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Kaedes
Gardienne Intemporelle
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   Posté le 08-09-2005 à 18:32:45   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

Les Guerres de religions : points de repère.

De 1561 à 1598, la France connait plusieurs guerres entre la majorité catholique, fidèle au pape et à la dynastie, et la minorité protestante (on dit aussi «réformée»), disciple de Calvin.


On distingue huit guerres de religion :

– 1ère guerre de religion (1561-1563) :

L'échec du colloque de Poissy en 1561 et le massacre des protestants de Wassy par le duc François II de Guise le 1er mars 1562 débouchent sur la première guerre de religion.

Le 18 février 1563, le duc François II de Guise est assassiné par un protestant lors du siège d'Orléans. Peu après, le 19 mars 1563, la régente Catherine de Médicis et les protestants signe l'édit d'Amboise. Il autorise le culte réformé en certains lieux comme les maisons des seigneurs hauts justiciers (seigneurs qui ont le droit de rendre la justice).

Inquiets, les bourgeois catholiques des grandes villes, à commencer par Toulouse, constituent des ligues locales et des confréries du Saint-Esprit pour entretenir la foi catholique, mais ils se gardent d'intervenir dans les affaires politiques.

Michel de l'Hospital profite de l'accalmie pour réformer l'administration et renforcer l'autorité du roi. Mais la montée de l'intolérance consacre l'échec de sa politique de conciliation et entraîne son renvoi.


– 2ème guerre de religion (1567-1568) :

La reprise de la guerre est provoquée par la noblesse protestante qu'inquiète le rapprochement de la France avec l'Espagne de Philippe II, farouche chef de file de la Contre-Réforme catholique.

Après une tentative d'enlèvement de Charles IX à Meaux par les protestants et leur défaite à Saint-Denis le 10 novembre 1567, elle débouche sur la paix de Longjumeau, le 23 mars 1568. Le traité renouvelle la paix d'Amboise.


– 3ème guerre de religion (1568-1570) :

La guerre reprend après que la régente Catherine de Médicis ait lancé un ordre d'arrestation contre les chefs protestants Condé et Coligny. La noblesse catholique remporte une première victoire sur les protestants à Jarnac le 13 mars 1569, au cours de laquelle le prince de Condé est tué (après qu'il se soit constitué prisonnier), et une autre victoire à Moncontour le 3 octobre 1569.

La guerre se conclut par le traité de Saint-Germain du 8 août 1570, qui accorde l'amnistie aux protestants, l'exercice du culte dans deux villes par province et quatre places de sûreté : La Charité, La Rochelle, Cognac, Montauban.


– 4ème guerre de religion (1572-1573) :

Le chef des protestants, l'amiral Gaspard de Coligny, tente d'entraîner la monarchie dans une guerre avec le roi d'Espagne, alors en conflit avec ses sujets calvinistes de Hollande.

Catherine de Médicis accepte ou feint d'accepter la guerre contre l'Espagne mais l'opinion publique, c'est-à-dire la petite bourgeoisie des villes, s'émeut et menace de se livrer aux Guise, champions de la cause catholique. Il est vrai que les Espagnols viennent de détruire la flotte turque à Lépante et le prestige de leur roi Philippe II est au plus haut dans les milieux catholiques.

Le 18 août 1572, la reine-mère donne sa fille Margot en mariage à Henri de Navarre.

Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, elle ordonne le massacre des protestants et de Coligny en particulier. Henri de Bourbon, prince de sang, est soigneusement épargné par Charles IX. On relève plusieurs milliers de morts dans toute la France.


– 5ème guerre de religion (1574-1576) :

La 5ème guerre est marquée par la victoire d'Henri de Guise à Dormans et l'exécution du chef protestant Gabriel de Lorges, comte de Montgomery, le 26 juin 1574.

Elle se conclut le 6 mai 1576 par la paix de Beaulieu-lès-Loches, ou paix de Monsieur, car elle est inspirée par le duc François d'Alençon (dit Monsieur), jeune frère du roi Henri III. Ce duc d'Alençon est le chef des Politiques, qui placent l'intérêt national au-dessus des querelles religieuses.

La paix apparaît très favorable aux protestants. Elle leur offre la liberté de culte dans Paris et les villes closes, chambres de justice mi-partites (catholiques et protestantes), huit places fortes réservées aux protestants et la condamnation de la Saint-Barthélémy.

De dépit, les ligues locales formées par les bourgeois catholiques s'unissent et se rapprochent des gentilshommes catholiques et de la famille des Guise. Le mouvement est lancé par Charles d'Humières, qui, en novembre 1576, refuse de livrer la citadelle de Péronne au prince de Condé, un chef protestant nommé gouverneur de Picardie. Il aboutit le 12 mai 1577 à la fondation de la Sainte Ligue «au nom de la Sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Église catholique apostolique et romaine».

Le duc Henri de Guise en prend la tête avec ses frères, le cardinal de Lorraine et le duc de Mayenne.

Troublé, le nouveau roi Henri III réunit les états généraux à Blois le 6 décembre 1576 et annonce la remise en cause de la paix de Beaulieu. C'est à nouveau la guerre.


– 6ème guerre de religion (1576-1577) :

Les Guise l'emportent sur leurs ennemis à La Charité et Issoire. Cette guerre se clôt par le traité de Bergerac du 17 septembre 1577, qui corrige les dispositions de la paix de Beaulieu en autorisant le culte catholique dans les villes protestantes. La Ligue catholique et l'Union calviniste rivale sont officiellement dissoutes.


– 7ème guerre de religion (1580) :

Cette guerre est aussi appelée guerre des Amoureux. Le protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) et sa femme Marguerite de Valois (la reine Margot) qui est installés à Nérac.

Le roi Henri III, qui n'était pas un modèle de vertu, répand des rumeurs sur l'immoralité de la cour de Nérac. Furieuses, Marguerite et ses suivantes poussent leurs galants à reprendre la guerre et les pillages.

Tout cela se termine par la prise de Cahors par Henri de Navarre et la paix signée au château de Fleix (près de Bergerac), le 26 novembre 1580.


– 8ème guerre de religion (1585-1598) :


L'ultime guerre de religion, dite des trois Henri, met au prises Henri de Guise, Henri de Navarre, héritier de la couronne, et le roi Henri III (ex-Monsieur, qui a succédé sur le trône, dix ans plus tôt, à son frère Charles IX).

Elle éclate après qu'Henri III eût signé à contrecœur le traité de Nemours du 7 juillet 1585 avec la Ligue et révoque les concessions aux protestants.

Le protestant Henri de Navarre bat le camp catholique à Coutras le 20 octobre 1587, occasionnant la mort du duc de Joyeuse, favori et mignon du roi Henri III.

Le 12 mai 1588, Henri III est chassé de Paris par la journée des Barricades (mot nouveau forgé à partir des barils utilisés pour l'occasion). Feignant de se réconcilier avec le duc de Guise, le roi l'invite aux états généraux de Blois et le fait assassiner le 23 décembre. Soulèvement de Paris et des grandes villes.

Le Conseil des Seize (nombre de quartiers à Paris) donne au duc de Mayenne, frère du duc de Guise, le titre de lieutenant général du royaume. Il s'agit ni plus ni moins d'un renversement de la dynastie des Valois. Les troupes espagnoles d'Alexandre Farnèse campent à Paris et Rouen.

Henri III, poignardé à Saint-Cloud par le moine Jacques Clément, fait jurer à ses nobles, sur son lit de mort, de reconnaître le protestant Henri de Navarre pour nouveau roi le 1er août 1589 (mort de Catherine de Médicis la même année).

Henri IV va à la rencontre des alliés anglais. Il bat les ligueurs à Arques puis à Ivry, près de Chartres, le 14 mars 1590 («ralliez-vous à mon panache blanc»). Il abjure enfin la foi protestante le 25 juillet 1593 et entre à Paris après avoir acheté la complicité du gouverneur Brissac.

Le duc de Mayenne fait sa soumission après sa défaite à Fontaine-Française le 5 juin 1595.

L'édit de Nantes du 30 avril 1598 consacre la paix religieuse en faisant une place aux protestants.

Avec la paix de Vervins, la même année, les Espagnols quittent le pays.


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Nath
Omnes vulnerant...
Pierre de l'édifice
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   Posté le 18-06-2006 à 14:34:46   Voir le profil de Nath (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Nath   

Aux guerres de religion du 16ème siècle, il faut aussi ajouter les "dernières" guerres de religion qui interviennent au cours du règne de Louis XIII. Le siège de La Rochelle en 1628 marque la fin du conflit où les protestants, emmenés par le duc de Rohan et appuyés par les Anglais, se voient encore réduits par les forces royales catholiques. Le roi accorde néanmoins au parti protestant la paix d'Alès, puis l'édit de Nîmes qui reprend grosso modo les termes de l'édit de Nantes de 1598. C'est la fin des guerres de religion, la révocation de l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau en 1685 sous le règne de Louis XIV ne donne pas lieu à révoltes.
Bastyniz
Bastyniz, le juge fou, niark niark
Pierre de l'édifice
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   Posté le 22-08-2006 à 22:55:51   Voir le profil de Bastyniz (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Bastyniz   

Non juste à la fuite des élites protestantes, ce qui expliquera en partie le léger retard de la France lors de la révolution industrielle, face à l'UK/duchés allemands.

D'un côté ca me refait penser à l'idée générale que L XIV fut un bon roi (et on peut dire qu'il l'a été) mais néanmoins son règne a eu d'énormes conséquences pour le futur, dont les conséquences à l'époque ne pouvait même pas être imaginé. Enfin d'un côté c'est normal car l'actualité est le résultat des actes passés, mais dans ce cas c'est juste ce règne particulier


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"Où manque la force, le Droit disparaît ; où apparaît la force, le Droit commence de rayonner".
Nefredkheperoure
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Pierre de l'édifice
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   Posté le 13-01-2007 à 05:02:56   Voir le profil de Nefredkheperoure (Offline)   Répondre à ce message   http://nefred.over-blog.com/   Envoyer un message privé à Nefredkheperoure   

Comme c'est souvent le cas dans les conflits de ce type, les guerres de religion avaient la religion pour prétexte, alors que les motivations étaient essentiellement politiques ou même simplement des questions d'intérêt financier ou personnel. Certains princes y ont vu l'occasion de s'emparer du pouvoir, ou d'étendre celui qu'ils avaient déjà. Ce qui est intéressant, c'est que c'est le début de la remise en question du rôle politique de l'Eglise ; l'Eglise y perdra déjà une partie de son poids politique, y compris auprès des princes catholiques.

En France, les préjugés sont nombreux sur cette période, en particulier à cause des historiens du XIXe s. Les historiens d'aujourd'hui nuancent beaucoup plus les choses que par le passé.

C'est en tout cas une période très intéressante, même si elle est très violente de part et d'autre.


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