| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 20-06-2006 à 21:19:59
| Mari Aujourd'hui Tell Hariri, dans l'est de la Syrie. Avant les fouilles d'André Parrot, cette civilisation était totalement inconnue. C'est dire si les découvertes qui y ont été faites depuis les années 1930, dont près de 15 000 tablettes, ont considérablement enrichies les connaissances archéologiques sur la Syrie antique mais aussi sur toute la Mésopotamie au début du IIe millénaire.
La région de Mari, que traverse l'Euphrate, est impropre à l'agriculture en raison de l'insuffisance des eaux pluviales. Les fouilles archéologiques ont permis le repérage, sur la rive droite de l'Euphrate, de plusieurs canaux dont certains ont manifestement servi aux cultures. Un canal directement relié à l'Euphrate assurait l'approvisionnement en eau de la cité et permettait certainement aussi aux bateaux de venir jusqu'au port. Sur la rive gauche, un canal de 120 km de long devait permettre la remonte du fleuve par halage.La naissance de Mari s'explique aisément dans ce contexte : la cité apparaît comme un point de contrôle du trafic qui empruntait la voie fluviale entre la Syrie septentrionale, la plaine du Khabur, le piémont du Taurus et la plaine mésopotamienne. Le paiement des taxes assurait à la cité des revenus qui expliquent sa richesse à certaines époques. Attestée depuis le début du IIIè millénaire, la cité a été fondée au XXIXe siècle selon un plan circulaire de 1900 mètres de diamètre. Elle était entourée par une digue destinée à la protéger des très grandes et exceptionnelles inondations. Le cœur de la cité était protégé par un rempart, épais de six mètres, renforcé de tours et percé de plusieurs portes. Aucun monument de cette période n'a encore été mis à jour. Cette première ville semble avoir été complètement abandonnée vers 2650 av. J.-C. pour des raisons inconnues. Epoque des Dynasties Archaïques (XXIX - XXIVè siècles av. J.-C.) Une nouvelle ville apparaît vers 2500. Mari atteint durant la période qui s'ouvre une première apogée. C'est durant cette période que doit être construit l'Enceinte Sacrée (vouée à une divinité inconnue), les temples d'Ishtar, de Nini-zaza, d'Ishtarat, de Shamash et la terrasse cultuelle conue sous le nom de le "massif rouge", ainsi que des quartiers d'habitations et des entrepôts commerciaux. Si l'on se fonde sur l'importance des travaux architecturaux menés dans la cité et sur la qualité de l'atelier de sculpture, cette période a été particulièrement brillante : c'est à la fin de cette époque que l'école des sculpteurs de Mari a joué un rôle de premier plan. Parrot et son équipe ont retiré des temples d'innombrables statuettes en albâtre représentant l'intendant Ebih-Il, la danseuse Our-Nanshe ou le roi Lamgi-Mari.
Mari domine alors les échanges commerciaux entre la Syrie et la Mésopotamie. C'est une période prospère où s'épanouit aussi sa voisine Ebla. Après 150 ans de prospérité, cette cité s'effondre après la conquête de Naram-Sîn.
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