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| Administrateurs : Kaedes |
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| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 28-06-2007 à 21:00:01
| Aspasie de Milet de Danielle Jouanna, Fayard, 2005 Si l’on excepte quelques figures plus ou moins familières – parmi lesquelles la reine d’Égypte Cléopâtre, la sulfureuse Agrippine ou la mathématicienne Hypatie – nous n’avons guère conservé le souvenir de « femmes célèbres » contemporaines de l’Antiquité. « Égérie » de Périclès, Aspasie de Milet fait partie des rares élues qui ne disparurent jamais complètement de la mémoire d’une Europe qui cherchait en Grèce et à Rome ses références culturelles majeures. Venue vers 450 avant J.-C. de cette Grèce ionienne qui avait été le berceau de la philosophie, elle s’établit à Athènes où elle deviendra bientôt la compagne de Périclès, en ce deuxième tiers du Ve siècle qui voit l’apogée de la grande cité de l’Attique, forte de l’empire maritime qu’elle a su constituer à l’issue des guerres médiques. Hétaïre, c’est-à-dire compagne bénéficiant d’un statut supérieur à celui de simple concubine et disposant d’une liberté refusée à l’épouse légitime, Aspasie dispense à ses semblables femmes un enseignement dont le contenu demeure pour nous bien incertain mais qui fait d’elle une personnalité intellectuelle proche de Socrate et de Phidias, admirée par Platon ou Xénophon, attaquée en revanche par les auteurs comiques qui, tel Aristophane, s’en prenaient également à Périclès. Elle ne nous a laissé aucun écrit et nous n’avons d’elle aucun portrait si l’on excepte, peut-être, quelques figures féminines associées à Socrate. Reconstituer le parcours d’un tel personnage constituait donc un lourd défi pour l’helléniste Danielle Jouanna, qui le relève heureusement en combinant une érudition sans faille et un talent de la narration faisant de son récit un modèle du genre. La première moitié de son ouvrage rassemble ainsi tous les éléments susceptibles d’éclairer ce que fut la vie de la célèbre Milésienne. L’originalité majeure de son étude réside cependant dans l’analyse qui y est réalisée de la « postérité » d’un personnage dont l’auteur suit l’évolution depuis la période hellénistique jusqu’à nos jours, à travers les images successives d’une « courtisane » inspiratrice de Périclès, d’une philosophe avide de sagesse, d’un modèle de la galanterie précieuse du XVIIe siècle, d’une animatrice d’un salon littéraire des Lumières, d’une pionnière du féminisme enfin. Autant de représentations successives qui témoignent du rapport entretenu par chacune des époques concernées avec la culture antique et avec la femme.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 21-07-2007 à 11:24:55
| Kaedes a écrit :
Les Etrusques de Jean Paul Thuillier, Editions du Chêne, 2006 Le souvenir des Tarquins et les somptueux décors des tombes de Cerveteri, de Tarquinia ou deVulci – qui enthousiasmèrent tant D. H. Lawrence – constituent toujours les points de repère ordinaires de toute personne cultivée quand ils s’agit des Etrusques, dont on se rappelle également qu’ils ont transmis à Rome la science augurale. Si l’on excepte ces quelques réminiscences des anciennes formations classiques, les Tusci – qui donnèrent leur nom à l’une des plus belles régions d’Italie – apparaissent bien oubliés du grand public, rejetés dans l’ombre par les grandeurs de Rome qui entama en rejetant leur domination son irrésistible ascension. Un mystère des origines continue de planer sur ce monde étrusque disparu depuis vingt-cinq siècles dont la civilisation serait originaire, par certains de ses traits caractéristiques, de l’Asie mineure phrygienne. Porteurs d’une langue originale étrangère à la koiné indo-européenne, les Etrusques ont failli réaliser – durant la période d’apogée de leurs cités, entre les VIIe et Ve siècles avant notre ère – l’unité de l’Italie. Ouverts sur le monde des colonies grecques installées dans le sud de la péninsule mais aussi sur les espaces septentrionaux de la plaine du Pô, des Alpes, de l’Europe centrale et des régions où fleurit alors la civilisation celtique de Halstatt, ils ont développé un brillant artisanat et multiplié les échanges commerciaux avec leurs voisins. A l’inverse, alors que Rome n’en était encore qu’aux époques semi-légendaires de son histoire, ils ont été incapables de bâtir une puissance politique à la mesure du degré supérieur de civilisation auquel ils étaient parvenus. Moins réceptifs que leurs rivaux du Latium aux innovations venues d’ailleurs, privés d’une véritable volonté de puissance, ils ont reproduit un modèle culturel resté très traditionnel, aussi bien dans le domaine religieux que dans leurs formes d’expression artistique. La découverte de ce monde étrange – que nous révèlent les scènes de banquet funéraire découvertes en si grand nombre dans les tombes toscanes fouillées et pillées depuis le XIXe siècle – nous montre également les limites d’une civilisation qui, tout ouverte qu’elle fût aux influences helléniques, demeura tout au long de sa durée foncièrement conservatrice, se privant peut-être ainsi de l’opportunité de jouer dans le concert méditerranéen le rôle qui revint finalement à la cité des bords du Tibre. Spécialiste de la question et directeur du département des sciences de l’Antiquité à l’Ecole Normale Supérieure, Jean-Paul Thuillier était l’historien le mieux à même d’offrir au grand public cultivé une synthèse accessible, enrichie de plus d’une très copieuse iconographie. |
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 21-07-2007 à 11:27:50
| Kaedes a écrit :
* Les Hittites - Kurt BITTEL - GALLIMARD , L’Univers des Formes. * Les Hittites - Louis DELAPORTE - LA RENAISSANCE DU LIVRE . * Les Hittites - James G. MACQUEEN - ARMAND COLIN , Civilisations. * Les Hittites / Dossiers d’Archéologie / N° 193 - Mai 1994. |
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 21-07-2007 à 11:29:42
| Kaedes a écrit :
Les persécutions dans l’Antiquité. Victimes, Héros, Martyrs Marie-Françoise Baslez, Fayard, 2007 Négligées au cours des dernières décennies par les historiens des premiers temps chrétiens, méfiants vis à vis de la tradition hagiographique, le phénomène des persécutions est abordé de façon originale et son approche est largement renouvelée par Marie-Françoise Baslez, spécialiste des religions du monde gréco-romain, professeur à l’Université de Paris XII et auteur, aux éditions Fayard, de deux ouvrages remarqués, un Saint Paul et Bible et Histoire : Judaïsme, hellénisme, christianisme. Avec Les persécutions dans l’Antiquité. Victimes, héros, martyrs, elle nous rappelle que la persécution ne fut pas une exclusivité des premiers chrétiens. Le procès de Socrate ou les poussées de fièvre antijudaïques qu’a connues l’Alexandrie hellénistique et romaine en témoignent. L’auteur insiste surtout, et c’est en cela que son ouvrage apparaît le plus novateur, sur les représentations collectives qui commandent dans une large mesure « l’intolérance » du temps, ce dernier terme pêchant évidemment par anachronisme mais venant spontanément à l’esprit de nos contemporains découvrant la situation de cette époque. Les rapports entre la mort volontaire, propre à l’univers mental des anciens Romains et le martyre chrétien, la dimension civique que prennent les dissidences religieuses et le scandale qu’elles constituent – avec le refus de célébrer un culte impérial perçu comme un nécessaire ciment social – montrent que la dimension « politique » du phénomène est sans doute aussi importante que ses aspects purement religieux. Enfin, l’auteur montre que les logiques qui ont commandé la persécution antichrétienne des trois premiers siècles ont perduré dans l’affrontement entre l’orthodoxie, telle qu’elle se définit à partir du concile de Nicée et les diverses hérésies arienne, nestorienne ou monophysite qui apparaissent à l’occasion des querelles théologiques relatives à la nature du Christ. |
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 21-07-2007 à 11:45:37
| Kaedes a écrit :
Macédoine byzantine. Histoire de l’art macédonien du IXe au XIVe siècle Sacho Korunovski et Elizabeta Dimitrova, Editions Thalia, 2006 Professeurs à Ohrid et à Skopje, les deux auteurs de cette Macédoine byzantine, tous deux spécialistes de l’histoire de l’art médiéval, plus précisément de l’art byzantin dans les Balkans, nous proposent un magnifique voyage dans une province trop méconnue de la culture européenne, cette Macédoine qui fait l’objet de tant de tiraillements avec le voisin grec soucieux de l’annexer à l’espace de l’hellénisme alors qu’elle entend affirmer, sur les ruines de l’éphémère Yougoslavie (que représentent les soixante-dix ans de son existence au regard du millénaire d’histoire dont il s’agit ici), une identité propre qui ne peut correspondre à l’histoire d’un Etat mais qui peut trouver dans son héritage culturel les éléments nécessaires à sa définition. Après les premières réalisations contemporaines de l’an mil, ce sont les créations des XIe et XIIe siècles, dites de la période médio-byzantine, qui retiennent l’attention des auteurs. Les églises de Nerezi, de Vodoca, d’Ohrid et les fresques qu’elles abritent nous apparaissent comme un premier trésor, que nous révèle une iconographie de très haute qualité. Le XIIIe siècle et l’époque des Paléologues constitue une autre séquence de l’histoire de l’art macédonien, celle de son parfait accomplissement, illustrée par les sanctuaires de Monastir, de Kastoria, de Prilep ou de Veles ainsi que par les merveilles d’équilibre et d’élégance que sont les petites églises de Lesnovo de Polosko ou de Stip. C’est le temps de l’apogée de l’art de la fresque à Saint-Clément d’Ohrid, à Saint-Nicolas de Prilep ou à Saint-Michel Archange de Lesnovo mais aussi celui des grands chefs-d’oeuvre de la peinture d’icônes avant que la nuit ottomane ne s’abatte sur les Balkans. |
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 21-07-2007 à 11:47:52
| Kaedes a écrit :
Assurbanipal, roi d'Assyrie Daniel Arnaud, Fayard, 2007 Historien et épigraphiste spécialiste du Proche Orient ancien, Daniel Arnaud est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et c’est à ce titre que, deux ans après nous avoir proposé un ouvrage consacré au néobabylonien Nabuchodonosor, il remonte légèrement dans le temps en se déplaçant vers le nord pour nous présenter Assurbanipal, sans doute le plus connu des souverains assyriens, qui régna sur Ninive et son Empire de 668 à 630 avant J.-C. L’auteur voit dans ce long règne « un succès politique, économique et artistique continu » et voit dans la beauté et la perfection des bas-reliefs réalisés alors une raison suffisante pour porter un jugement positif sur l’homme et sur son oeuvre. Celle-ci est bientôt anéantie par les Mèdes à partir de - 615 car ces envahisseurs venus des plateaux étendus plus à l’est, au-delà des monts Zagros, mettent alors un terme à ce qui avait été la puissance d’Assur. Quelques décennies auparavant, celle-ci atteignait pourtant son apogée sous le règne d‘Assurbanipal, fils d’Assarhaddon, roi aussi guerrier que l‘avaient été ses prédécesseurs, qui acheva le siège de Tyr et conclut victorieusement, avec la prise de Thèbes, la campagne conduite en Egypte. Il brise la longue résistance de l’Elam et incendie en - 648 Babylone où il défait son frère Shamash-Shumukin. Monarque par ailleurs raffiné, il consacrait une bonne partie de son temps à la chasse – ce qui nous a valu l’admirable relief de la Lionne blessée du British Museum – et au rassemblement des ouvrages appelés à constituer, à Ninive, sa brillante « bibliothèque ». On suppose que son personnage a inspiré la figure légendaire de Sardanapale dont la mort a été immortalisée par Delacroix mais ce n’est pas la légende que retient Daniel Arnaud, qui exploite au mieux la documentation disponible pour reconstituer ce que fut cet empire guerrier que son centre de gravité sur le cours supérieur du Tigre prédisposait à dominer les marches sumériennes, élamites et babyloniennes du sud, tout autant que l’espace syrien abandonné par les Mittaniens et les Hittites à la fin du IIe millénaire, au point d’étendre un temps son autorité sur l’Egypte. Rien ne pouvait en revanche contenir la poussée des Mèdes venus du plateau iranien. L’empire d’Assur s’imposait par la force et la terreur mais il était générateur d’ordre alors que les nouveaux venus se contentèrent d’anéantir, avant de rejoindre les vastes espaces du plateau iranien où les Perses achéménides parviendront à les vaincre avant de succéder aux Assyriens comme maîtres de l’ancien Orient. |
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| | Nefredkheperoure | | Qui boit l'eau du Nil... prend des risques ! | | Pierre de l'édifice |  |  | | 1253 messages postés |
| Posté le 29-01-2008 à 11:50:09
| Christiane DESROCHES NOBLECOURT, Ramsès II, la véritable histoire , éd. Pygmalion / Gérard Watelet, Paris, 1996 (427 p.) : une référence passionnante par cette grande dame de l'égyptologie. Un indispensable ! Joann FLETCHER, Le Roi-Soleil de l'Egypte : Aménophis III - Les mémoires du plus glorieux des Pharaons , éd. Acropole, 2000 (176 p.) : un très bon ouvrage tout public, magnifiquement illustré, avec en annexes l'entourage familial d'Aménophis III, une courte bibliographie, un petit glossaire et un index. Janice KAMRIN, Hiéroglyphes de l'Egypte ancienne - Guide pratique : inititation à l'écriture et à la langue , éd. Hermé, Paris, 2005 (255 p.) : extrêmement bien fait et simple d'approche, une des références actuelles pour les débutants. Grégoire KOLPAKTCHY, Livre des Morts des anciens Egyptiens , éd. de l'Omnium Littéraire, Paris, 3e éd. 1973 ( 327 p.) : traduction établie d'après le texte hiéroglyphique publié en 1895 à Londres par Wallis Budge, donc basée sur le papyrus d'Ani. E. A. WALLIS BUDGE, The Egyptian Book of the Dead - The Papyrus of Ani, éd. Dover, New York, 1967 (377 p.) : reproduction intégrale du texte de 1895, avec texte hiéroglyphique, translittération et traduction en anglais ; bilbiographie. Un indispensable !
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