'accentuent (dans la distribution des terres notamment) et une sorte de culte du grand homme émerge (sur le modèle des monarchies orientales, l'Égypte en particulier).

+ Les revendications sont accentuées par certaines théories philosophiques grecques qui prônent une égalité biologique entre les hommes et une égalité économique.
+ Revendications pour les plus pauvres.
+ Revendications pour les soldats qui ont longtemps combattu pour Rome. Les revendications sont conduites par deux frères qui ont suivi la voie du tribunat de la plèbe : les Gracques (à l'origine, ils sont aristocrates).


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Kaedes
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   Posté le 20-11-2005 à 11:30:02   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

Civilisation romaine : tableau de la civilisation romaine au début de l'empire (fin du 1er siècle av. J.- C.)

* Le nouveau régime : le principat

o Le nouveau régime est le principat. Le principat est différent de l'empire. Désormais Auguste est appelé princeps (premier citoyen). Il n'est donc pas nommé roi. Il est le maître réel d'un immense territoire : l'empire (imperium : étendue de territoires). Les territoires s'étendent autour de la Méditerranée et débordent même des côtes méditerranéennes : du Nord de la Gaule (Belgique) jusqu'à l'Égypte et de la Mauritanie (Maroc) à l'Arménie. Les frontières sont soit naturelles (Rhin & Danube) soit floues (déserts). L'empire est dominé par deux langues principales : le latin et le grec. C'est le grec qui domine. À côté de cela, les langues des peuples conquis restent très vivantes.

o Pourquoi une telle supériorité de la langue grecque ?

+ conquête d'Alexandre le Grand au Moyen-Orient : le grec est imposé comme langue véhiculaire. Le latin commence à s'implanter en Occident à l'époque d'Auguste. Mais le latin n'a pas été imposé radicalement. Il existe par ailleurs des niveaux de culture très variés. Le mode de vie qui domine est le modèle grec. L'Orient grec influence l'Occident latin avec ses modèles urbains : monuments, rues bien tracées, etc.

+ l'empire est en voie d'unification culturelle.

* Concentration des pouvoirs et des magistratures


o Il s'agit d'une monarchie de fait mais qui ne dit pas son nom véritable. I l n'y a pas de titre de roi. Le principe d'Auguste est de ne créer aucune nouvelle institution mais de les modifier. Toutes les magistratures sont concentrées dans ses mains. C'est progressivement qu'il y a établissement d'une monarchie.
+ Auguste prend un titre militaire : imperator. Ce mot désigne « général en chef, suprême ».
+ Il prend aussi plusieurs titres civils : il se fait élire consul plusieurs fois (pouvoir exécutif).
+ Il prend aussi un autre titre politique : celui du tribun de la plèbe.
+ Il y a verrouillage de la vie politique du côté de la plèbe.
+ Du côté du sénat, il est le président. Il est aussi censeur, c'est-à-dire qu'il est un magistrat qui contrôle la liste des sénateurs. Il possède un pouvoir (« proconsulaire ») sur les provinces : il nomme les gouverneurs.
+ => Parler de « révolution romaine » est exagéré : ce contrôle progressif a pris 38 ans. Mieux vaut parler de réformes. Cette monarchie de fait s'appelle le principat (princeps : « premier des citoyens »).
+ N.B. : le mot « empire » (qui désigne l'étendue des territoires) est utilisé couramment par les historiens modernes pour parler du régime du principat.
* Modification des autres institutions
o Le système des élections a peu à peu disparu. L'empereur dirige les nominations au sénat et édicte les lois. Le sénat n'a plus qu'un rôle honorifique : son pouvoir n'est que théorique. Le sénat, par contre, n'est toujours composé que d'aristocrates.


(suite prochainement)


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   Posté le 26-11-2005 à 16:06:22   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

# Modification des autres institutions

* Le système des élections a peu à peu disparu. L'empereur dirige les nominations au sénat et édicte les lois. Le sénat n'a plus qu'un rôle honorifique : son pouvoir n'est que théorique. Le sénat, par contre, n'est toujours composé que d'aristocrates.

# Nature du pouvoir impérial

* Selon un point de vue moderne (cf. Montesquieu), Auguste possède les trois pouvoirs qui définissent la vie politique :
o il est consul : il détient le pouvoir exécutif
o il édicte les lois : il détient le pouvoir législatif
o il préside les tribunaux (il s'agit évidemment d'une présidence théorique, compte tenu du nombre de tribunaux) : il détient le pouvoir judiciaire. Cependant, un citoyen romain peut toujours faire appel auprès de l'empereur.
o À cela s'ajoutent des pouvoirs militaires et religieux.
* Toujours selon un point de vue moderne, on parlerait aujourd'hui d'un régime dictatorial ou de monarchie absolue.
o La question de la succession d'Auguste
+ C'est Auguste qui choisit son successeur ; il s'agit de Tibère, son beau-fils. Il y a bien création d'une véritable dynastie. Néanmoins, cette monarchie n'a jamais vraiment été héréditaire ; les empereurs ont toujours choisi un parent proche.
+ Comment ce type de pouvoir a-t-il été accepté aussi facilement ? cf. texte de Tacite, Annales, I. :

2.

1 Lorsque la mort de Brutus et de Cassius1 eut désarmé la république, quand Pompée eut subi un désastre aux abords de la Sicile et que la déchéance de Lépide et la disparition d'Antoine2 n'eurent laissé au parti julien lui-même d'autre chef que César3, celui-ci abandonna le titre de triumvir4, se présenta comme consul en déclarant qu'il lui suffirait, pour protéger la plèbe, de la puissance tribunitienne ; après avoir séduit le soldat par des largesses, le peuple par la distribution de vivres, tout le monde par la douceur de la paix, il s'élève progressivement et tire à lui les attributions du sénat, des magistrats, des lois, sans que personne s'y oppose, car les plus acharnés avaient péri dans les batailles ou par la proscription et les nobles qui subsistaient recevaient, en fonction de leur empressement à la servitude, richesses et dignités et, fortifiés par le changement de régime, préféraient la sécurité du présent à l'incertitude du passé.

2 Les provinces, elles non plus, ne repoussaient pas cet état de choses, car elles tenaient en défiance le gouvernement du sénat et du peuple à cause des rivalités entre les grands et de l'avidité des magistrats, ne trouvant qu'un faible secours dans les lois, que la violence, la brigue et l'argent bouleversaient.

1 deux des assassins de César
2 adversaires d'Octave
3 ici, Auguste
4 titre politique, "trois hommes"

Le dégoût des guerres civiles et de la corruption ainsi qu’une lassitude profonde a permis le transfert des pouvoirs en une seule main.


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Kaedes
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   Posté le 17-12-2005 à 11:06:23   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

La question de la monarchie absolue

* Le principat a été l'une des monarchies la mieux acceptée dans l'histoire. Il n'a jamais été question de retour à la république. L'empire a duré aussi longtemps car il a tenu compte des forces sociales en présence. En fait, il ne s'agissait que d'une monarchie absolue en apparence. Trois forces sociales : le peuple ; le sénat (le clan sénatorial) ; l'armée.
o Jeu d'équilibre savant entre ces trois forces sociales.
+ L'empereur et le peuple : Il existe des contre-pouvoirs. Les rapports entre l'empereur et le peuple tempèrent la monarchie absolue. Juvénal (IIème siècle ap. n.è.) est auteur des poésies satiriques sur la société romaine : " Du pain et les jeux."
# Le peuple souhaite être assisté et distrait. Le rôle de l'empereur est d'assurer l'alimentation de Rome. Mais Rome compte plus ou moins un million d'habitants. L'agriculture de l'arrière-pays ne suffit pas à son alimentation d'où la nécessité du transport des produits alimentaires : l'annone est l'arrivée de convois annuels en provenance d'Afrique (céréales) et permet d'assurer l'alimentation.
# Les citoyens pauvres sont inscrits sur la liste de l'annone : ils ont droit à une ration de céréales par mois. Mais c'est insuffisant ; aussi Juvénal est-il injuste : il n'y a pas une réelle assistance.
# Il existe donc une certaine proximité entre l'empereur et le peuple.
# Les jeux : ils sont assurés et financés (sur leur fortune privée) par les magistrats. Ils assurent ainsi leur popularité et leur carrière politique. Il existe plusieurs sortes de jeux : le théâtre et les jeux sportifs. Les plus connus sont les courses de chars : ils ont lieu dans le circus (bâtiment avec une piste allongée semi-circulaire). Des jeux existent aussi dans des amphithéâtres (arènes) : les jeux de gladiateurs, les joutes navales, et les chasses d'animaux. Cependant, la concentration des pouvoirs explique que l'empereur devient peu à peu le responsable des jeux. Les jeux deviennent alors un rituel politique : ils sont un moyen pour manifester à la fois le consensus politique et social autour de l'empereur et l'opposition politique. En réalité, toute la société est symboliquement présente dans les bâtiments de jeux selon la hiérarchie sociale : les sénateurs sont aux premiers rangs, puis viennent les chevaliers, etc. Tout cela permet à l'empereur de vérifier sa popularité. Plusieurs signaux politiques sont ainsi délivrés :
* l'empereur se doit d'être souvent présent ; les jeux sont l'occasion de montrer la grandeur de l'empereur ;
* le luxe des jeux est aussi un message politique ;
* la grâce donnée à un gladiateur vaincu est signe, par exemple, de clémence politique ;
* la foule est attentive à la composition de la loge impériale (famille, dignitaires, etc.). Le moment très important est, évidemment, l'apparition d'un nouvel empereur.
o Les jeux sont un moyen inépuisable pour la propagande impériale. Le peuple peut aussi exprimer son opinion (huées, applaudissements, silence). Enfin, les jeux permettent de mettre en valeur l'art romain (bas-reliefs).


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Olaf
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   Posté le 30-12-2005 à 12:17:09   Voir le profil de Olaf (En vacances)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Olaf   

Auguste, c'était un p... de politicien! comment il a manipulé le peuple par les arts, la propagande et tout.. c'est vraiment à lui, et non à César que revient la création de l'empire romain surpuissant! Si ses successeurs avaient tous eu sa trempe, il serait pas tombé si vite l'empire.
Au fait, vous avez vu le téléfilm sur m6 lol! comment ils te présentent auguste comme un gentil minet qui refuse le pouvoir, alors qu'on sait bien qu'Auguste est tout le contraire, il se crée même une descendance divine!


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La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens
Kaedes
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   Posté le 30-12-2005 à 12:18:18   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

non po vu malheureusement c'était quand?


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Olaf
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   Posté le 30-12-2005 à 12:35:21   Voir le profil de Olaf (En vacances)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Olaf   

hier soir, mais apparamment c'était un téléfilm en plusieur parties, j'ai vu que le dernier, lol. Alors auguste on dirait le nouveau superman (le ptit jeune là), il se tape une vestale (pas de Livie en vue) et Marc Antoine est un gros méchant (pas de cléopatre) sans coeur tout pas beau! Pourtant dans l'histoire c'est l'amour de Marc Antoine pour Cléopatre qui le tue non?


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Kaedes
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   Posté le 16-04-2006 à 12:45:37   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

# L'empereur et le Sénat

* On devrait plutôt dire le clan sénatorial ou l'ordre sénatorial. Le Sénat n'a plus de rôle ni de pouvoirs sous l'empire. Les relations sont délicates dès le départ puisque Jules César et Auguste sont eux-mêmes issus de l'ordre sénatorial.

* Le fonctionnement du Sénat : on l'a dit, il n'a plus de pouvoirs politiques. Il a cependant un rôle social très important. Les familles des sénateurs restent très riches et sont ramifiées dans tout l'empire. Ils sont propriétaires de nombreux domaines. Ces familles possèdent une clientèle (électorale) : cette clientèle sont les gens qui dépendent d'une même famille. Il s'agit d'une dépendance d'abord financière, puis d'une influence morale : on appartient à une même famille de père en fils. Or, il n'y a que 600 sénateurs : la compétition est rude pour les protégés et pour les sénateurs (accès des protégés à un poste important).
o —› Le Sénat demeure une classe enviée. Pour l'empereur, il s'agit d'un instrument social : il peut assurer la promotion des notables de provinces afin de les intégrer. Progressivement, le Sénat est composé de plus en plus de provinciaux. Ainsi, c'est l'évolution économique qui est représentée.

# L'empereur et l'armée

* L'armée est organisée par Auguste pour être autre chose qu'un instrument de conquêtes. Pendant les deux premiers siècles de notre ère, l'empire romain n'est pas menacé. Donc, le but est le maintien de la paix.

* La composition de l'armée : elle possède un rôle réel dans la société. Il existe une troupe d'élites : la garde impériale (les prétoriens) est composée d'environ 10000 hommes. Ils sont basés à Rome. Leur rôle a souvent été important lors des successions impériales. Les légionnaires, quant à eux, sont environ 150.000 incorporés dans trente légions. Ils sont des soldats professionnels, bien entraînés. Les légionnaires sont des citoyens romains et sont salariés. Les légions sont surtout basées aux frontières. Cependant, beaucoup de provinces sont démilitarisées. Il existe une autre masse de soldats : les auxiliaires (auxilia) sont au nombre de 200000 environ. Ils sont des provinciaux et deviennent citoyens uniquement à la fin de leur service.
o —› Cela a permis de latiniser les provinciaux.
o —› Pour un territoire si grand, l'effectif total est donc réduit : environ 350000 hommes. Cette armée, on l'a dit, est un instrument de maintien de la paix. À la fin du IIe siècle, l'armée présente des effectifs plus importants en raison des invasions.
o L'armée est professionnelle : il n'y a pas de service militaire. On devient donc soldat volontairement. Les soldats reçoivent une prime importante en fin de carrière. L'armée est aussi un moyen de promotion sociale. Les soldats reçoivent des terres, souvent situées dans les provinces. Ils ont la possibilité de devenir paysan (coloni). Là encore, il s'agit d'un moyen supplémentaire pour latiniser les provinces. L'armée, avec tous ces avantages, devient de plus en plus l'armée de l'empereur (et non de l'État)
+ —› personnalisation de l'armée. Divers signes à cela :
# on prête serment à l'empereur, et ce serment est parfois renouvelé.
# portraits, statues de l'empereur sont très présents. L'empereur est aussi présent physiquement. Les soldats reçoivent un salaire régulièrement. L'empereur accorde des décorations.
# concernant l'ensemble de ce régime, le principat est une monarchie absolue, mais en théorie seulement. Il s'agit en fait d'un régime modéré par l'influence du peuple, du sénat et notamment de l'armée.


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   Posté le 19-05-2006 à 20:14:30   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

L'organisation de l'empire en provinces sénatoriales et impériales ; les gouverneurs

* L'organisation de l'armée va influencer l'organisation des provinces de l'empire. Sous la République, il existe une confusion entre la carrière politique et la carrière militaire. Les provinces sont gouvernées par d'anciens consuls (les proconsuls) qui sont choisis par le sénat. Apparaissent des phénomènes de corruption (les consuls ont souvent dépensé beaucoup d'argent au cours de leurs campagnes électorales et taxent sans modération les citoyens) dans les provinces. L'empire est divisé en :
o provinces sénatoriales : en général, il s'agit d'anciennes provinces, elles sont à l'écart des frontières de l'empire. Exemples : Grèce, sud de la Gaule. Elles sont gouvernées par des proconsuls, tirés au sort par le sénat.
o provinces impériales : il s'agit de provinces stratégiques, situées au niveau des frontières. Elles sont gouvernées par des légats (legati : signifie « chef d'une légion » ; le nouveau sens devient : "chef d'une province impériale"). Les légats ont tous des pouvoirs militaires et sont choisis par l'empereur. Les empereurs successifs ont voulu mettre fin à la corruption dans les provinces en donnant un salaire aux proconsuls.
+ —› Les provinces ont toujours été favorables à l'empire, et bienveillantes à l'égard des empereurs. Ce système reflète bien l'esprit du principat : le compromis, lequel demeure inégal.
* Dans l'administration centrale, Rome est dépourvue d'administration sous la République. Sous l'empire se développe la notion d'administration : dès le règne d'Auguste, il existe un conseil impérial. C'est l'empereur qui choisit ses conseillers, ils sont "les amis de l'empereur". Ces "amis" sont des militaires, des parents ou des sénateurs. Ainsi, Mécène s'est spécialisé dans la culture en créant des cercles littéraires favorables à Auguste.
* Une bureaucratie se crée avec un système de répartition des tâches.


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   Posté le 15-06-2006 à 22:07:56   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

la société romaine


Tableau de la société au début de l'empire

La société romaine présente des caractères très permanents (société conservatrice). Elle est le résultat de plusieurs siècles d'évolution. Aucun texte de loi n'est écrit, il s'agit de coutumes : la tradition est reçue des ancêtres. Plutôt que de classes sociales, on devrait parler d'ordres. Les ordres (ordo) sont fondés sur l'hérédité et sur les statuts de l'individu : on est homme libre ou esclave.

o Patriciens et plébéiens : Ce sont deux catégories qui dépendent de la naissance. Ces deux ordres ont été créés après la révolution de -510 selon Tite-Live. Les patriciens seraient des descendants des compagnons de Romulus. En réalité, les patriciens sont sans doute les acteurs de la révolution de -510. Tous les autres hommes libres sont les plébéiens (populus).
+ Au début de la République, les patriciens dominent.
+ Les règles ont été établies pour que les plébéiens soient représentés par des magistrats et pour qu'ils aient accès aux magistratures : les plébéiens peuvent, au terme d'un siècle et demi, accéder au consulat.

o La noblesse : la nobilitas est une classe de gens connus (des notables) ; en somme, il s'agit de ceux qui exercent le pouvoir. C'est une classe formée des plébéiens qui sont entrés au sénat et qui ont exercé des magistratures. On appelle aussi cette classe ordre sénatorial. Cette noblesse devient rapidement une classe héréditaire —› phénomène de castes. L'accès au consulat est de plus en plus fermé : on ferme la noblesse aux "nouveaux" (homines novi), c'est-à-dire à ceux dont aucun ancêtre n'avait exercé le consulat. Parmi ces homines novi, on trouva Cicéron, qui put accéder au consulat en raison d'une crise politique.

o Les chevaliers : c'est une catégorie sociale fermée sous la République. On dit aussi "ordre équestre". À l'origine, la coutume veut que l'on paie son équipement ; aussi les plus riches entrèrent naturellement dans la cavalerie. En dessous des chevaliers : les fantassins. Puis, au IIIe siècle av. J.-C., on a pris l'habitude de nommer eques une catégorie de gens riches :
+ Ceux qui n'appartiennent pas à l'ordre sénatorial et dont les richesses proviennent du commerce ou de la banque
+ Ceux qui collectent les impôts. Les chevaliers se reconnaissaient par leurs vêtements et par l'anneau d'or qu'ils portaient au doigt. —› Il y eut donc une tendance de la société romaine à créer des castes. Les chevaliers représentaient la deuxième classe dirigeante (à côté de la noblesse). L'existence de la classe des chevaliers est un élément d'évolution : en effet, il s'agit d'une classe définie par l'argent et non plus par la naissance. C'était aussi un facteur de promotion pour les élites provinciales à partir du Ier siècle av. J.-C.

o Le peuple (la plèbe) : la plèbe est la grande majorité de la population. Sous la République, la plèbe est composée en majorité de paysans. De plus en plus, il existe des différences sociales à l'intérieur de la plèbe. La raison est que les paysans ont été de plus en plus mobilisés pour la guerre et les terres ont été négligées, parfois abandonnées. Lorsque les guerres étaient achevées, on donnait aux paysans des terres nouvelles situées dans les provinces conquises, et les paysans devenaient des colons. Les terres abandonnées étaient rachetées en particulier par des sénateurs. Il y eut un phénomène de concentration des terres, notamment à la faveur de ces rachats. Les latifundia sont les grands domaines. L'Italie rurale s'appauvrit, au bénéfice des provinces et des grands domaines. On constata aussi un phénomène d'exode rural.


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