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| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 14-07-2006 à 16:32:34
| Les penseurs antiques Leurs leçons pour être heureux malgré tout Dans un monde souvent dur et chaotique, les philosophes grecs et romains ont tenté de construire les chemins du bonheur intérieur. Ces modèles ne manquent pas de grandeur. Ils ont aussi des limites. Roger-Pol Droit L'Antiquité était violente, bien au-delà de tout ce que nous connaissons. Guerres, massacres, expéditions punitives étaient monnaie courante. Personne ne s'offusquait de la peine de mort ni des châtiments corporels. La torture se pratiquait ouvertement. Les îlots de liberté civique étaient rares ou éphémères. Depuis les anciens tyrans des premières cités grecques jusqu'aux empereurs romains du déclin, le plus fréquent est de voir l'arbitraire du pouvoir n'épargner personne. Quelques régions et quelques époques mises à part, les voyages étaient risqués - routes peu sûres, mers piratées. Si l'on ajoute la fragilité de la médecine, la fréquence des épidémies, peste ou autres, on peut commencer à comprendre que les philosophes aient songé, dans ce chaos, à bâtir une citadelle intérieure où se réfugier. Ils nous ont transmis le plan de ces forteresses mentales, les matériaux à utiliser, les voies d'accès. Ces refuges antiques nous intéressent de plus en plus. Parce que la violence revient ? Ce serait trop simple. Nous avons pourtant le sentiment que les chercheurs de sagesse de l'Antiquité ont déjà eu affaire, en leur temps, à cent questions qui sont aujourd'hui les nôtres. Certaines sont éternelles : brièveté de l'existence, vanité des honneurs ou insatisfaction permanente de la vie dispersée. D'autres reviennent, s'éclairent d'un jour nouveau. De siècle en siècle, ces philosophes n'ont cessé de voir des valeurs morales en péril, des croyances traditionnelles en voie de disparition. Ils ont répété que la confiance s'estompe et que la débauche s'étend. Ils semblent même avoir tout connu de ce que nous constatons : corruption, rivalités au sommet du pouvoir, scandales, irruption de la vie privée dans la vie publique, mais aussi choc des civilisations, fortunes immenses et pauvreté populaire, inégalités vertigineuses. Comment, dans ces conditions, ne pas leur prêter attention ? D'autant plus que ce qu'ils ont tenté peut fasciner encore : être heureux malgré tout - voilà l'unique projet qui leur est commun, même si leurs moyens pour le réaliser sont distincts, voire opposés. Contre l'éphémère et le fugace, tous visent une sérénité stable, soustraite aux aléas et aux fluctuations du hasard. Contre l'anarchie des désirs et la multiplicité des crises, ils cherchent à trouver la satisfaction la plus profonde et la plus conforme à notre nature, celle qui ne déçoit pas. Cette quête ultime, ils entendent aussi la mener sans le secours d'aucune révélation, par les seuls pouvoirs de la raison. En ce sens, ils mettent le divin à hauteur d'homme. Des chemins distincts . Cet homme égal aux dieux a pour eux le visage du sage. Il faut entendre par là l'homme pleinement réalisé, débarrassé des illusions et des erreurs qui engendrent le malheur ordinaire. C'est un idéal, il ne sera peut-être jamais atteint, on doute qu'un seul homme jamais ait été sage, mais on peut tenter de s'approcher de cette perfection. Il existe plusieurs voies différentes. Toutes sont célèbres et distinguent entre elles les écoles de sagesse de l'Antiquité. Les disciples de Platon et d'Aristote vont privilégier la contemplation du vrai et la recherche des connaissances, convaincus que le bonheur suprême réside, avant toute chose, dans la vie intellectuelle. Les cyniques soutiennent au contraire que seuls comptent les actes : pour vivre heureux, nous devons rejoindre la nature, nous défaire de tous les carcans de la société et de ses règles artificielles. Selon les épicuriens, le plaisir en repos, la paix du corps et de l'âme constituent la clé de ce bonheur « divin » qui est accessible aux humains, à la condition qu'ils apprennent à se défaire de leurs désirs inutiles, donc à se tenir dans les simples limites de leur corps. Seule la volonté, aux yeux des stoïciens, peut garantir la pérennité de notre bonheur, car elle seule dépend de nous et n'est pas soumise, comme le corps, aux aléas extérieurs. Le doute lui-même est transformé par les sceptiques en refuge pour la sérénité : si nos jugements ne sont pas fiables, si aucune certitude ne nous est réellement accessible, nous n'avons plus à nous tourmenter à ce sujet. On remarquera que ces méthodes, impérissables et divergentes, ont en commun d'opérer une scission. Le monde aurait deux versants. On se sépare de celui qui égare et illusionne pour rejoindre celui qui servira de refuge. Les platoniciens, amis des Idées, se détournent du monde sensible et de ses changements incessants. Les cyniques, qui veulent coller à la nature, rompent avec l'ordre des lois et des normes sociales d'où sont censés provenir nos malheurs. Les disciples d'Epicure se retranchent de la Cité, de son organisation politique, pour se réfugier dans une communauté restreinte d'amis en confiance. Les stoïciens croient pouvoir se rendre indépendants du corps et de ses vicissitudes pour se replier dans la « citadelle intérieure » qu'ils estiment pouvoir maîtriser entièrement. Les sceptiques gagnent leur sérénité paradoxale en disant adieu à la poursuite même de la vérité. Sans doute, dans ce mouvement général de repli et de retrait, y a-t-il une réelle grandeur. De ces expérimentateurs d'existence que furent les chercheurs de sagesse de l'Antiquité, il serait vain de nier que nous avons toujours beaucoup à apprendre. Sur le gouvernement de soi et sur l'usage des plaisirs, comme Michel Foucault l'avait discerné, ils ont à nous donner encore bien des leçons. On pourrait ajouter qu'à mesure que s'intensifient la superficialité, la dispersion, le règne de l'émotionnel qui marquent notre époque, ces maîtres de sagesse deviennent plus nécessaires que jamais. Malgré tout, ce serait une erreur d'en attendre trop. Les limites du retrait. Concernant nos crises personnelles - déceptions, deuils, stress et autres -, il y aura, évidemment, toujours de quoi faire avec certains des conseils de sérénité des Anciens. On pourrait certes mettre en question leur idéal de calme - pas de trouble, pas de souffrance, à la limite peu d'affect, pas d'attachement - et préférer une vision de l'existence plus tragique, moins sereine. On peut opposer à leur bonheur stable le choix d'une intensité, éventuellement tragique. Ce serait un autre débat. La vraie question est celle de leur pertinence pour les enjeux de notre époque. Elle est limitée par deux faits majeurs. Le premier est l'inadéquation entre ces sagesses du repli individuel et les crises globales que nous avons à résoudre. De la crise de l'énergie aux risques de pandémie, de l'utilisation des réserves d'eau à la démographie, des changements climatiques à l'organisation du commerce, les enjeux cruciaux de notre époque sont à la fois impossibles à esquiver et marqués par une totale interdépendance planétaire. Ces questions, inimaginables pour les penseurs de l'Antiquité, requièrent des réflexions très différentes des leurs, prenant en compte la politique et l'Histoire dans leur dimension collective et leur nécessaire solidarité. Le second fait est sans doute plus difficile à entrevoir. Notre sentiment d'avoir affaire à des conseils de sagesse éternels est peut-être en partie trompeur. L'individu, sous Périclès ou sous Néron, n'est pas nécessairement identique à ce qu'il est aujourd'hui. Sa définition, ses attributs, son organisation interne ont changé au cours de plus de deux mille ans, en particulier sous l'impact profond du christianisme. Celui-ci décline depuis longtemps déjà, mais cette situation ne nous ramène pas à la case « Antiquité ». On continuera donc à lire avec délectation Socrate ou Sénèque, Epicure ou Marc Aurèle. Mais en gardant en tête la distance des siècles existant entre eux et nous. On imagine le lecteur frustré. Comment donc ? Ces philosophes qui ont inventé des moyens de se soustraire aux crises internes que provoquent la maladie, l'ambition, l'angoisse de mourir, nous devrions les tenir à distance ? Les considérer comme inadéquats à notre temps, les juger inefficaces pour ce qui nous occupe ? Va-t-on donc conclure qu'ils ne servent à rien ? Qu'on se rassure. Il n'est pas question de renvoyer ces maîtres aux oubliettes. Il s'agit seulement de ne pas les croire trop vite, et trop naïvement, nos contemporains. Car ils nous parlent d'un temps que les modernes ne peuvent pas connaître, où les philosophes n'étaient pas fonctionnaires, ni toujours professeurs ni même nécessairement auteurs de livres. Une époque faussement proche, où les doctrines étaient des modes de vie, au point qu'on pouvait dire, comme Sénèque : « La philosophie enseigne à faire, non à dire. » En ce temps-là, que nous aurions tort de croire si vite revenu, les pensées étaient aussi, pour une large part, des thérapies : « Vide est le discours du philosophe s'il ne contribue pas à guérir la maladie de l'âme », dit une sentence épicurienne. La frontière était floue entre penser juste et soigner. Du coup, c'est sans doute vers un médecin, et non des moindres, qu'il faudrait se tourner pour trouver une conception plus adaptée à notre temps que les sagesses de la scission et du retrait. Hippocrate, dans la Grèce classique, développe en effet, de manière singulièrement pertinente, l'idée même de crise : c'est bien une perturbation, un déséquilibre, mais c'est tout autant le signe d'un rééquilibrage, un processus de restauration de la santé. Il convient donc de la traverser, de l'accompagner de manière appropriée. Des crises, en ce sens, on ne peut s'abstraire. Celui qui sait ne cherche pas à les contrecarrer. Sérénité ?
Citation :
Pythagore Né à Samos vers 570 avant notre ère, mort à Métaponte vers 480 L'ordre du monde « C'est Pythagore le premier qui a donné le nom de cosmos à l'enveloppe de l'univers en raison de l'organisation qui s'y voit. » Aetius, « Opinions des philosophes », II, 1,1. Il est difficile de démêler réalité et légende dans les témoignages, souvent tardifs, qui concernent Pythagore. Nous ne possédons, en effet, aucun texte qui puisse lui être attribué avec certitude. Plusieurs biographies de ce fondateur, qui aurait inventé le terme « philosophe », sont même truffées d'épisodes fantastiques, comme celle rédigée par Jamblique vers le début du IVe siècle de notre ère. En tout cas, le nom de Pythagore est associé à l'idée qu'il existe une structure mathématique de la réalité, susceptible d'en expliquer l'ordonnancement. Cette conception d'un ordre logique du cosmos, auquel notre raison peut accéder, aura une grande influence sur toute la pensée grecque, de Platon jusqu'aux stoïciens. Cette conception est évidemment fondamentale pour l'idée de sérénité : c'est en comprenant l'ordre de l'univers que le sage échappe au piège des crises inutiles. A lire Jamblique, « Vie de Pythagore », traduction et notes de Luc Brisson et Alain-Philippe Segonds (Les Belles Lettres, 1996). |
Citation :
Socrate Né à Athènes en - 470, mort à Athènes en 399 La sérénité de la parole vraie « Je crois profondément que je ne dirai rien qui ne soit juste. Ainsi que personne n'attende de moi autre chose. » « Apologie de Socrate », 17 b. Le procès de Socrate et sa condamnation à mort par le verdict populaire furent pour Platon la crise majeure, affectant la parole, la justice, la Cité, et en un sens l'ordre du monde. Car à ses yeux la mise à mort du juste contrevient évidemment à cet ordre. Il faut souligner combien, dans cette crise, Socrate place sa sérénité dans la confiance accordée à la parole juste, celle qui dit simplement ce qui est, sans chercher à séduire ni à détourner l'attention. Au coeur de cette confiance, il n'y pas seulement un parti pris de vérité. Ce qui l'habite est la conviction éthique que la vertu contient sa propre récompense (l'homme juste est heureux) et l'injustice son propre châtiment (l'homme injuste engendre son malheur). Il n'y a pas, pour Socrate, de bonheur dans le crime. A lire - Platon, « Apologie de Socrate », traduction et notes de Luc Brisson (GF Flammarion). |
Citation :
Antisthène Né à Athènes vers - 444 et mort en - 365 Des actes plutôt que des mots « La vertu relève des actes, elle n'a besoin ni de l'aide des longs discours ni de celle des connaissances. » Rapporté par Diogène Laërce, « Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres ». Elève de Socrate, Antisthène est tenu pour le fondateur de l'école cynique. Sa réponse à la crise des valeurs passe par un changement radical de mode de vie. Au lieu de discuter indéfiniment sur ce qu'est le bien, mieux vaut faire une action qu'on puisse dire bonne. Les actes sont des exemples, ils enseignent plus et mieux que de longs traités. A ses yeux, un maître n'est donc pas celui qui parle à ses disciples, mais celui qui leur montre, par son mode de vie, la voie de la vertu. Celle-ci commence quand on parvient à s'affranchir de tout ce qui est inutile. Pour ne pas souffrir, Antisthène s'exerçait à endurer le froid, la chaleur, la faim ou la soif et vivait dans la plus complète pauvreté. C'est lui qui montra la voie à Diogène. A lire Marie-Odile Goulet-Cazé, « L'ascèse cynique » (Vrin, 1986). |
Citation :
Diogène Né à Sinope vers - 410, mort à Athènes vers - 323 Vivre sans attaches « [Diogène] était sans crainte du tyran, n'était pas contraint par la loi, pas occupé par la vie publique, pas étouffé par l'éducation des enfants, pas emprisonné par le mariage, pas retenu par le travail de la terre, pas troublé par les campagnes militaires, pas détourné de sa route par le commerce. Il se moquait au contraire de tous les hommes qui s'adonnent à de telles activités, tout comme nous nous moquons des petits enfants. » Maxime de Tyr, « Dissertation XXXVI », 5. L'homme qui vivait dans un tonneau et demandait à Alexandre de s'ôter de son soleil considérait les lois et les normes comme les vrais fauteurs de crise. Sa route directe vers le bonheur, cette « voie courte » propre aux cyniques, consiste à vivre selon la nature. Cela impliquait de se défaire de la pudeur, des honneurs, et de la piété envers les dieux. Il s'agit de désapprendre la civilisation. Portant à sa limite le retour à la nature, Diogène aurait même fait l'éloge du cannibalisme et de l'inceste, sans que l'on sache si c'était par jeu et par provocation, ou bien par l'effet d'une sérénité devenue folle. A lire Marie-Odile Goulet-Cazé (dir.), « Le cynisme ancien et ses prolongements » (PUF). |
Citation :
Épictète Né à Hiérapolis en Phrygie vers 50 et mort à Nicopolis (Epire) vers 125 Vouloir ce qui advient « Ne cherche pas à ce que ce qui arrive arrive comme tu veux, mais veuille que ce qui arrive arrive comme il arrive, et le cours de ta vie sera heureux. » Arrien, « Manuel d'Epictète », § 13. Esclave affranchi devenu maître à vivre, Epictète, l'un des représentants du stoïcisme romain, était célèbre pour son mépris de la douleur et la rigueur de sa morale. Avec lui, la doctrine grecque de Zénon et de Chrysippe finit de prendre une tournure pratique et populaire. La santé, la beauté, la richesse, les honneurs ne dépendent pas de nous, au sens où, quels que soient nos efforts, le résultat est toujours incertain. En revanche, quelles que soient les circonstances, notre volonté est en notre pouvoir. C'est pourquoi, faute de réorganiser l'ordre du monde, je peux faire, selon Epictète, que ma volonté acquiesce à ce qui advient. A lire Arrien, « Manuel d'Epictète », introduction, traduction et notes de Pierre Hadot (Le Livre de Poche, n° 4661). |
Citation :
Sénèque Né à Cordoue en 4, mort à Rome en 65 Etre toujours prêt à tout quitter « Ne vois dans tout ce qui t'entoure que du mobilier d'auberge : tu n'es là que de passage. » « Lettres à Lucilius », 120, 18. Ne pas s'attacher est un des grands thèmes du stoïcisme et de Sénèque en particulier. Il faut l'entendre dans toute son ampleur : ne s'attacher ni aux choses, ni à l'argent, ni aux gens, ni aux siens, ni même à la vie. Non pas par mépris de ce qui peut être délicieux dans tout cela, mais par souci de ne pas se tromper d'attachement. La vertu, l'ordre du monde seuls valent qu'on s'y attache. Tout le reste est transitoire et doit pouvoir être quitté aussi sereinement qu'on sort d'une auberge, repas pris, sans emporter la table. Sans doute pourrait-on dire que cet éloge du détachement est plus facile quand on possède, comme ce fut le cas de Sénèque, une des plus grosses fortunes de son temps. Ce serait lui faire un mauvais procès. Quand arriva le moment de mourir, sur ordre de Néron, dont il avait été précepteur, Sénèque s'appliqua au suicide sans trembler, en consolant sa femme et ses serviteurs. A lire Sénèque, « La vie heureuse », et « La brièveté de la vie », traduction de Pierre Pellegrin et José Kany-Turpin (GF Flammarion n° 1244). |
Citation :
Plotin Né à Lycopolis (Egypte) vers 205, mort en Campanie en 270 Soi-même comme un autre « Se connaître soi-même, c'est se connaître non plus comme un homme mais comme devenu totalement autre, en s'étant arraché soi-même en haut, pour n'entraîner que le meilleur de l'âme. » « Ennéade », V, 3 (49). Avec Plotin, on aborde un continent spirituel qui doit beaucoup à l'héritage de la rationalité grecque classique mais s'en distingue aussi, de manière radicale, par sa dimension proprement mystique. La sérénité n'est plus une simple affaire de volonté, de droiture morale ou de compréhension juste de la réalité. Elle devient affaire d'extase et d'union mystique, de retour de l'âme vers l'Un, expérience d'une sagesse plus haute que les discours et les raisonnements. Les maux et les crises proviennent pour Plotin du « composé », animal formé de l'âme et du corps. Ce n'est qu'en retournant à son lieu originaire que l'âme, enfin délivrée, retrouve et sa vraie nature et la béatitude. A lire Pierre Hadot, « Plotin ou la simplicité du regard » (Folio essais, n° 302). |
Citation :
Porphyre Né à Tyr en 234, mort à Rome en 305 Se détacher des sensations « Il y a ici bas deux sources qui jaillissent pour enchaîner l'âme. [...] Ces deux sources sont le plaisir et la douleur. Plaisir et douleur ont pour causes productrices la sensation [...] Il faut donc, de toutes ses forces, se détacher des sensations. » « De l'abstinence », I, 33. Disciple de Plotin, Porphyre est un des représentants les plus illustres du néoplatonisme, où se mêlent à la fois l'héritage de Platon et des influences venues des religions d'Orient. Bien qu'il fût un adversaire résolu du christianisme, Porphyre prône le rejet du corps, le détachement et conseille de multiples pratiques de l'austérité. Il a notamment soutenu la nécessité du végétarisme le plus strict pour parvenir à éviter les effets néfastes du régime carné sur l'âme. Ce volumineux traité en trois volumes, loin d'être indigeste, constitue l'une des plus précieuses sources d'informations sur les pratiques ascétiques de l'Antiquité. A lire Porphyre, « De l'abstinence », traduction de Jean Bouffartigue (Les Belles Lettres [3 vol.]). |
Citation :
Boèce Né à Rome vers 480, mort à Pavie en 524 Le regard du juge suprême « Toutes nos actions s'accomplissent sous les yeux d'un juge à qui rien n'échappe. » « Consolation de la philosophie ». Arrêté, emprisonné, torturé, injustement accusé de trahison, le sénateur Boèce, haut personnage romain chrétien, rédige dans sa cellule ce livre qui sera l'un des plus populaires du Moyen Age et de la Renaissance. En 39 moments de prose alternant avec autant de poèmes, Philosophie elle-même s'adresse à lui pour le convaincre que les vrais biens sont en sa possession ou à sa portée, et que son sort n'est pas si pitoyable qu'on pourrait le croire. Rédigé à la toute fin de l'Antiquité par un notable chrétien nourri des classiques grecs, cet ouvrage majeur, que l'on commence à redécouvrir vraiment, est comme à la jointure de deux mondes. A lire Boèce, « La consolation de la philosophie », traduction de Jean-Yves Guillaumin (Les Belles Lettres). |
Citation :
Marc Aurèle Né à Rome en 121, mort sur les bords du Danube en 180 Solidarité avec tous et avec tout « Un rameau ne peut pas être coupé d'un rameau contigu sans être aussi coupé de l'arbre tout entier. De même, l'homme séparé d'un seul homme est aussi détaché de la communauté tout entière. » « Pensées pour moi-même », XI, 8. Philosophe et empereur, Marc Aurèle a connu toutes les formes de crises d'une époque troublée : rivalités politiques, montée du christianisme dans l'Empire, pressions des Barbares aux frontières du Danube. Tout en jouant son rôle, à la perfection, à la tête des armées et de l'administration romaines, il tente de conserver sa sérénité de stoïcien en rédigeant une sorte de méditation quotidienne. Ce chef-d'oeuvre n'est pas le livre d'un auteur cherchant à laisser un nom à la postérité. Comme l'a montré Pierre Hadot, il s'agit plutôt du résultat, superbe et souvent bouleversant, d'un exercice spirituel destiné à se remettre en mémoire les principes de base et à les intégrer dans sa pensée de façon permanente. A lire Marc Aurèle, « Pensées pour moi-même », traduction et notes de Mario Meunier (GF Flammarion n°16). |
le point 13/07/06 - N°1765 -
Edité le 28-12-2007 à 17:51:45 par Tifet
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 14-07-2006 à 23:24:37
| lequel est votre préféré?
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Paic Citron | | Le silence ne trahit jamais. | | Pierre de l'édifice |  |  | | 4698 messages postés |
| | | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 15-07-2006 à 12:30:08
| Pythagore!!!
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| | rachidus20 | | Bysantina | | Pierre de l'édifice |  |  | | 33 messages postés |
| Posté le 04-08-2006 à 16:32:22
| Socrate |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 04-08-2006 à 23:54:08
| Diogène
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | UnReveDeCryptomeria | | Pierre de l'édifice |  |  | | 43 messages postés |
| Posté le 30-01-2007 à 20:59:24
| Comme je tombe sur ce topic, je vais dire celui que je préfère. Sans doute Marc Aurèle. D'ailleurs une autre citation de lui : "Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre." Mais en fin de compte si ces grands penseurs voulaient trouver la voie vers le bonheur, j'ai le sentiment qu'ils avaient tous raison et tort en même temps. C'est un peu l'unification et la simplification des lois de la vie qu'ils recherchaient. Pour la rendre compréhensible et maîtrisable. Mais finalement, elle est complexe et faite d'un peu tout ces modes de pensées réunis, il faudrait trouver la doctrine qui les respectent tous, sans en bafoués aucun... |
| | gallia | | Pierre de l'édifice |  | | 25 messages postés |
| Posté le 27-03-2007 à 22:27:26
| c'est bete que jai mes cours ici, j'avais fait des cours tres interessant sur des femmes qui ont joué un role dans l'antiquite et il y en a pas des masses...mais il est rendu loin ce cours et sans lui je vais vous dire des betises dommage je me rapelle juste de quelques noms mais on trouve pas grand chose sur ce sujet sur le net ...faudrait que je vois quand je rentre en France faites y moi penser |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 28-03-2007 à 20:05:23
| alors la pas de problème!!
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| | Cyril | | Pierre de l'édifice |  | | 22 messages postés |
| Posté le 15-05-2007 à 09:18:35
| A noter un paradoxe pour Marc-Aurèle : c'est l'empereur philosophe qui a choisi comme successeur son véritable fils alors que ses prédécesseurs de la dynastie des Antonins préféraient adopter des personnalités qu'ils jugeaient plus compétentes. Et le moins qu'on puisse dire est que le choix de Commode ne fut guère probant. |
| | Nefredkheperoure | | Qui boit l'eau du Nil... prend des risques ! | | Pierre de l'édifice |  |  | | 1253 messages postés |
| Posté le 15-05-2007 à 18:04:13
| C'est vrai, Cyril, que le contraste est grand entre Commode et Marc-Aurèle ; je n'avais jamais songé à cette contradiction. En ce qui me concerne, j'apprécie beaucoup Marc-Aurèle et Sénèque.
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2099 messages postés |
| Posté le 16-05-2007 à 12:06:53
| Cyril a écrit :
A noter un paradoxe pour Marc-Aurèle : c'est l'empereur philosophe qui a choisi comme successeur son véritable fils alors que ses prédécesseurs de la dynastie des Antonins préféraient adopter des personnalités qu'ils jugeaient plus compétentes. Et le moins qu'on puisse dire est que le choix de Commode ne fut guère probant. |
Cf le film Gladiator ... (ben quoi !!!!!! Comme ça tout le monde voit de qui on parle... )
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~ Tifet ~ Laissons faire le reste et on verra bien si nos coeurs y restent demain |
| | Nefredkheperoure | | Qui boit l'eau du Nil... prend des risques ! | | Pierre de l'édifice |  |  | | 1253 messages postés |
| Posté le 16-05-2007 à 18:23:32
| Tifet !
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2099 messages postés |
| Posté le 16-05-2007 à 20:51:01
| Pour être sérieuse, c'est quand même vrai... Quand nos profs nous parlent de l'antiquité et qu'ils veulent illustrer certains points de la vie quotidienne, ils nous disent : "Vous avez vu Gladiator ? Et ben on y voit même si c'est pas tout à fait exact ceci ou cela..." Sinon je n'y connais absolument rien sur les penseurs de l'Antiquité... A part certains égyptiens... et les "classiques" grecs... Même si ce n'est pas ce que je préfère... (donc je lirais (oui plus tard xD) ce qui mit ici...)
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