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Kaedes
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   Posté le 15-06-2006 à 22:04:36   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

UNE QUESTION COMPLEXE

L'origine des Etrusques est soumise à de nombreuses controverses. Pour Hérodote, les Étrusques sont des Lydiens qui émigrés en Italie sous la conduite de Tyrrhénos, peu avant la guerre de Troie. Selon certains historiens, le nom même de la ville de Troie serait directement en relation avec le nom des étrusques. Ceux-ci pourraient donc venir du nord-ouest de l'Anatolie. La guerre de Troie étant alors la représentation de rivalités entre deux peuples de la mer, les achéens (Aqayawasha) et les Touroushas, qui donneront plus tard les étrusques.

Hellanicos identifie les Étrusques aux Pélasges qui, après une période d'errances dans la mer Égée orientale, se seraient fixés en Italie. Nombre d'historiens de l'antiquité et actuels admettent l'idée qu'il s'agit d'un "peuple d'Orient". Les déplacements de peuples constatés entre le XIIIème et le XIème siècle avant Jésus-Christ peuvent valider l'hypothèse d'une éventuelle migration de Tyrrhéniens. Certains documents datant du règne de Ramsès III, controversés en raison de la possibilité d'homonymies ethniques, évoquent les Tyrséniens,Tyrrhéniens ou Tourousha parmi les peuples de la mer hostiles au pharaon.

Message édité le 18-05-2007 à 09:39:41 par Nefredkheperoure


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Les Étrusques eux-mêmes s'appelaient, semble-t-il, Rasena, nom de leur premier chef selon les uns, ou d'un peuple du Nord vivant dans les Alpes rhétiques selon d'autres, ou encore terme signifiant simplement «les hommes». Certains voient dans ce nom de Rasena un élément supplémentaire dans l'hypothèse anatolienne puisque des racines semblables y apparaitraient fréquement.


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   Posté le 20-06-2006 à 22:02:13   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

L'étrusque n'est pas une langue indo-européenne Une grande partie du vocabulaire reste mystérieux. L'écriture étrusque utilise l'alphabet grec adapté à la langue. La plupart des inscriptions, essentiellement des épitaphes et des ex-voto très courts, sont compréhensibles. Les textes plus longs, tel les lamelles d'or de Pyrgi ou la Momie de Zagreb résistent encore aux tentatives de déchiffrement. On a retrouvé dans l'île de Lemnos de singulières inscriptions funéraires antérieures à la conquête de l'île par les Athéniens (510). La langue qu'on y peut lire ne ressemble qu'à l'Etrusque. De même, l'Etrusque ne ressemble qu'au Lemnien. Qu'on en juge, un personnage y est indiqué comme étant mort à 40 ans ; présentons au-dessous la même expression en étrusque :

(Lemnos) SIALCHVEIS AVIS. (à l'âge de 40 ans).
(Etrurie) SEALCHISC AVILS.

C'est vers la fin du second millénaire qu'on trouve en Asie mineure un dieu hittite du nom de TARKU, archétype probable du roi étrusque TARCHON, qui fut le fondateur légendaire de Tarquinia. Il est frappant de constater que les procédés toscans, des formes attestées dans la plastique ou l'orfévrerie par exemple, inconnus partout ailleurs, dans le monde antique, ne se retrouvent que dans certaines civilisations d'Asie Mineure comme par exemple chez les Hittites. Il y'a des bijoux étrusques dont on ne reconnaît les correspondants qu'en Lydie. La place privilégiée de la femme chez les Toscans, l'usage du “ matronymique ” dans les inscriptions funéraires d'Étrurie évoque la coutume lycienne, attestée par Hérodote (I, 173) de se désigner par le nom de la mère et non du père. Les terribles démons des fresques funéraires, Tuchulcha et Charun, ne sont pas sans rappeler les cruels démons assyriens. Les haruspices étaient des prêtres étrusques qui étaient respectés pour leurs arts divinatoires... notamment pour leur divination par l'examen du foie des victimes. Ce type de divination est un autre point qui relie les étrusques à l'asie mineure et à la Babylonie. Les fouilles archéologiques ont en effet amenées la découverte d'un très grand nombre de foies de terre cuite, babyloniens et hittites, et la technique divinatoire y est semblable.

Foie de bronze trouvé aux environs de Plaisance. C'était une sorte d'aide-mémoire servant à guider les haruspices dans l'examen des entrailles des victimes.




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Tifet
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   Posté le 28-12-2007 à 17:39:29   Voir le profil de Tifet (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tifet   

grossOdin a écrit :

Un - plusieurs - honorables collaborateurs du présent forum affirment que les Etrusques s'appelaient Rasena, ou quelque chose comme cela... Affirmation audacieuse qui fut reprise par mes élèves il y a quelques semaines, mais qui ne me semble pas avoir d'autres fondements que les affirmations rapides (?) d'un certain Noël des Vergers, archéologue amateur du XIX° siècle, et que j'imagine plutôt comme un Schliemann français... Le mot Rasena est absent des dictionnaires classiques des langues classiques: sur quelle source se fonderait cette affirmation (quand on sait que déjà, quand les Anciens affirment, il y a de quoi douter : cf Enée fuyant Troie, trouvant Didon puis l'Italie, etc...) ???
Certes, il existe en Toscane une casa Rasena qui fait chambre d'hôtes, mais il y a bien aussi un parc Astérix en Ile de France, non ??
Eclairez, par amour de l'art, notre lanterne...
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   Posté le 13-03-2008 à 20:05:58   Voir le profil de Tifet (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tifet   

Alors j'ai eu à faire "une pseudo fiche de lecture" sur un bouquin et j'ai choisi Les Etrusques Peuple de la différence de Dominique Briquel.

Je vous mets ce que j'ai fait (un bête copier-coller ^^"" )

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Le livre Les Etrusques peuple de la différence traite de la civilisation étrusque et de sa (re)découverte moderne qui s’accompagne de nombreuses interrogations.
L’auteur expose ici les connaissances de 1993 avec toutes les incertitudes qui animent ce sujet et qui n’auront probablement de réponses qu’après encore des années de recherche et de découvertes. En effet dans l’étude de 2005 du Que sais-je ? les connaissances exposées ne semblent pas avoir beaucoup changé.

Différentes questions sont posées à propos des Etrusques, elles entretiennent le mystère qui entoure ce peuple. Cette civilisation plus proche de nous géographiquement est plus inaccessible que les civilisations égyptiennes ou même mésopotamiennes : la documentation manque dans certains domaines et les interprétations ne sont pas aisés. La grande majorité des sources dont disposent les chercheurs sont grecques et romaines soit une vision totalement subjective que ces deux civilisations nous offrent sur leurs voisins d’Italie.
Si on sait que les Etrusques, appelés aussi Toscans par l’auteur, ont inspiré Rome, on ignore d’eux encore beaucoup de choses sinon qu’ils sont un peuple à distinguer des autres et qu’ils ont participé aux échanges commerciaux de la Méditerranée de cette période.

On peut reprendre les idées développés dans ce livre en deux grandes parties : les Etrusques sont différents des autres (titre de la partie de l’ouvrage rappelant également le titre principal) et les Etrusques dans leurs contacts, leurs relations avec les autres (contacts commerciaux ou conflits).



I ) Les Etrusques sont différents des autres.

a) La langue

Cette population possède une langue bien différente de celles de ses voisins. Elle ne ressemble en effet pas aux autres langues connues en Italie pour les autres peuples de cette époque ou même ailleurs en Méditerranée.
Si on est capable de dire cela, c’est qu’on peut aisément lire l’étrusque qui est écrit avec une écriture empruntée aux grecs, leurs voisins installés à Pithécusses dès le deuxième quart du VIIIème siècle avant notre ère. C’est une variante du grec ancien classique : apparaissent quelques différences, des signes qui disparaîtront par la suite ou dont la valeur changera ou qui n’existaient pas encore. Le passage à une notation pour la langue étrusque apportera également d’autres modifications : des sons qui n’étaient pas prononcés pareils ont créé ou modifié des lettres grecques.
On dispose de 10.000 à 12.000 inscriptions en étrusque ce qui est sensiblement plus que pour tous les autres peuples d’Italie y compris le latin à l’époque où cette langue était parlée couramment, soit jusqu’au Vème IVème siècle quand Rome commence son expansion territoriale et conquiert peu à peu l’Etrurie. Il restera des résurgences de la langue étrusque mais plus comme un patois jusqu’au Ier siècle avant J.-C.
Si on arrive à comprendre les documents épigraphiques transcrivant cette langue, c’est que la très grande majorité d’entre eux sont à caractère funéraire et impliquent un vocabulaire limité aux noms propres, aux liens de parenté et parfois donne l’age du défunt. On a aussi des inscriptions sur des céramiques ou des statues où l’objet « parle » disant « Untel m’a donné » ou « J’appartiens à Untel ». Ces formes donnent aux linguistes des déclinaisons (nominatif, génitif) et bien entendu un peu de vocabulaire. Mais malheureusement pas assez pour appréhender des textes longs. Nous n’avons que peu de textes de plus d’une centaine de mots : une borne connue sous le nom de « Cippe de Pérouse », un texte inscrit sur une sorte de tuile appelé « Tuile de Capoue », un long texte sur du tissu recouvrant une momie égyptienne tardive au musée de Zagreb et la table de Cortoue découverte en 1999 (soit après la publication de ce livre). Les étruscologues attendent encore leur « Pierre de Rosette » de l’étrusque. Ils crurent la trouver en 1964 dans le sanctuaire de Pyrgi quand les fouilleurs découvrirent trois tablettes, deux écrites en étrusque et la dernière en punique, une langue déchiffrée. Mais il s’avéra que s’ils parlaient bien de la même chose, ces textes n’étaient pas semblables.

Malgré le fait que la langue étrusque ne soit pas déchiffrée, les spécialistes ont pu remarquer qu’elle avait un système phonétique différent du grec, du latin et de toutes autres langues indo-européennes : l’étrusque semble donc être une langue isolée, qu’on peut cependant rattacher à deux autres langues encore moins connues. Le rétique du pays des Rhètes en zone alpine nord-italienne et le lemnien sur une île au large de la côte turque en mer Egée ont le même système de sons et on peut faire des rapprochements dans le vocabulaire qu’on connaît entre ces trois langues.
Les recherches minutieuses des étruscologues continuent progressant doucement à la compréhension de certains mots, à la comparaison avec d’autres systèmes linguistiques afin de comprendre un peu plus de vocabulaire notamment.

b) Les origines d’un peuple différent

Cela pose le problème des origines du peuple étrusque parlant une langue ancienne apparemment d’avant l’émergence du grec.
Dès l’Antiquité les auteurs classiques se sont interrogés sur ce point. Et la majorité d’entre eux, Hérodote en tête, pensait que les étrusques avaient émigré du royaume de Lydie qui se trouva à l’ouest de l’Asie Mineure. Les Grecs les appelaient alors Tyrrhénes du nom du fils du roi de Lydie Tyrrhénos qui aurait conduit son peuple en future Etrurie. Confirmant apparemment cette thèse, les premiers archéologues qui ont découvert et étudié la culture étrusque ont trouvé du mobilier parfois assez orientaliste. Or on sait aujourd’hui qu’il y a eu un mouvement orientalisant touchant également le Latium et le reste de la Méditerranée occidentale.

Une autre thèse est développé dès l’Antiquité par Denys d’Hallicarnasse (à l’époque d’Auguste) en totale opposition avec Hérodote et sa migration orientale. Pour Denys, les Etrusques sont des autochtones. Il n’a probablement pas inventé cette thèse puisqu’il se réfère à d’autres auteurs mais sans préciser de qui il s’agit. Il est probable que cette thèse de l’autochtonie soit un invention des Syracusiens à l’époque de Denys de Syracuse pour discréditer leurs rivaux aux yeux de leurs prppores compatriotes grecs. Denys de Hallicarnasse s’appuie sur un raisonnement critique pour démonter les arguments d’Hérodote et de ses partisans. Il se base d’abord sur l’histoire lydienne où il n’est jamais fait mention d’une migration et affirme que la langue et la culture de cette région n’avaient rien de commun avec leurs supposés parents d’Etrurie. Il appuie ici l’idée que les Etrusques sont des barbares selon l’image grecque (c’est à dire ne parlant pas grec ni n’ayant la même culture) et que les Romains sont la seule population d’origine grecque en Italie. Il souhaitait en réalité, en dénigrant le peuple étrusque, valoriser les Romains, descendants d’Enée de Troie. Ainsi même s’il utilise des arguments valables, son but n’était pas vraiment de s’intéresser aux Etrusques et à leur origine.

La dernière thèse a été élaborée plus récemment : le peuple étrusque pourrait venir du nord des Alpes, du peuple des Rhètes. Il y aurait des similitudes de langue : le nom que se donnaient les Etrusques était Rasenna qui ressemblerait assez à celui des Rhètes (Raeti en latin). Mais également un trait commun dans les pratiques funéraires, les deux peuples pratiquant l’incinération. Or cette pratique se développe chez les Proto-Celtes indo-européens et ni les uns ni les autres ne sont indo-européens d’après ce que nous révèle leur langue. On sait très bien qu’on ne peut lier données linguistiques, archéologiques et ethniques et en faire automatiquement une culture commune. Les Rhètes comme les Etrusques ont très bien pu adopter l’incinération sans appartenir au groupe proto-celte ni forcement appartenir à une culture commune. On peut penser que ce peuple des Rhètes, formant ce qu’on appelle la culture de Golassecca servait d’intermédiaire entre l’Europe continentale et la Méditerranée et notamment l’Etrurie et que c’est par là que seraient passées outre les productions certains traits culturels.

Il est impossible d’aboutir à une solution tranchée. Il n’y a vraiment aucune donnée qui prouve l’existence ancienne étrusque en Orient, ni une migration du nord, ni une totale autarcie indigène.
L’auteur finit par poser la question de savoir si le problème n’était pas simplement mal posé. Une culture, un peuple se forme à travers les échanges, les contacts qu’il entretient avec d’autres peuples. L’Etrurie ne devient véritablement l’Etrurie que lorsqu’elle s’ouvre sur la Méditerranée vers le VIIIème siècle. Avant cela on parle généralement de culture villanovienne. C’est au contact avec les grecs, les phénico-puniques et d’autres peuples indigènes que se forme véritablement la civilisation étrusque définie dans ses différences et ses emprunts.

c) Des traits culturels différents, soulignés par leurs voisins et contemporains

Un autre fait marquant de la civilisation étrusque est le regard que leur portent les Grecs puis les Romains qui est totalement divergent et qui souligne également les différences des Etrusques.

Les Grecs, d’abord, voyaient à la fois en ce peuple, des gens de la Mer, des pirates sanguinaires et sans pitié et des gens emprunts d’une grande mollesse.
La piraterie était affaire courante à l’Antiquité et les anciens ne la percevaient pas de la même manière que nous. Les commerçants pouvaient devenir pirates par moments. Cependant les Grecs semblent très marqués par la violence dont faisaient preuve les Etrusques sur la mer. Certains auteurs rapportent des scènes de cruauté ( vol, torture et meurtre) qu’auraient perpétré les pirates Tyrrhènes. Par exemple Aristote qui explique que les prisonniers étaient attachés à des cadavres et étaient laissés pourrir sur place par leurs tortionnaires étrusques. Les Grecs attribuaient même, et seulement, à ce peuple des inventions navales à but militaire comme l’éperon qui armait et ornait l’avant des bateaux étrusques. Mais il est bon de rappeler que les grecs aussi s’adonnaient facilement à la piraterie et au vol car ce n’était alors pas autre chose d’une activité maritime comme une autre. Cependant il est vrai que la littérature ne nous donne que le point de vue grec et non celui étrusque sur leurs contemporains.
Le grand défaut des Etrusques d’après la vision grecque est en contradiction avec le fait de piraterie. En effet, ce peuple sauvage était accablé de mollesse, un trait de caractère totalement inacceptable au regard des Hellènes. Nous pourrions croire que ce qu’ils racontent est juste quand nous regardons les scènes représentées dans les tombes en Etrurie : scènes de banquet (très fréquentes), jeux et concours de toutes sortes (lutte, musique, danse,… ) qui peuvent donner à penser à une société installée dans la luxure et la paresse. Cette mollesse, tryphè en grec, était pour eux le signe que la classe dirigeante avait trop prospéré et avait oublié la grandeur militaire de leurs ancêtres. Et c’était également la raison de la décadence de cette civilisation qui s’était endormie et que les Romains avaient ainsi pu conquérir puisqu’ils étaient plus braves à la guerre. On peut penser que les représentations peintes des tombes ne sont pas le reflet de la vie du défunt dans l’au-delà, ni de son ancienne vie terrestre mais la représentation des banquets et jeux organisés par la famille et les proches pour le défunt, comme on sait que cela se fera notamment chez les Romains où les membres de la famille se réunissent à l’anniversaire du défunt et font de grands banquets en cet honneur.

Pour les Romains, les Etrusques étaient « les plus religieux des hommes ». Ils savaient lire les signes envoyés par les dieux dans le tonnerre, le foie des animaux…
Les Etrusques ont une religion qui à cette époque peut surprendre. C’était une religion des livres et surtout une religion révélée avec des prophètes, ce qui rappelle sensiblement ce qui n’existait pas encore à savoir le christianisme. Il existe différents livres « sacrés » qui permettent de comprendre et d’analyser les signes (livre des foudres, livre des haruspices (divination) ), le livre des rites qui expliquent tout ce qu’un étrusque doit faire pour bien servir les dieux, le livre d’Achéron qui explique les perceptives de vie après la mort. Dans la mythologie étrusque, il y a plusieurs dieux mais aussi des démons. Ces derniers semblent être empruntés de la démonologie grecque, s’inspirant de l’enfer grec et ne font aucun mal aux défunts à côté desquels ils sont représentés.
Les Romains vont « hériter » de certains rites étrusques, comme par exemple le rite de fondation d’une ville. Ils vont se servir des Etrusques pour entretenir de bonnes relations avec les dieux puisque leurs voisins étaient connus pour bien comprendre les dieux et interpréter leurs signes. L’intégration de la classe sacerdotale étrusque va être réussie après l’annexion par Rome des territoires de l’Etrurie ; les Romains vont demander leurs services aux haruspices qui vont ainsi continuer d’exister durant toute la période romaine.

Un fait qui va cependant choquer Grecs et Romains est la place que les Etrusques accordaient à la femme.
Traditionnellement, la fille ou l’épouse grecque et romaine restait à sa place dans le cadre domestique et ne se montrait pas ou très peu en communauté. La femme romaine était certes un peu plus libre que la grecque mais pour les deux peuples, l’image de la femme étrusque était quasiment révoltante. En effet on retrouve des figures féminines un peu partout dans les représentations étrusques. Elle participe aux banquets et se présente allongée comme son époux profitant des joies de la fête. Elle n’a rien à voir avec les accompagnatrices des banquets grecs ou romains qui étaient des musiciennes ou des prostituées. Elle est également figurée en spectatrice des différents jeux étrusques, là où d’autres femmes n’avaient pas le droit de se rendre. C’est ainsi que les Anciens vont les voir comme des femmes dévergondées. Les objets qu’on retrouvera en fouille dans les tombes féminines vont montrer que l’épouse étrusque filait et tissait comme ses voisines et que c’était l’image modèle que les Etrusques avaient également de leurs femmes en tant que mère de famille, maîtresse de maison et compagne de vie. Ce dernier point se retrouve dans la vision du couple figuré avec tendresse sur les sarcophages doubles, représentation qu’on ne retrouve jamais dans le monde romain ou grec classique.
Cela pose la question de la place de la femme dans la société étrusque. Celle-ci n’était pas matriarcale, puisque la position de l’homme reste prépondérante. Mais la femme étrusque possédait quand même un nom qui lui était propre (un prénom) à la différence de ses voisines qui étaient désignées comme « femme appartenant à la famille de … » par un simple gentilice. Cela montre que la toscane était reconnue comme une personne à part entière et même si son rang social ne lui permettait sûrement pas d’être l’égale de l’homme, cette façon de concevoir la femme était une avancée peu banale à l’Antiquité.

Si Grecs et Romains ont pu faire ces remarques, c’est qu’ils ont eu des contacts avec les Etrusques.
On sait que les Romains vont être influencés sur certains aspects par leurs voisins d’Etrurie comme ceux-ci l’ont été par les Grecs installés en Italie du Sud. Tout cela s’est fait par le biais de contacts, d’échanges commerciaux et parfois aussi dans des conflits.



II ) Les Etrusques dans leurs contacts, leurs relations avec les autres

a) Les échanges commerciaux

L’Etrurie possède une richesse que les Grecs, entre autres, recherchent : le minerai. Sont présents sur le territoire étrusque et notamment sur l’île d’Elbe le fer, le cuivre, le plomb et un peu d’argent. L’exploitation de ces ressources s’est faite relativement tôt dans l’histoire.
Mais comme les autres pays de Méditerranée, l’Etrurie ne possède pas d’étain et doit l’importer du nord de l’Europe. On peut très bien penser que ce minerai nécessaire à l’obtention du bronze a été acheminé à travers les Alpes et le peuple des Rhètes jusqu’en Etrurie. Les tombes princières du Premier Age du Fer du centre de l’Europe offrent de beaux exemples d’objets étrusques (exemple : chaudron et bassin étrusques dans la tombe princière de Hochdorf) sûrement des présents offerts en échange de l’étain. On trouve également des productions étrusques en France « non princière » : par exemple des rasoirs villanoviens du VIIIème siècle av. n.è. à Bourges qui semble être une des places de ce commerce de l’étain.
Les Grecs s’installent en Italie à la recherche de minerais qu’ils n’ont pas sur leur sol. Ainsi s’établissent les échanges : de la céramique et autres objets grecs contre du minerai brut ainsi que l’atteste notamment un morceau de minerai découvert à Pithécusses. Les Grecs n’ont pu s’installer plus près des mines car les Etrusques ne permettent pas l’installation d’étrangers sur leurs terres. Ils acceptent cependant les comptoirs d’échanges, les emporia.

Lorsque les Grecs s’installent en Grande Grèce, ils rencontrent un peuple étrusque déjà habitué à faire du commerce. Les premiers échanges commerciaux des Etrusques se font avec les Sardes voisins (Sardaigne) avant l’installation des colonies grecques soit dès le VIIIème siècle. Ils échangent des productions métallurgiques qui se retrouvent comme la très grande majorité des importations, dans les tombes des cités aussi bien du côté étrusque qu’étranger.

Les Toscans ont entretenu des bonnes relations avec les Carthaginois qui sont leurs alliés. Nombre de céramiques étrusque en bucchero negro ont été mises au jour à Carthage. Un temple à une déesse orientale assimilée à la Uni étrusque a été édifiée vers 500 avant notre ère dans l’avant-port de Caéré (Pyrgi) dans le cadre de cette alliance étrusco-punique et à l’occasion duquel ont été rédigées trois tablettes en or, deux en étrusque et l’autre en phénicien. La présence conjointe de deux cultures dans un même sanctuaire se retrouve ailleurs. A Delphes et à Olympie, deux grands sanctuaires grecs, on a retrouvé des objets de fabrication étrusques comme des armes. Aucun de ces objets ne portent d’inscriptions donc on ne peut savoir s’il s’agit de dons ou de prises de guerre.

On peut restituer le commerce étrusque grâce aux différents lieux où on retrouve leurs productions mais également grâce aux épaves de navires qui nous permettent de connaître les itinéraires empruntés et les villes distribuées. La Sicile, la Sardaigne, la Corse, le Sud de la Gaule et jusqu’à Amporia sont distribués, de manière importante entre le VIIème et le Vème siècles, en amphores étrusques donc en vin étrusque. Les canthares en bucchero negro connaissent aussi une large diffusion puisqu’on en retrouve jusqu’à Carthage.

b) Les conflits

Les Etrusques sont un peuple de la mer, ouvert sur la mer, leur commerce passe par la mer. Il leur faut contrôler l’espace maritime. Mais ils ne sont pas les seuls à vouloir former une thalassocratie (domination des mers) sur cette partie de la Méditerranée.

Leur principal adversaire est la cité grecque de Syracuse établie en Sicile. De nombreux affrontements sont connus souvent en territoire ou en eaux étrusques. On peut citer le pillage du port de Pyrgi par les troupes de Denys de Syracuse en 384-383 avant J.-C.. Il est certain que ces rivalités sont nées de la volonté de chacun des adversaires d’exercer son contrôle sur la mer. En dehors de Syracuse, les Etrusques n’ont pas d’autres véritables rivaux en Méditerranée occidentale.

Mais ils ont eu d’autres adversaires ponctuellement. Les Phocéens d’Alalia en Corse se mirent à la piraterie dans la deuxième moitié du VIème siècle. Les Etrusques s’allièrent alors aux Carthaginois pour arrêter ces pirates qui s’en prenaient à leurs navires de commerce.
Les relations commerciales avec les phocéens de Marseille notamment, avec les Grecs d’Italie du Sud ou de Grèce ne sont pas entachées par ces conflits. L’exception restant Syracuse. Les Etrusques pouvant se fournir auprès des autres Hellènes, cette rivalité de thalassocratie ne joue pas tant que ça sur leurs activités commerciales.

c) Des influences réciproques

Au contact de tout peuple et toute culture, toute civilisation est plus ou moins influencée : les Etrusques au contact des Grecs et les Romains ensuite au contact des Etrusques.

Parmi les emprunts au monde grec, il faut bien sur évoquer encore l’alphabet. Les Etrusques avaient connaissance de l’alphabet phénicien mais l’absence de voyelles dans ce dernier ne convenait pas pour transcrire la langue orale étrusque.
Les Etrusques sont séduits par le banquet, un mode de consommation du vent typiquement grec et se mettent rapidement à produire leur propre raison, leurs propres amphores de vin. Ce sont les représentations de banquets qui leur valent l’image d’un peuple « mou » alors qu’ils reprenaient un mode de la vie grecque.
Ils vont aussi adoptés des références idéologiques et mythologiques notamment les héros. Ainsi Héraclès est représenté maîtrisant le lion de Némée sur des plaques de bronze à Acquarossa ou sur de la céramique. Les Etrusques semblent vouloir de conformer à ces héros.
Le dernier point sur lequel on peut dire que les étrusques se sont inspirés des grecs, c’est dans l’armée et l’armement. Des représentations sur de la céramique nous montrent des hommes en armes qui ressemblent à des hoplites grecs. Le monde étrusque a adopté les usages militaires des Grecs mais en les adaptant à leurs propres exigences de défense et d’offensive ce qui va faire longtemps leur supériorité. Les Romains vont à leur tour s’inspirer d’eux dans les techniques de batailles et vont asseoir peu à peu leur supériorité sur les autres populations.

Les Romains, plus proches voisins des Etrusques, leur empruntent beaucoup.
La notion de ville emprunte de religiosité notamment dans les rites de fondation que l’on connaît pour Rome par exemple est inspirée d’une notion étrusque semblable. L’organisation urbaine que les Grecs avaient apporté avec eux a été transmise aux Romains par les Etrusques plutôt que directement au contact des cités hellènes. Les cités d’Etrurie ont appliqué cet urbanisme régulier avec des îlots et des rues à angle droit dès lors où aucun édifice antérieur ne gênait la réalisation. Malheureusement les fouilles en milieu urbain sont malaisées par la continuité d’occupation de celles-ci depuis l’Antiquité.
Dans une période prospère, les cités étrusques ont construits de grands bâtiments comme les temples, les remparts, des constructions visant à acheminer ou contrôler l’eau douce… Ce peuple avait de grandes connaissances hydrauliques et c’est à eux que Rome doit l’assèchement de la zone marécageuse qui donna le forum. Les Romains vont apprendre au contact de leurs voisins à maîtriser les cours d’eau, à assainir les marais ,à construire des aqueducs, des citernes et des réseaux d’égouts.
Ils leurs empruntent aussi certains modèles architecturaux. Ainsi le premier temple du Capitole ressemblerait, d’après les découvertes archéologiques éparses de ce premier temple, à une construction d’inspiration étrusque et non grecque. On sait aussi d’après les auteurs classiques que les décorations en terre cuite de ce temple avaient été réalisées par un étrusque de Véies et certains éléments de la toiture retrouvées en fouilles correspondent à d’autres découvertes dans le monde étrusque.
Les Romains vont emprunter tout ce qui symbolisait l’exercice du pouvoir suprême. Leurs magistrats portaient la toge prétexte, des chaussures particulières… Leurs équivalents des licteurs avaient des insignes particulières que les Romains vont reprendre. L’origine étrusque de ces insignes de magistrats peut être illustré par la trouvaille d’un modèle de faisceau de licteur en fer dans une tombe de Vetulonia datant de la deuxième moitié du VIIème siècle ou par la statue de l’Arringatore, représentant un magistrat étrusque avec ces insignes, au musée de Florence datée du IIème siècle portant une inscription en étrusque.




Pour les Romains, la civilisation étrusque était emprunte d’un certain respect. Les auteurs classiques en parlent généralement de façon assez élogieuse comme s’ils se souvenaient qu’ils doivent beaucoup à ce peuple dont ils sont un peu les héritiers.
A mesure que Rome prend de l’importance, le peuple étrusque décline n’arrivant pas à se scinder, à s’unir contre ceux qui veulent les conquérir. La langue étrusque disparaît peu à peu jusqu’à devenir une sorte de patois jusqu’au premier siècle avant notre ère. Les inscriptions se raréfient donc mais on retrouve parfois des inscriptions étrusques écrites avec l’alphabet latin. La romanisation de l’Etrurie commence apparemment assez tôt et ne subsistera de la culture étrusque que les emprunts des Romains.
On ne connaît cette civilisation qu’à travers divers regards : les Grecs, les Romains, à travers le commerce qu’on perçoit dans les nombreuses découvertes. Mais on ne connaît pas bien l’organisation sociale des Etrusques. Les textes qui pourraient nous renseigner sur ce point ne sont pas compréhensibles. Ainsi beaucoup de questions demeurent et alimentent un peu ce mystère étrusque que définit l’auteur en début de son livre. La redécouverte du peuple étrusque s’est accompagnée d’erreurs (la céramique attique retrouvée en très grand nombre en Etrurie a longtemps été prise pour des productions étrusque) et toujours d’interrogations. Les connaissances linguistiques et la question des origines des Etrusques semblent être un point important de la recherche.
Mais on peut dire qu’apparemment on assiste à une permanence identitaire du villanovien et de l’étrusque qui s’adapte sans perdre leurs spécificités aux contacts et aux apports extérieurs.


Edité le 13-03-2008 à 20:08:50 par Tifet




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   Posté le 02-06-2008 à 19:18:12   Voir le profil de clodius31 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à clodius31   

Salut Tifet
Je suis un bleu sur ce forum car je viens tout juste de m'y inscrire et je ne connais pas trop bien les uses et coutumes , donc bref je me lance :
Je viens de tomber sur un article de Sciences et Vie (octoc 2007)dont le titre est " les etrusques venaient d'ailleurs "
C''est l'equipe du professeur Toroni qui a analysé l'ADN mt (ADN mitochondrial) de 320 individus vivant en terre étrusque depuis plusieurs générations ,village de Murlo,de Volterre et d'Arezzo, tous d'anciens gros bourgs étrusques: a été comparé à celui de 55 populations d'Europe et d'Asie . Cette étude montre des liens avec le Proche Orient .(Hérodode et la Lydie)
Une autre étude quelques mois plustôt avait été faite,toujours avec de l'ADN mt, sur des bovins toscans et il a été constaté que ces bovins toscans etaient génétiquement plus proche de ses cousins d'Anatolie que de ses voisins européens .
OU en est 'on à ce jour . Les Etrusques ,peuple autochtone ou colonisateurs ???

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   Posté le 03-06-2008 à 09:49:18   Voir le profil de xixa (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à xixa   

il semblerait que les étrusques viennent de Lydie (Asie Mineure) d'après de grands archéologues de la période, mais l'incertitude règne toujours sur leur origine et leur langue.

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Tifet
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   Posté le 03-06-2008 à 11:19:02   Voir le profil de Tifet (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tifet   

C'est même pas dit...
Il y a en effet des ressemblances avec des peuples d'Asie Mineure (on a retrouvé des tablettes dans une écriture très proche de l'étrusque sur les côtes méditerranéennes de la Turquie actuelle) mais c'est pas une évidence que les étrusques d'Etrurie viennent de là-bas.
L'auteur dont j'ai lu le bouquin présenté au dessus avait l'air de penser que c'était peut-être une "colonisation" (dans le sens déplacement de population ) dans l'autre sens. Comme si certains étrusques italiques étaient allés en Orient...

Mais le saura-t-on jamais ?

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   Posté le 05-06-2008 à 18:49:16   Voir le profil de clodius31 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à clodius31   

Les inscriptions étrusques sont écrites avec les lettres de l'alphabet grec ancien et elles sont assez nombreuses on en compte plus de 12 000.(voir entre autre la table de Cortone ,fragments de bronze datant du 111° siècle ac JC). Elles sont donc lisibles mais la langue est toujours trés obscure car non ratachée à la famille des langues indo-européennes . Il y aurait peut être une étroite parenté avec le lemnien ( stéle funéraire de Lémnos dans l'ile de la mer Egée datant du VI°siècle av JC).
Quoiqu'il en soit et malgré la non ressemblance avec le Hittite il y avait de fortes similitudes entre les techniques de divination. L'haruspicine ,science la plus ancienne de l'Etrurie ;étude des signes divins dans les foies d'animaux etait fort reconnu et étudié par les romains( Empereur Claude lui a consacré 20 volumes en 54 aprés JC)

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   Posté le 05-06-2008 à 19:09:45   Voir le profil de clodius31 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à clodius31   

Suite: Etrusques
Pourquoi ne pas apporter plus d'attention à Hérodote avec son histore de roi de Lydie qui aurait demandé à son fils Thyrrhénos de s'exiler avec une partie de la population en terres lointaines suite à de nombreuses famines au Moyen-Orient . Ces famines ont été constatées au XIII° siecle av JC.Voir aussi l'exode du peuple juif en Egypte durant ces périodes .
C'est vrais pour moi j'aimerai que les origines de ce peuple puissent être de Lydie ou du Moyen- Orient mais c'est trés compassionel.

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   Posté le 05-06-2008 à 21:18:57   Voir le profil de xixa (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à xixa   

il s'agit de l'alphabet phénicien et on les trouve sur les plaque en bronze conservées au musée de florence ou cerveteri (je sais plus exactement le nom des plaques et le lieu de conservation).
je fais des recherches sur les plaques et vous dis ca après.

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   Posté le 10-06-2008 à 11:12:36   Voir le profil de clodius31 (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à clodius31   

Je ne pense pas que ce soit l'alphabet phenicien mais bien de l'alphabet grec ancien ,car l'alphabet utilisé par les etrusque comporte 26 lettres avec aussi des voyelles .Mais comme l'alphabet grec ancien est d'une inspiration phinicienne ,tout n'est que continuité.
Les plaques en bronze sont "la table de Cortone" découverte en Italie vers 1992 . Elles representent un document de nature juridique du 111°siècle av .JC

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   Posté le 10-06-2008 à 15:44:54   Voir le profil de Tifet (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tifet   

Oui l'alphabet étrusque est totalement inspiré de l'alphabet grec ! Parce que les grecs se sont installés en Grande Grèce (Italie du Sud et un peu vers le centre). Les étrusques ont pris les lettres qui les intéressaient (pour faire simple, on va dire ça comme ça) en ont modifié certaines pour qu'elles s'adaptent à leur langue et voilà !

J'ai expliqué ça un peu plus en détail dans un de mes posts plus haut

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GrossOudin
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   Posté le 14-06-2008 à 18:26:02   Voir le profil de GrossOudin (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à GrossOudin   

Difficile de dire qu'il y a UN alphabet grec; il y en a plusieus, suivant les dialectes, les époques, et les supports...
Quant aux inscriptions étusques, peut-on dire qu'on les "lit" ?
Quand vous voyez un texte en vietnamien, vous le "lisez" selon le code d'écriture du français, mais cela ne signifie ni que vous le compreniez, ni même que vous le prononciez comme celui qui l'a écrit.
Itou pour l'étrusque : un helléniste le lit (encore que la prononciation scolaire du grec, prononciation dite "érasmienne", est elle-même très inexacte).
Quant à la présentation d'un texte en "lemnien" et contenant la lettre "C", tel que je l'ai vue dans un des messages sur ce thème, elle m'inspire de vifs doutes: pou autant que j'aie bonne mémoire, il n'existe pas de lettre "C" dans les alphabets grecs anciens. En outre, ce texte n'est visiblement pas du grec ancien, quel qu'en soit le dialecte...
Sur votre sympathique forum, on fait aussi montre de légèreté lorsqu'on suit les interprétations du genre TARKHU (étrusque)= TARKHON (grec). On sait bien, quand on lit les historiens anciens, qu'ils fabriquent des explications "étymologiques" après coup, parce que, dans leur culture, le nom explique la chose (cf par exemple le Cratyle de Platon, qui explique par exemple le mot "alèthéia" = vérité par "alè théia" = course divine ). Ce ne sont aux yeux ds modenes que des sortes de calembours, auxquels on n'a jamais accordé de valeur.
Pour revenir à "l'égalité" TARKHU (étrusque)= TARKHON (grec). on y voit clairement une démarche du même genre: "calembour" avec le mot grec "ARKHON" qui signifie "chef". Dans la mentalité d'un ancien, il est NORMAL qu'un roi s'appelle "chef", donc il est "logique" qu'il y ait un lien avec le toponyme ét(usque de "Tarquiniae. Sauf que, naturellement, pour un linguiste, les deux mots n'ont rien à voir : c'est à peu près comme si on disait que le mot grec "kalos" (= beau) correspond au mot anglais "calf"(= veau).
Je suis aussi assez intrigué par la référence à une "déclinaison" de noms dans les inscriptions: la déclinaison est une cactéristique des langues dites "indo-européennes"; or, s'il y a une certitude, c'est bien que l'étusque n'en est pas une.
Enfin, je vous repose la question concenant le mot "Rasenna": d'où sort-il ????
Et pou fini, je salue Clodius 31, qui m'est voisin... Je m'intéresse beaucoup au célèbre Clodius, époux de Fulvie (futue épouse de Marc ntoine), lâchement assassiné par les hommes de main de Milon, l'ami de Cicéron qui a si mal défendu ce sicaire si dévoué à la cause de la "Respublica".

Amicalement, à tous, bonnes recherches et bonnes trouvailles...
GrossOdin

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Tifet
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   Posté le 17-06-2008 à 11:25:17   Voir le profil de Tifet (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Tifet   

Bonjour GrossOudin !

Il serait agréable de faire ta connaissance dans le sujet Présentation des Membres que tu peux trouver ICI

On ne prétend pas tout savoir. On n'expose ici que les choses qu'on a lu ou appris en cours pour certains d'entre nous.
Il est évident qu'il y a eu plusieurs langues grecs dans le temps car comme toute langue, elle a évolué et s'est développé de manière légèrement différente suivant les populations.
Evidemment aussi qu'on lit les langues anciennes avec nos prononciations à nous puisqu'on ignore comment c'était prononcé avant (le meilleur des exemples est je pense les hiéroglyphes égyptiens mais ce n'est pas le sujet)

Aucun de nous n'est spécialiste et comme je l'ai dit on ne fait que reprendre des informations recueillies à gauche et à droite.
Un des grands spécialistes des Etrusques a parlé de "déclinaisons" ; peut-être emploie-t-il ce mot pour bien faire comprendre une idée qui s'en rapproche ? Il faudrait le lui demander car aucun d'entre nous n'est ici linguiste.

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~ Tifet ~

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