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| Posté le 25-02-2006 à 09:24:32
| LE 23 FEVRIER... 1440 Gutenberg découvre l'imprimerie. On a souvent dit que Gutenberg n'avait pas été le réel inventeur de l'imprimerie. Il est certain qu'au XVe siècle, cette découverte était « dans l'air du temps ». On trouve une première mention de l'imprimerie dans les récits de voyage de Marco Polo. Les Chinois auraient, en effet, vers l'an 1000, créé une machine à imprimer destinée à farbiquer des cartes à jouer. Avant Gutenberg, on était parvenu à mettre au point un certain procédé pour imprimer : il s'agissait de planches en bois finement gravées. On coulait de l'encre dans les rainures et on y appliquait une feuille de papier. Mais cette méthode était trop longue et toute correction demeurait à peu près impossible. La véritable originalité de Gutenberg fut d'inventer des lettres métalliques, et surtout, mobiles. 1447 Mort du pape Eugène IV. Son pontificat est remarquable par le vingt-septième et le dernier schisme considérable, excité pour la chaire de Saint-Pierre. Gabriel Eugène IV, né à Venise d'une famille obscure, s'éleva par son mérite, de l'ombre du cloître jusqu'à la chaire pontificale. Il succéda au pape Martin V en 1431. Le concile séant alors à Bâle, commença par déclarer que le pape n'avait ni le droit de le dissoudre, ni même celui de le transférer. Le pape Eugène, sur cet énoncé, ordonna la dissolution du concile. Pendant ce conflit entre l'autorité du pape et celle du concile, Eugène s'occupa d'éteindre le grand schisme de l'église grecque et latine. Il remporta cette glorieuse victoire, et jamais pontife avant lui n'avait paru rendre un si grand service à l'église romaine, ni jouir d'un si beau triomphe. Dans le même temps, les pères du concile le déposent du pontificat, le déclarant « rebelle, simoniaque, schismatique, hérétique et parjure » Les rois de France et d'Angleterre, l'empereur et les princes d'Allemagne, craignant que l'esprit de parti n'eût dicté le décret de déposition, s'en plaignirent au concile. Si on considère en effet le concile par ce décret, on croit n'y voir qu'une assemblée de factieux ; et quand on le considère par les règles de discipline qu'il donna, on y voit des hommes très sages. Le concile de Bâle ayant déposé vainement un pape très sage que toute l'Europe continuait à reconnaître, lui opposa un fantôme, un duc de Savoie, Amédée VIII, qui avait été le premier duc de sa maison, et qui s'était fait ermite à Ripaille, par une dévotion d'un nouveau genre. Une nomination qui produisit des excommunications réciproques et des injures atroces. Eugène mourut sur ces entrefaites, du chagrin que lui causaient les troubles de l'église. Ses dernières paroles furent : « O Gabriel : Qu'il eût été bein plus à propos pour toi de n'être ni cardinal, ni pape, mais de vivre et de mourir dans ton cloître, occupé des exercices de ta règle !0» Le pape Nicolas V, successeur d'Eugène IV, termina le schisme dès le commencement de son pontificat. Le duc de Savoie se contenta d'être cardinal, et la paix fut rendue à l'église. 1525 Mort de Louis de la Trémouille. 1546 Le comte d'Enguyen est tué par un coffre qu'on lui jette sur la tête. François de Bourbon, comte d'Enguyen, oncle de Henri IV, n'avait encore que vingt-trois ans lorsqu'il gagna la célèbre bataille de Cerizoles, en Italie. Il promettait de devenir un des plus grands hommes de son siècle ; mais, deux ans plus tard, il fut tué à Rocheguyon, par un coffre qui fut jeté d'une fenêtre sur sa tête. On soupçonna de ce coup un Italien, nommé Bentivoglio, qui avait eu quelques démêlés avec ce prince. François Ier ne voulut pas qu'on poursuivît cette affaire, de peur d'y voir impliquer le dauphin Henri. 1766 Leczinski Stanislas Ier, roi de Pologne, né à Léopold, meurt à l'âge de quatre-vingt-neuf ans des suites d'une chute dans un feu de cheminée. Il avait été couronné roi en 1705 à Varsovie ; mais plus tard il fut obligé de fuir. Sa tête fut mise à prix par le général des Moscovites. Le traité de Paris de 1756 le mit en possession du duché de Lorraine et de Bar. Son règne en Lorraine a laissé de beaux souvenirs sur son caractère. 1796 Création par Carnot d'une une armée de 37000 hommes, en vue de porter atteinte aux intérêts autrichiens en Italie. Cette armée est confiée à Napoléon Bonaparte, alors jeune général de vingt-huit ans, qui avait déjà fait ses preuves lors du siège de Toulon. 1812 Abrogation du Concordat. L'échec du Concile de Paris l'année précédente avait laissé perdurer le conflit opposant le pape à Napoléon. L'Église avait refusé depuis lors de donner l'investiture canonique aux nouveaux évêques. 1848 A Paris, fraternisation de la garde nationale avec les insurgés. Le roi renvoie Guizot et appelle le comte Molé.
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| Posté le 25-02-2006 à 09:25:18
| LE 24 FEVRIER... -45 av. J.-C. César décide d'appliquer un nouveau calendrier, sachant que l'année correspondait en réalité à 365 jours un quart, et instituant par conséquent l'ajout tous les quatre ans, d'une journée après le 24 février, qui s'appelerait sixième jour avant les calendes de mars. Ce jour est nommé bissextus ou bis sextillis (deux fois sixième), d'ou le nom d'année bissextile. 1495 Mort de Pic de la Mirandole. Il savait vingt-deux langues à dix-huit ans. A l'âge de vingt-quatre ans, il osa faire afficher à Rome, et soutenir publiquement une thèse sur tous les objets des sciences, sans en excepter aucune ; c'est cette fameuse thèse intitulée : De omni re scibili, qui comprenait 1400 propositions. « Je crois, dit l'abbé de Longuerne, qu'il ne faut pas d'autre titre pour être logé aux petites maisons. » Il faut savoir que dans le siècle où vivait Pic de la Mirandole, la passion de la science universelle était à la mode, et cette science universelle consistait à savoir par coeur, sur chaque matière, quelques mots qui ne donnaient aucune idée. Pic de la Mirandole abrégea ses jours dans ces immenses et vaines études, et mourut à trente-deux ans. 1495 Le roi Charles VIII entre victorieux dans Naples. Les droits de Charles sur le royaume de Naples étaient fondés sur la cession faite au roi son père, par Charles d'Anjou, héritier de son oncle René, roi de Naples et de Sicile. Charles ayant formé le projet de faire valoir ses droits, partit pour l'Italie en 1494. De Vese et Briçonnet furent les principaux moteurs de cette entreprise. Tous les princes d'Italie y prirent part, chacun suivant son intérêt. Les Vénitiens, dans l'espérance de s'agrandir, à la faveur des troubles ; Alexandre VI, pour procurer des établissements à sa famille ; mais surtout Ludovic Sforce, qui, ayant formé le projet d'usurper le duché de Milan, sur son neveu Galeas, qu'il méditait d'empoisonner, voulait donner assez d'affaires à Ferdinand, roi de Naples, dont la petite-fille avait épousé Galeas, pour l'empêcher de se venger. Ferdinand, saisi de terreur, mourut d'apoplexie. Alphonse, son fils, lui succéda. Charles VIII fut reçu dans Florence le 17 novembre 1494, entra dans Rome en vainqueur, à la lueur des flambeaux, le 31 décembre, et y fit des actes de souveraineté l'année suivante. Alexandre VI capitula avec lui. Alphonse voyant ses sujets ébranlés à l'approche du roi, et sentant qu'il n'en était pas aimé, remit sa couronne à son fils Ferdinand, jeune prince d'un grand courage et chéri des peuples ; mais la terreur du nom français était trop grande pour qu'il pût s'opposer à leurs progrès. Ferdinand se retira, et Charles VIII entra victorieux dans Naples, le 21 février 1495, avec les ornements impériaux. Toutes ces conquêtes se firent en moins de six mois. L'exellence de lartillerie française étonna beaucoup les Italiens dans cette guerre, et contribua beaucoup à la rapidité de nos succès. Il arriva à Charles VIII ce qui arriva depuis à ses successeurs. Il fut chassé d'Italie, et eut bien de la peine à rentrer en France, ne remportant que l'honneur d'un vain triomphe, et le bonheur d'avoir échappé, par des prodiges de bravoure, à une armée considérable qui pensa l'envelopper lui et ses troupes. 1500 Naissance de Charles-Quint. 1525 Les troupes de Charles-Quint commandées par le connétable de Bourbon remportent sur les Français la fameuse victoire de Pavie, où le roi François Ier fut fait prisonnier. 1527 Les états de Bohême choisissent pour leur roi Ferdinand, frère de Charles-Quint. C'est ainsi que ce royaume est entré dans la maison d'Autriche. 1529 L'empereur Charles-Quint se fait couronner à Bologne par le pape Clément VII. Il reçoit de lui trois couronnes : celle d'Allemagne, celle de Lombardie et l'impériale, à l'exemple de Frédéric III. Le pape, en lui donnant le sceptre, lui dit : « Empereur, notre fils, prenez ce sceptre pour régner sur les peuples de l'Empire, auxquels, nous et les électeurs, nous vous avons jugé digne de commander. » Il lui dit, en lui donnant le globe : « Ce globe représente le monde que vous devez gouverner avec vertu, religion et fermeté. » La cérémonie du globe rappelait l'image de l'ancien empire romain, maître de la meilleure partie du monde connu, et convenait en quelque sorte à Charles Quint, souverain de l'Espagne, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Amérique. Charles Quint baisa les pieds du pape pendant la messe ; mais il ne conduisit point la mule, et ne tint pas l'étrier. L'empereur et le pape mangèrent dans la même salle, chacun seul à sa table. 1540 L'empereur Charles Quint arrive dans la ville de Gand, qui s'était soulevée contre l'archiduchesse Marguerite, sa soeur, gouvernante des Pays-Bas. Il apaise la rebellion, en faisant pendre une douzaine de bourgeois. 1563 Assassinat du duc de Guise pendant le siège d'Orléans, par Poltrot de Méré, protestant fanatique. Le duc meure des coups de couteau qui lui ont été portés. Son assassin sera écartelé. 1582 Bulle du pape Grégoire XIII, pour la réforme du calendrier. Successeur de Pie V, il a rendu son nom immortel par la réforme du calendrier qui porte son nom. Dès l'an 325, le premier concile de Nicée, voyant le dérangement que le temps apportait au calendrier de Jules César, qu'on suivait en Europe, consulta comme lui les Grecs d'Alexandrie. Ces Grecs répondirent que l'équinoxe du printemps arrivait alors le 21 mars, et les pères réglèrent la fête de Pâques sur la pleine lune qui suit l'équinoxe, et sur la période de 19 ans qui ramène les pleines lunes ; mais il y avait encore erreur sur la révolution apparente du soleil : et l'équinoxe du printemps, au siècle du concile de Nicée, arrivait le 21 mars. Au temps du concile de Trente, l'équinoxe avait avancé de dix jours et tombait au 11 de ce mois. Le cycle lunaire étant en erreur d'une heure et demie, les pleines lunes étaient aussi dérangées ; l'église voulait revenir à l'équinoxe du concile de Nicée. Grégoire fit consulter tous les célèbres astronomes de l'Europe, entre autres Régiomantanus. Il ne fallut que retrancher dix jours de l'année 1582, où l'on était alors, et prévenir le dérangement dans les siècles à venir, par une précaution aisée, de supprimer trois bissextiles en quatre cents ans ; c'est le calendrier qui porte le nom du pape Grégoire XIII, ainsi que le nom de Sosigènes, qui fut couvert par celui de César. Il n'en était pas ainsi chez les Grecs, la gloire de l'invention demeurait aux savants. Le pape introduisit aussi le calendrier des épactes pour régler la pleine lune pascale. Il pressa la conclusion de cette réforme ; il eut plus de peine à la faire recevoir par les nations qu'à la faire rédiger par les mathématiciens ; la France résista quelques mois ; enfin, sur un édit de Henri III, enregistré au parlement de Paris, on s'accoutuma à compter comme la cour de Rome, mais l'empereur Maximilien II ne put persuader à la diète d'Augsbourg le changement de dix jours. Ainsi l'ancien calendrier subsista encore quelque temps, même chez les catholiques de l'Allemagne. On pense bien que les protestants de toutes les communions ne montrèrent pas plus de déférence ; mais enfin ils ont été obligés d'adopter la réforme : il faut excepter la Russie, dont l'année à retardé toujours sur la nôtre, d'abord de dix jours, puis de onze. 1583 Le prince de Parme, pour empêcher les habitants de la ville d'Anvers de recevoir du secours, fait fermer l'Escaut par un pont qui a deux mille quatre cents pieds de long, et si solide que toutes les munitions de l'armée y passèrent. Les assiégés, pour les détruire, construisirent des bateaux remplis d'artifice, un desquels s'étant arrêté à ce pont en emporta, en crevant, une partie considérable, et plus de huit cents hommes de l'armée ennemie y périrent. 1585 Ordonnance du roi de Suède par laquelle il introduit dans son royaume l'usage du calendrier grégorien. 1619 Naissance de Charles Le Brun à Paris. Il deviendra le peintre officiel de la Cour de Louis XIV. Infatigable, son activité est multiple : il décoré les châteaux de Versailles, de Sceaux, de Saint Germain et de Marly ; il dirige la Manufacture des Gobelins ; il peint des portraits dont celui du Roi Soleil. 1848 Le soulèvement de Paris se fait très violent, les insurgés se rapprochant des Tuileries. Cette menace pousse le roi à fuir en direction de Dreux.
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| Posté le 25-02-2006 à 09:26:02
| LE 25 FEVRIER... 1371 Un bourgeois de Prague prête à l'empereur d'Allemagne Charles IV, sur son obligation, cent mille écus, somme très considérable pour ce temps-là. Trois jours après, il lui donnera un grand festin, où, dans un des plats du dessert, il fera mettre son obligation et lui en fera présent. 1599 Vérification du fameux édit de nantes, faite en parlement, malgré les oppositions de ce corps et du clergé. 1761 Mort de l'abbé Jean-François du Resnel, né à Rouen en 1692, connu pour sa belle traduction de l'Essai sur la Critique du pope. On en sait plusieurs vers, et il y en a beaucoup d'une harmonie imitative, comme ceux-ci, que l'abbé de Lille a cités dans la préface de sa traduction des Géorgiques de Virgile. Qu'Ajax soulève un roc, et le lance avec peine, Chaque syllabe est lourde, et chaque mot se traîne, Vois-tu d'un pied léger Camille effleurer l'eau, Le vers vole et la nuit, aussi prompt que l'oiseau. La traduction de l'Essai sur l'Homme n'eut pas autant de succès. Celle de M. de Fontanes a plus de vigueur et de poésie. L'abbé du Resnel avait appris l'anglais à Boulogne, où il était chanoine. Les Anglais qu'il avait l'occasion d'y voir, l'avaient familiarisé avec leur langue ; il avait contracté dans leur commerce une telle prélidection pour les étrangers, qu'un de ses amis lui disait un jour : « Que je suis fâché mon cher abbé, de n'être pas Huron, vous m'aimeriez à la folie. » 1799 L'armée d'Orient, commandée par les généraux Kléber et Lannes, après avoir parcouru soixante lieues d'un désert aride et brûlant, arrive aux terres fertiles qui précèdent la Palestine, s'empare en peu d'instants de Gazah, ancienne capitale des Philistins, et jette l'épouvante dans des troupes innombrables d'ennemis, qui prennent aussitôt la fuite. 25 février 1848 A Dreux, où il s'est réfugié la veille au soir, le roi signe vers midi son abdication en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. L'abdication à peine signée, la famille royale prend la route du Havre pour s'embarquer pour l'Angleterre. Pendant ce temps, à Paris, la République est proclamée. 1856 Fin de la guerre de Crimée, lors d'une réunion des principaux diplomates européens à Paris. Napoléon III veut effacer l'humiliation qu'infligea le congrès de Vienne, après la chute de son oncle, Napoléon Ier, garantir l'intégrité de l'Empire ottoman ainsi que la libre circulation sur le Danube. Les Empires russe et autrichien acceptent les conditions de l'Empereur. 1875 Début d'une longue série de lois, votées jusqu'en juillet 1875, établissant les lois de la République : la Chambre des députés sera élue au suffrage universel, le Sénat au suffrage indirect, et le président par la Chambre et le Sénat.
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| Posté le 25-02-2006 à 09:27:11
| LE 26 FEVRIER... 1154 Mort de Roger, premier roi de Sicile, arrière-petit-fils de Tancrède de Hauteville, père de ces héros normands qui, au commencement du douzième siècle, enlevèrent la Sicile et les états de Naples aux Sarrasins. Il accrut par de nouvelles conquêtes les domaines qu'il avait reçus en héritage. Il eut à combattre, et il combattit presque toujours avec avantage les papes et les empereurs d'Allemagne et de Constantinople. Honorius II, après l'avoir combattu par les armes et les excommunications, fut forcé de lui donner l'investiture de la Pouille, de la Calabre et de Naples. L'anti-pape Anaclet, dont il prit la défense, lui donna en reconnaissance le titre de roi de Sicile. Ce titre lui fut confirmé par le pape Innocent II, qu'il fit prisonnier dans un combat que ce pape guerrier lui avait livré. Roger, dans ses guerres contre l'empereur grec, porta le fer et le feu dans les faubourgs de Constantinople ; il poussa ses conquêtes jusqu'en Afrique, s'empara de Tripoli et d'autres places maritimes, et battit la flotte de l'empereur Manuel. Cette continuité de succès fut un moment interrompue par Lothaire, empereur d'Allemagne, qui eut sur lui des avantages rapides ; mais l'intrépide Roger eut bientôt reconquis tous ses états. Ce fut sous le règne de ce prince que des marchands siciliens apportèrent de l'Asie des cannes à sucre, qu'ils plantèrent dans leurs pays. Elles y réussirent et se multiplièrent. De là le sucre fut transplanté dans les provinces méridionales de l'Espagne, d'où l'on en porta aux Canaries, aux îles de Madère et enfin dans le Nouveau Monde. La famille de Roger garda le trône de Sicile jusqu'en 1194. Elle en fut dépouillée par l'empereur d'Allemagne, Henri Ier. 1229 Traité de Paris qui met un terme aux troubles religieux du Languedoc par l'annexion au domaine royal des terres de Nîmes, Beaucaire, Béziers et Carcassonne. Le mariage d'Alphonse de Poitiers, frère du roi, avec Jeanne, fille de Raymond de Toulouse, est décidé. 1266 Bataille de Bénévent, entre Charles d'Anjou, frère de Saint-Louis, et Mainfroi, roi des Deux-Siciles. La famille de Roger, premier roi de Sicile, avait été dépouillée en 1194 par l'empereur Henri Ier. La famille de celui-ci fut dépouillée à son tour en 1266, par un prince français, Charles d'Anjou. Après la mort de l'empereur Conrad IV, roi de Naples et de Sicile (1255), ce royaume devait appartenir à son fils Conradin. Le pape Innocent IV, qui avait excommunié l'empereur Frédéric II, aïeul de Conradin, prétendit que ses descendants ne pouvaient lui succéder, et se déclara lui-même roi des Deux-Siciles. Il envoya une armée commandée par un légat, pour prendre possession de son nouveau royaume. Mais le tuteur du jeune Conradin, Mainfroi, son oncle, défit entièrement le légat et l'armée pontificale. Le pape se tourna alors vers le comte d'Anjou, frère de Saint-Louis, et lui offrit une couronne dont il n'avait aucun droit de disposer, et à laquelle le comte d'Anjou n'avait nul droit de prétendre. Mais Innocent mourut dès le commencement de cette négociation. Cependant Mainfroi, plus ambitieux que fidèle, et lassé d'être régent, fit courir le bruit de la mort de son pupille, et se fit déclarer roi de Sicile et de Naples. Le nouveau pape Alexandre IV fit publier une croisade contre Mainfroi : elle fut prêchée jusqu'en Angleterre, où le légat du pape, suivant Mathieu Pâris, leva cinquante mille livres sterling. L'argent fut dissipé, et la croisade n'eut pas lieu. Urbain IV, nouveau pontife, voulut, comme son prédécesseur, arracher à Mainfroi Naples et la Sicile, et dépouiller à la fois le tuteur coupable et l'orphelin. Il proposa à Saint-Louis, roi de France, d'armer Charles d'Anjou, son frère, pour cette conquête. Le vertueux Saint-Louis hésita ; mais Béatrix, femme de Charles, jalouse d'avoir le titre de reine, comme ses trois soeurs, la reine de France, la reine d'Angleterre, et la troisième, femme de Richard, frère du roi d'Angleterre élu des Romains, obligea son époux à accepter les offres du pape, et elle vendit toutes ses pierreries pour l'aider à lever des troupes. En 1265, Charles arriva à Rome, et le 28 juin fut déclaré roi de Sicile en deçà et au delà du détroit, en présence de quatre cardinaux, que lui avait envoyés le nouveau pape Clément IV, qui résidait à Pérouse ; mais il fut préalablement obligé de faire serment, entre les mains de ces quatre cardinaux, qu'il paierait annuellement au saint-siège huit mille onces d'or, avec une belle haquenée blanche, et qu'il n'accepterait jamais l'empire romain, ni celui de la Lombardie ou de Toscane. Les conditions auxquelles Charles d'Anjou s'était soumis furent si religieusement observées par ses successeurs, que Charles Quint, roi d'Espagne et des Deux-Siciles, n'accepta la couronne impériale qu'après s'y être fait autoriser du pape Léon X, par une dispense solennelle. L'armée de Charles d'Anjou, forte de trente mille hommes que la comtesse Béatrix, sa femme, avait rassemblés, étant arrivée avec elle devant Rome où ce prince l'attendait, les deux époux furent couronnés roi et reine de Sicile, dans l'église de Saint-Pierre, après avoir fait serment de fidélité, et hommage lige au pape, par cinq cardinaux qu'il avait députés pour cette cérémonie. C'est alors que le roi de Naples offrit, pour la première fois au pape une haquenée blanche avec huit mille onces d'or et qu'il s'engagea par serment à payer annuellement au saint-siège le même tribut. Mainfroi fit proposer à son rival un accomodement : « Retournez à votre maître, dit Charles aux députés, et dites-lui que dans peu je l'aurai mis en enfer, ou qu'il m'aura mis au paradis. » Les deux armées se rencontrèrent près de Bénévent, dans une plaine romaine nommée le Champ-Fleury. Toute la valeur de Mainfroi ne put soutenir ses troupes contre l'impétuosité française. Après avoir combattu avec le plus grand courage, il fut tué dans la mêlée par un chevalier picard. Comme il était mort excommunié, on l'enterra dans une fosse creusée près du pont de Bénévent, sur laquelle chaque soldat, par pitié de son sort et par estime de sa valeur, se fit un devoir de jeter une pierre. Plus tard, l'archevêque de Cosence, irréconciliable ennemi de Mainfroi, fit déterrer son corps, et le fit transporter au bord de la rivière de Verde, nommée depuis Marino, où il demeura exposé à l'injure du temps et de l'air, en sorte que les habitants du voisinage n'en purent retrouver aucun vestige. 1598 Naissance de Voiture. L'oracle du Salon de Mme de Rambouillet et de la Société des Précieuses était un homme plein d'esprit, de facilité, de charme et de don d'à-propos. Un jour où Voiture lui avait envoyé un petit sonnet qu'il venait de faire et dont il était très content, Mme de Rambouillet le fit imprimer puis relier dans un livre déjà très ancien. Elle laissa négligemment traîner ce livre sur une table, ouvert bien sûr à la bonne page. Lorsque Voiture arriva dans le salon, il aperçut le livre, lut le sonnet et resta stupéfait la bouche ouverte, pendant cinq minutes, ne comprenant plus rien. N'est-ce pas un tour abominable à jouer à un poète ? 1761 Mort à Paris de Joseph-François-Edouard de Corsembleu Desmahis, né à Sully-sur-Loire en 1722. Il était destiné par ses parents à la robe. Son goût précoce pour la poésie les alarma en vain. Ce penchant irrésistible triompha des oppositions de sa famille. Ce fut sous les auspices de Voltaire qu'il débuta dans la carrière des lettres. La droiture de son coeur ne le sauva pas des épines qu'on y rencontre trop souvent, et sa sensibilité fort vive devint pour lui une source d'amertumes. Plus à ses amis qu'à lui-même, il prévenait leurs désirs et oublier ses propres peines, dès qu'ils avaient besoin de ses consolations. « Lorsque mon ami rit, disait-il, c'est à lui à m'apprendre le sujet de sa joie. Pleure-t-il ? C'est à moi de découvrir les causes de son chagrin. » Un de ses rêves les plus doux était qu'un jour l'harmonie règnerait parmi les gens de lettres. Si l'Impertinent ne l'a pas placé au rang des auteurs comiques, on ne peut nier au moins qu'il ne s'y trouve de jolis portraits, des saillies heureuses, et que le caractère principal n'y soit assez bien peint. Modeste avec ses maîtres, il disait : « Content de vivre avec les grands hommes de mon siècle dans le cercle de l'amitié, je n'ambitionne point d'être placé auprès d'eux dans le temple de mémoire. ». Il pouvait prétendre à de plus brillants succès lorsqu'un vomissement de sang l'enleva, dans sa trente-deuxième année, à une carrière que semblait lui tracer la gloire et la fortune. Il s'est peint dans ces vers : A peu de frais, en vérité, Les Dieux peuvent me satisfaire, Qu'ils m'accordent de la santé, Je fais du reste mon affaire. 1808 Naissance d'Honoré Daumier, à Marseille. Ce caricaturiste de génie excellera dans la lithographie et s'appliquera à faire la satire de la vie politique et sociale de son temps. A partir de 1848, il se consacrera à la peinture et à la sculpture. 1823 En France, le député libéral Jacques Manuel est expulsé de la Chambre pour son opposition à l'intervention en Espagne. 1830 Au lendemain de la bataille d'Hernani, la Gazette de France écrit : « Une fable grossière... » 1848 La peine de mort pour raison politique est abolie, mais la liberté d'expression est encore réduite.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13317 messages postés |
| Posté le 26-02-2006 à 22:05:26
| LE 27 FEVRIER ... 1560 Signature du traité de Berwick entre l'Angleterre et les Seigneurs écossais, en vue de chasser les Français d'Ecosse. 1594 Henri IV est sacré roi de France, non pas à Reims, qui tenait encore pour la ligue, mais à Chartres ; non pas avec la sainte ampoule de saint Remi, mais avec celle de saint Martin, qu'on fit venir de Noirmoutiers. Ce fut Nicolas de Thou, évêque de Chartres, qui fit la cérémonie. Les trois ducs et pairs ecclésiastiques furent représentés, à savoir : l'archevêque de Reims par l'évêque de Chartres ; celui de Laon, par l'évêque de Nantes ; celui de Langres, par l'évêque de Digne. Dupeyrat dit qu'à la messe, le roi communia sous les deux espèces du pain et du vin. Le sacre du roi contribua beaucoup à accéléerer la reddition de Paris. 1777 Mort du duc de la Vrillière. Louis Phelipeaux, connu d'abord sous le nom de comte de Saint-Florentin, ensuite sous celui de duc de la Vrillière, devint en 1741 commandeur-secrétaire des ordres du roi. En 1756, il remplaça l'abbé de Pomponne dans la charge de commandeur-chancelier, garde des sceaux des ordres du roi. Ce fut en 1770 que, par l'érection de ses terres en duché, il prit le nom de la Vrillière. Un des phénomènes les plus extraordinaires du règne de Louis XV fut d'y voir en place, pendant plus de cinquante ans, le duc de la Vrillière qui, parmi cette foule de ministres tour à tour disgrâciés, résista seul à tous les orages ; c'est que dans les commencements il excita peu l'envie, et par ses talents, et par le genre de son département. Au demeurant, des qualités éminentes étaient peu nécessaires dans la portion d'administration dont le duc de la Vrillière fut chargé pendant longtemps. Il avait les plus essentielles, l'esprit d'ordre, d'arrangement, d'expédition ; c'était aussi celles dont Louis XV faisait le plus de cas, et le public qui s'en trouvait bien, aimait assez ce secrétaire d'état ; la faveur publique ne s'éloigna de lui qu'au moment où, devenu esclave d'une femme orgueilleuse et avare, il servit d'organe et d'instrument à ses vengeances. Louis XV conserva toujours pour lui une affection inaltérable, et lui en donna quelquefois des preuves signalées. Quand le duc eut une main emportée à la chasse, le roi lui écrivit de la sienne une lettre très affectueuse, et lui dit en le revoyant : « Tu n'as pas perdu qu'une main, et tu en trouveras toujours deux en moi à ton service. » Le duc de Vrillière était membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres. C'est à lui qu'on est redevable du rétablissement du jardin du roi. Il rendit de grands services à la ville de Marseille, qui consacra sa reconnaissance par un tableau et par une inscription, en mémoire de la protection constamment accordée à son commerce par ce ministre.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13317 messages postés |
| Posté le 26-02-2006 à 22:05:57
| LE 28 FEVRIER... 595 Ordonnance de Childebert contre les assassins, dont le premier article porte que « quiconque aura tué un autre méchamment et sans raison, soit puni de mort, sans qu'il puisse se racheter par aucune composition. » C'est qu'anciennement tout meurtrier pouvait racheter sa vie, en donnant une certaine somme aux parents de celui qu'il avait tué. 613 Supplice de la reine Brunehaut (ou Brunehaud, ou Brunichilde), épouse de Sigebet Ier, roi d'Austrasie, et mère de Childebert II. Thierry, roi de Bourgogne, avait laissé en mourant quatre fils, dont le plus âgé n'avait que dix à onze ans ; mais ils furent trahis par leurs propres sujets et livrés à Clotaire, qui les fit égoger. Cette cruelle exécution n'était que le prélude d'une autre encore plus barbare. Brunehaut restait ; la vengeance de Clotaire n'était point pleinement assouvie, ni ses inquiétudes entièrement dissipées. Il se fit amener cette princesse à la tête de son armée, lui fit des reproches aussi indécents qu'infondés, lui imputant des crimes qui étaient, pour la plupart, ou ceux de sa mère ou les siens. La soldatesque criait qu'elle méritait la mort. On la tourmenta durant trois jours ; on la promena par tout le camp sur un chameau ; on lui fit mille insultes et mille indignités ; on l'attacha à la fin à la queue d'un cheval indompté qui, la traînant sur les cailloux, et à travers les ronces et les épines, l'eut bientôt mise en pièces. Les restes de son corps furent livrés aux flammes et réduits en cendres. Ainsi périt, du genre de mort le plus affreux, l'épouse du plus grand monarque qui eût encore régné sur la France ; la fille et la mère de tant de rois ; cette reine que l'évêque Fortunat nous dépeint sous l'image même des grâces et de la beauté ; que Grégoir de Tours nous propose comme un modèle de décence, de vertu, de sagesse et de douceur ; que Saint-Grégoire, pape, nous représente occupée à tout ce que la religion exige d'une pieuse reine, d'une vertueuse régente, et d'une mère véritablement chrétienne. Rien n'est si suspect que ce qui a été décrit contre la mémoire de cette princesse. Il fallait quelques prétextes pour couvrir l'horreur et l'infamie du supplice auquel on n'eut pas honte de la condamner. Il ne fut pas difficile à un roi qui venait d'usurper deux royaumes, et à tant de seigneurs qui avaient favorisél'usurpation, de surprendre la crédulité des peuples, en répandant mille bruits injurieux. 1012 Les Sarrasins abordent en Italie par mer. Ils seront battus, et leur reine ayant été faite prisonnière, on lui coupera la tête. Le roi maure, furieux de la mort de sa femme, enverra au pape un grand sac rempli de châtaignes, en lui faisant dire que l'été suivant, il ramènerait autant de soldats contre lui. Le pape lui reverra, par son messager, le même sac rempli de grains de millet, ajoutant que, s'il revenait, il trouverait autant de guerriers capables de soutenir ses efforts. 1791 Journée dite des poignards. Depuis quelque temps déjà le bruit se répandait qu'on transportait, toutes les nuits, au donjon de Vincennes des armes, des canons, des munitions de toute espèce, et qu'il existait depuis les Tuileries jusqu'à Vincennes un souterrain secret par où le roi et la famille royale devaient s'évader. Aussitôt une foule innombrable s'ébranle pour aller démolir le donjon. D'un autre côté, trois cents particuliers, la plupart militaires ou députés à l'assemblée nationale, redoutant une diversion funeste, se réunissent au château pour défendre la personne du roi. Presque tous étaient armés ; l'amour-propre de la garde bourgeoise qui était de service ne pouvait manquer d'être blessé ; bientôt des ombrages s'élevèrent, des défiances furent semées ; la garde nationale s'échauffa et menaça de désarmer tous ceux qui occupaient les appartements du roi, lequel, instruit de la fermentation qui régnait, sortit de son cabinet et invita les personnes armées à déposer leurs armes : ils obéirent et se retirèrent. En sortant, une partie de la garde, postée sur leur passage, la baïonnette au bout du fusil, voulut les fouiller et les fouilla, excepté MM. de Beauharnais, député de Paris, et Chabert, chef d'escadre, qui déclarèrent qu'ils ne seraient fouillés que morts, et qui passèrent librement. Huit autres furent arrêtés et conduits à l'Abbaye. La garde nationale entra ensuite dans les appartements, et s'empara de tous les pistolets. 1800 La constitution de l'an VIII est ratifiée par plébiscite. La raison d'être de ce plébiscite est de donner le pouvoir aux trois consuls désignés par Sieyès, que sont Bonaparte, Cabacéres et Lebrun ; il a été appliqué avant même que les résultats, truqués, ne soient connus.
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| Posté le 25-09-2006 à 18:36:26
| Origine, histoire, dictons du MOIS DE FÉVRIER (D'après « La légende des mois », paru en 1881) Le second des deux mois ajoutés par le roi Numa au calendrier des Romains fut consacré à Neptune, parce que les pluies, à Rome, étaient très abondantes à cette époque de l'année. Il faut remarquer que, dans le calendrier républicain, février correspond à pluviôse, mois des pluies. On représente ce mois sous la figure « d'une femme vêtue de bleu, la tunique relevée par une ceinture, tenant en ses mains un canard, ayant près d'elle une urne qui verse de l'eau en abondance et à ses pieds un héron et un poisson. » Tous ces symboles indiquent le temps des pluies. Neptune Neptune, fils de Saturne et de Rhéa, par conséquent frère de Jupiter, est le roi des mers. On le représente « debout sur un char en forme de conque et traîné par quatre chevaux marins. Il tient à la main un trident. » Les Grecs adoraient Neptune sous le nom de Poseidon. Neptune disputait à Apollon l'honneur de gouverner la ville de Corinthe. Les deux rivaux demandèrent au géant Briarée, fils d'Uranus, de décider entre eux. Neptune eut l'isthme de Corinthe ; le promontoire fut donné à Apollon. Tous les trois ans, à Corinthe, on célébrait en l'honneur de Neptune les jeux Isthmiques. Des concours de musique et de poésie venaient s'ajouter aux luttes du corps ; le vainqueur recevait une couronne de branches de pin. Ce fut pendant la célébration d'une de ces fêtes, l'an 196 avant Jésus-Christ, que le consul Flaminius proclama, au milieu d'une immense assemblée, l'indépendance de la Grèce. A Rome, les fêtes données en l'honneur du dieu des mers, les Neptunales, étaient célébrées avec solennité le 23 juillet de chaque année. Des temples célèbres étaient consacrés à Neptune. On immolait à ce dieu un cheval et un boeuf et les devins lui offraient le fiel des victimes. Le mois qui nous occupe ne porta pas le nom du dieu auquel il était consacré. Numa l'appela februarius, du mot latin februare, qui signifie purifier. A cette époque de l'année avaient lieu, en effet, des fêtes publiques expiatoires appelées Fébruales . Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l'honneur des morts. En signe de deuil, les magistrats ne portaient que la toge blanche des simples particuliers, au lieu la toge blanche ornée d'une bande de pourpre qu'ils revêtaient d'ordinaire et qu'on appelait la toge prétexte. Des sacrifices étaient faits aux dieux infernaux en l'honneur des morts qu'en voulait honorer. Pendant la durée des fêtes, il n'était permis à personne de se marier. Le 15 février on célébrait les Lupercales, fondées, dit-on, par Romulus et Rémus en l'honneur de la louve (en latin lupa) qui les avait nourris. Des pontifes appelés luperques sacrifiaient aux dieux, durant ces fêtes, des chèvres et de jeunes chiens, et avec des lanières de la peau des chèvres ils fustigeaient les passants. L es luperques, presque nus, frottés d'huile, se rendaient dans une grotte située au pied du mont Palatin et qui avait, dit-on, servi de tanière à la louve qui allaitait Romulus. C'est dans cette grotte, qu'on appelait luperccal, que les sacrifices avaient lieu ; le couteau teint du sang des victimes était essuyé avec un morceau de laine qui avait été trempé dans du lait. Quelques auteurs pensent que les Lupercales avaient lieu en l'honneur du dieu Pan, dont le nom grec lycoeus est dérivé de lycos, lupus . Si cette explication est la bonne, on comprend mieux la nature des sacrifices que les luperques offraient aux dieux. Pan, fils de Jupiter et de la nymphe Callisto, n'a-t-il pas des jambes et des pieds de chèvre ? Et n'est-il pas, comme le chien, le gardien des troupeaux ? D'ailleurs les luperques étaient les sacrificateurs ou, comme l'on disait, les flamines du dieu Pan. Ils formaient deux collèges : les Quintiens et les Flabiens. Le dieu Pan On célébrait encore, le 23 février, les Terminales , c'est-à-dire les fêtes données en l'honneur du dieu Terme, protecteur des limites. On représentait le dieu Terme tantôt sous la forme d'un bloc de pierre brut, tantôt sous la forme d'un pilier à tête humaine. On raconte que lorsque Tarquin le Superbe voulut bâtir un temple à Jupiter, les ouvriers ne parvinrent pas à enlever les statues de Terme et de la Jeunesse qui étaient sur l'emplacement choisi. Les augures consultés annoncèrent que cela voulait dire que la jeunesse de Rome serait éternelle et que ses limites ne seraient jamais diminuées. Les Terminales se célébraient. dans les champs ; sur chaque borne, on élevait un autel et l'on offrait au dieu des gâteaux, des fruits, un agneau, une jeune truie. Signalons enfin parmi les fêtes romaines célébrées en février : les Quirinales, le 17, en l'honneur de Romulus, dont le surnom était Quirinus ; les Fornacales, le 18, en l'honneur de la déesse Fornax (four), qui présidait à la cuisson du pain ; le Régifuge, le 24, dont nous avons déjà parlé. Temple de Neptune L'Église catholique célèbre tous les ans, le 2 février, la fête de la Purification de la Vierge. « Quarante jours après la naissance du Christ, la Vierge vint au temple présenter, pour sa purification, deux tourterelles et deux pigeons. » En ce jour, on faisait autrefois des processions avec des chandelles allumées, d'où le nom de Chandeleur donné à cette fête. Le pape Gélase, en 472, fit supprimer cette cérémonie ; néanmoins le nom de Chandeleur est encore conservé. F évrier se distingue de tous les autres mois par une assez curieuse particularité : c'est le mois pendant lequel les jeunes filles parlent le moins, dit-on. Et les mauvaises langues ajoutent que c'est uniquement parce que février n'a que 28 jours. Le jour complémentaire qu'on ajoute tous les quatre ans à la fin du mois se plaçait autrefois entre le 23 et le 24 février. Toutefois l'Église catholique a conservé l'intercalation romaine. Dans les années bissextiles, la Saint-Matthias, qui tombe d'ordinaire le 24 février, est célébrée le 25 ; les autres fêtes reculent d'un jour, de manière que les anniversaires du 28 se présentent le 29. Lorsque le roi Numa eut introduit deux nouveaux mois, janvier et février dans le calendrier romain, février terminait l'année. Ce fut César qui donna à ce mois le second rang, et la raison paraît assez curieuse. Le nombre deux était considéré par les Romains comme un nombre néfaste, d'abord parce qu'il est pair, et que les nombres impairs seuls plaisent aux dieux : Numero deus impare gaudet ; et ensuite parce qu'il indique toutes sortes de présages funestes. On donna donc le second rang à février parce qu'il était consacré à Neptune en même temps qu'à Pluton, c'est-à-dire au dieu des enfers. C'est pour la même raison que les fêtes en l'honneur des mânes, les Fébruales, avaient lieu le deux du mois. Le dieu Terme En février les jours augmentent d'une manière sensible, de 1h30 environ, à savoir : de 46 minutes le matin et de 44 minutes le soir. Les journées sont encore très froides. Au point de vue météorologique, février présente un phénomène très singulier. Tous les ans, vers le 13 février, on observe pendant quelques jours un refroidissement de la température ; ce phénomène météorologique, avant d'avoir été constaté par les savants, avait été remarqué des agriculteurs, qui donnaient à cette période le nom de saints de glace de février. On les retrouve au mois de mai. Février, disent les agriculteurs, doit être froid et pluvieux pour que les récoltes soient excellentes. Neige, eau, pluie, brouillard de février Vaut du fumier. (Allier, Dordogne) Si février laisse les fossés pleins, Les greniers deviendront pleins. (Charente) Vaut autant voir un loup en son troupeau Que le mois de février beau. (Vaucluse) Quand à Notre-Dame de Chandeleur soleil luit, L'hiver encore quarante jours s'ensuit. (Ardèche, Gers, Tarn) Les agriculteurs redoutent les orages durant ce mois, ainsi qu'on le voit dans les deux proverbes qui suivent : Quand il tonne au mois de février, Toute l'huile tient dans une cuiller. (Aveyron) S'il tonne en février, point de vin. (Nièvre, Deux-Sèvres) En février peu de récoltes : chicorées, choux, épinards, radis... Si le temps est beau, on peut faire quelques semailles : féveroles, pavots, blés de mars. Dans la culture forestière, on sème l'érable et l'aune, quelquefois les glands et les faînes. C'est en février qu'il faut débarrasser les vergers des chenilles qui les dévastent, d'abord parce que l'on sauve ainsi ses récoltes et ensuite parce que la loi punit d'une amende tous ceux qui négligent l'échenillage dans leurs campagnes et dans leurs jardins. Vers la fin du- mois, on procède à la toilette des rosiers, on met en place les roses trémières, on peut enfin labourer les parties du jardin sur lesquelles on veut semer du gazon.
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