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| Administrateurs : Kaedes |
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| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 08-09-2005 à 18:21:00
| les premiers pas du peuple perse avant qu’il n’édifie un empire, et la prise du pouvoir en 550 av JC de Cyrus sur l’Etat impérial mède, qui étendait son influence sur tout l’Iran occidentale et une grosse moitié de la Turquie actuelle. La prise de la Lydie En 547 av JC, le nouvel Etat perso-mède est en but à l’hostilité du royaume lydien, d’Anatolie occidentale, qui était en rivalité avec les Mèdes pour la Turquie orientale. Cet Etat riche (or et argent tirés du fleuve Pactole qui deviendra une expression signifiant trésor) et puissant (les cités grecques sur sa côte lui sont soumises et tributaires, sa cavalerie est solide et bien montée), sous le règne du célèbre Crésus depuis 560, croit en effet pouvoir profiter de la faiblesse supposée du pouvoir perse à la sortie de sa guerre pour prendre le pouvoir sur les Mèdes. Le traité conclu avec les Mèdes en 585 av JC par le père de Crésus, qui fixait la frontière entre au fleuve Halys, fut donc rejeté. Cyrus rassembla son armée royale, de cavaliers aristocrates Perses et Mèdes et leurs auxiliaires fantassins légers et les troupes des peuples et tribus tributaires… Mais il fut d’abord tenu en échec par les cavaliers lydo-phrygiens, les mercenaires hoplites grecs et les contingents de fantassins alliés égyptiens aux ordres de Crésus, bien que moins nombreux que la force perse, en 547 av JC en Cappadoce. La bataille fut un match nul et les deux adversaires qui s’étaient mutuellement sous-estimés préférèrent s’en tenir là pour cette campagne. Cependant, fort habile, Cyrus ose monter une campagne d’hiver en tout début 546, car il a appris que Crésus en bon gestionnaire a licencié ses troupes mercenaires, leur donnant rendez-vous pour le printemps prochain et une nouvelle campagne. Ainsi grâce aux qualités de sobriété et de bons marcheurs et cavaliers de sa troupe, Cyrus se présente dans la région de Sardes, la capitale lydienne, dans l’hiver 546 av JC. Crésus dispose pourtant encore de forces non-négligeables, la bataille est rude. L’arme secrète de Cyrus qui fera pencher le destin en sa faveur fut les chameaux de ses bagages qui effrayaient les chevaux. Bien disposés, ils obligèrent l’élite lydienne, les cavaliers lourds, à démonter et venir combattre à pied les fortifications de campagne mobiles que Cyrus a fait préparer. Cyrus exploita les difficultés ainsi créées remporta la victoire. Il lui restait à assiéger la cité de Sardes, ce qui n’était pas une mince affaire, car la ville était bien dotée en réserves de nourriture et bien fortifiée. Cyrus ne pouvait se permettre un siège long au cœur du pays ennemi, le printemps arrivant apportant la menace de beaucoup d’alliés de Crésus. Une bonne reconnaissance permit une prise d’assaut courageuse de la citadelle qui fit tomber la ville. Crésus fut épargné et servi l’empire perse à la cour de Cyrus. Après le départ de Cyrus, une brève révolte éclata, animée par quelques chefs lydiens espérant remettre en cause la si fraîche domination perse. Elle fut écrasée par les forces perses laissées sur place et quelques renforts qui les joignirent vite. A partir de là, les aristocrates lydiens furent désarmés et les Lydiens disparurent politiquement de l’histoire (mais demeurèrent bien présents culturellement et économiquement). Soumission du grand Est iranien Les peuples et principautés alliées et clientes des Mèdes de l’Est iranien avaient tout d’abord rendu hommage au nouveau pouvoir d’Ecbatane en 550 av JC, envoyant des présents au roi perse. Cependant l’engagement des forces royales à l’Ouest semble bien avoir incité ces peuples à renoncer à toute forme de sujétion et certains pouvait apparemment se montrer agressif aux marches de leurs domaines. Les Saces, Saka en perse, que nous connaissons sous le nom de Scythe, et pour être précis scythes asiatiques, et les Bactriens sont cités comme des dangers dans cette période. Les Sakas, frères des Scythes de la steppe ukrainienne, étaient des nomades cavaliers-archers très habiles et guerriers farouches. Autant pillards que commerçants caravaniers, leur soutient avait un grand prix. Les Bactriens sont pour eux, comme pour les Mèdes et Perses, des cousins de races, descendants des Aryas de la branche linguistique iranienne, vivant dans le Nord de l’Afghanistan actuel. La Bactriane produit beaucoup de richesses minérales et, à l’échelle antique, d’assez bonnes ressources agricoles et d’élevage, avec notamment les oasis de Sogdiane (Ouzbékistan actuel). Bactriens, Sogdiens et Saces ont des rapports parfois conflictuels, mais peuvent s’allier sérieusement au grès des circonstances. Affirmer leur force et empiéter sur les possessions perses en est une ! Dés la belle saison 546 av JC, Cyrus partit en guerre vers l’Est. Il établit dans une suite de campagnes de 546 à 540 av JC, la domination perse dans cette vaste région. La documentation manque mais on peut penser légitimement qu’il sut s’allier sans trop d’efforts certains peuples ne désirant pas querelle une fois la puissante armée perse sur leurs terres, tandis que d’autres dont assurément Saces et Bactriens ont farouchement combattu. On notera la création d’un certain nombre de cités fortifiées dans les régions frontalières de cet espace oriental (par exemple la vieille Kandahar), comme autant de relais de la puissance perse, en même temps qu’une défense contre les nomades et les peuples plus lointains. Il est par contre assuré qu’à ce stade, malgré des sous-entendus de certains auteurs grecs qui font des confusions, les forces perses n’ont pas pénétré dans la vallée de l’Indus. Ainsi sont passées sous domination perse, avec souvent une partie des élites locales associées au pouvoir comme à l’habitude, la Parthie (coin Nord-Est de l’Iran actuelle à l’est de la mer Caspienne), la Sagartie (centre de l’Iran actuel), la Carmanie (centre Sud de l’Iran actuel, dans la prolongation du Fars), la Drangiane et l’Arie (à cheval entre le centre Est iranien et le centre Ouest afghan actuels), la Chorasmie (en gros Turkménistan actuel), Scythie – Saka (bout Sud-Est de Kazakhstan et Kirghizistan actuels), Bactriane (Nord Afghanistan actuelle), Sogdiane (moitié orientale de l’Ouzbékistan et Tadjikistan actuels), Arachosie (Sud Afghanistan actuelle) et Makran ou Maka (à cheval entre coin Sud-Est de l’Iran et Sud-Ouest du Pakistan actuels). Prise du Proche-Orient Pendant ces campagnes qui mènent l’armée royale dans l’Orient du monde iranien, le royaume néo-babylonien se montre aussi une source de danger semble-t-il. Les positions stratégiques du nord de la Mésopotamie sont un sujet de tensions. Il est très probable que des incidents armés avaient du éclater avant 540 et installer un état de guerre entre les deux royaumes, mais sur l’initiative de qui, difficile à dire. Cyrus de retour de l’Est entra en campagne contre le roi Nabonide de Babylone en 539 av JC. Avec la complicité d’un gouverneur de province du royaume néo-babylonien qui avait déjà fait sécession, l’armée de Cyrus fut bien guidée. Elle remporta une victoire importante sur les troupes babyloniennes près d’Opis sur le Tigre, ces dernières furent amplement massacrées dans la poursuite après avoir lâché le terrain. De là l’armée perse put traverser le fleuve et atteindre Babylone à l’automne 539. Certains auteurs indiquent que des conflits entre des membres de grands clergés et le roi Nabonide ont pu faciliter la prise de la ville par les perso-mèdes, mais rien n’est moins sûr. Il est clair que devant la ville, Nabonide a effectué une sortie avec son armée complétée et remise en état à sa capitale et a affronté Cyrus dans une seconde grande bataille qu’il a à nouveau perdue. Mais le roi se réfugie dans la ville, grande, très bien fortifiée, l’Etat babylonien n’était pas près d’être encore abattu. Il fallut une habile opération de détournement des eaux de l’Euphrate pour offrir une opportunité à une petite troupe d’atteindre un passage et de là ouvrir une citadelle. Les autres forts de la muraille furent ainsi pris. La ville se rendit et fit un triomphe à son conquérant comme d’usage et espérant amadouer ce dernier. Au contraire de la « légende », Babylone ne se rendit pas sans combat et ne fit pas un triomphe « spontané » à un nouveau maître par la grâce de la faveur des dieux, mais il est vrai qu’une fois vaincue, la cité s’offrit à son conquérant pour éviter d’avoir à souffrir. Cyrus en fut bien aise, il ne cherchait pas la destruction. La Syrie et la Palestine antique se trouvent dégagées de la domination babylonienne. Cyrus va en reprendre une bonne partie, mais pas tout. Les cités phéniciennes et syriennes sont en bons termes avec la royauté perse. La gestion de l’empire Dans la fin des années 540’s et les années 530’s, le roi des rois Cyrus fait édifier une capitale au cœur de la région maîtresse de l’empire, le pays du peuple dominant, le Fars. Elle est nommée selon le nom de la tribu « reine » des perses : Pasargades. Des artisans de tout l’empire sont requis pour son érection, mais il ne faut pas s’y tromper, les plans et le style sont décidés par l’élite perse, pour être le reflet de la grandeur de l’empire. Ainsi naît le style perse, une création originale faite du mélange de plusieurs influences majeures, entre le monumental et les structures en terrasse assyro-babyloniens, éléments d’art décoratif inspirés du grec et de l’égyptien etc… Le tout fait un ensemble unique. La monarchie est itinérante, comme toutes les royautés antiques son centre est avant tout là où se trouve le roi. Mais rapidement des centres administratifs sont privilégiés. Après avoir régné depuis Ecbatane, la royauté s’est appuyée sur Suse puis Pasargades. L’administration de l’empire se fit à l’image du royaume perse d’Anshan, organisé et bien structuré. L’élamite est d’ailleurs la langue de l’administration et des archives de l’empire achéménide du temps de Cyrus le Grand et de son fils et successeur Cambyse. Le système tributaire est souvent pour l’essentiel la reprise des traités et des conditions des systèmes antérieurs, des Mèdes, des Néo-babyloniens etc… Plus tard une rationalisation et une estimation des ressources de chaque région et les contributions à en exiger pour le pouvoir centrale seront refaites et précisées un peu plus tard. Il n’y a pas encore de satrapies-provinces de l’empire organisées sur un statut semblable entre elles et approximativement d’égale importance géographique, dans les frontières des anciens pays ou province de pays conquis. Il y a bien sûr des gouverneurs placés à la tête des pays conquis, perses pour certains, des aristocrates locaux, parfois même de la famille des dynastes soumis pour les autres. Ils ont pour titre gouverneur, en élamite Pihâtu. Le terme Satrape, en perse Kshatrapavan signifie « protecteur du pouvoir ». Il est certes utilisé sous Cyrus pour désigner ce qui peut être des envoyés du pouvoir central dans une province, pas forcément les gouverneurs en poste… Globalement les peuples tributaires se gèrent selon leurs lois propres avec beaucoup d’autonomie, leur culture et leurs cultes sont particulièrement respectés. Des autorités locales sont toujours laissées à la tête des communautés des provinces. Pour assurer le pouvoir impérial perse, en plus des gouverneurs, des petites colonies de colons militaires et des garnisons de soldats perses et mèdes, du cœur de l’empire donc, politiquement sûr, sont installés dans les citadelles stratégiques et forment aussi une garde de professionnels au service du gouverneur de la province. Fort intelligemment, les officiers perses de ces petites troupes solides furent rapidement sensés dépendre et recevoir leurs ordres du roi et non du gouverneur, afin de constituer un contre-pouvoir efficace au gouverneur si celui-ci avait des velléités d’indépendance. Ainsi du temps de la fin du règne de Cyrus, il y avait une province de Perse, une de Médie, une de Parthie, une de Bactriane (fort large), une d’Arachosie, une de Babylonie avec une grande sous-province d’ Ebir Nari (« pays au-delà de l’Euphrate », Syrie et Palestine), une d’Arménie, une de Sardes (c’est à dire de Lydie-Ionie-Phrygie soit l’Anatolie occidentale)… L’armée perse est composée d’un noyau permanent de gardes royaux perses (dont les 10 000 Immortels, gardes perses lanciers et archers à pieds, attachés à la protection du roi, une force d’élite recrutant les meilleurs éléments de l’armée milicienne, avec des contingents de membres pré-sélectionnés pouvant être ainsi rapidement appelés pour combler les pertes de l’unité, d’où leur appellation d’immortel, car ils sont ainsi toujours 10 000 durant une campagne militaire), d’une petite part d’aristocrates mèdes et perses et colons militaires perso-mèdes formant les gardes des satrapes et les garnisons de quelques forteresses et cités stratégiques. L’aristocratie clanique mède et perse fournit une large cavalerie, devant répondre à des obligations militaires régulières et suivre des instructions de qualité d’armement précis et vérifiées chaque année lors de revue. L’essentielle des cavaliers perses étaient des cavaliers légers lanceurs de javelots avant le règne de Cyrus, seuls un toute petite minorité fortunée devait être plus lourdement équipée avec cuirasse d’écailles de bronze et protection pour les chevaux. Cyrus semble avoir rehaussé le niveau de l’équipement de ses cavaliers à l’image de la cavalerie mède où l’équipement défensif est plus lourd. Ils se battent ainsi montés protégés par casque et cuirasse d’écailles de bronze et un bouclier assez léger, avec des javelots, une épée courte et une hache ou une masse, enfin avec l’arc avec lequel ils ne tirent pas trop en mouvement, comme le font les Saces, mais en masse à l’arrêt ou à pied. Ensuite les hommes libres mèdes et perses sont aussi astreints au service militaire, en tant que fantassins plutôt légers, javeliniers et surtout archers. Enfin pratiquement tous les peuples sont susceptibles de fournir des contingents en rapport avec leur capacité martiale : les Saces d’Asie et les Scythes d’Europe des bords de la Thrace fournissent une cavalerie légère d’archers montés tirant de leur monture en mouvement, redoutables, les Thraces, les Anatoliens phrygiens et arméniens fournissent des fantassins assez légers lanciers capables de se battre au corps à corps et de tirer au javelot, les Phéniciens fournissent des marins, des rameurs et un peu d’infanterie de marine, comme les Chypriotes, etc… et ainsi de suite. L’organisation administrative et tactique est rationnelle, avec des unités de 10, 100 et 1000 hommes. Le fondateur de l’empire s’éteint en 530 av JC, lors d’une expédition en Asie centrale contre les Massagètes, un peuple nomade iranophone cousin proche des Saces. l’Egypte, Cambyse 1er pharaon de la XVIIè dynastie, roi de Haute et de Basse Egypte Le règne de Cambyse verra l’ajout à l’empire du dernier grand Etat de la région : l’Egypte des Pharaons de la dynastie saïte. Cette dernière a été, comme nous l’avons vu, un allié de Crésus de Lydie. Un contentieux se creusait avec l’empire perse, sur l’influence des deux Etats sur la Syrie-Palestine, reprenant celui qui existait entre Egypte et Néo-babylonien. Pour finir l’île de Chypre et ses colonies grecques étaient tributaires de l’Egypte et lui fournissaient une flotte importante et des liens avec les pays grecs et hellénisés de Ionie et Carie sur la côte Sud-Ouest de l’Anatolie qui fournissent d’importants contingents de mercenaires très précieux au pouvoir égyptien. Cette dernière va passer sous l’empire perse lorsque Cambyse prépare une campagne décisive contre l’Egypte qui ne semble pas se résoudre à abandonner toute influence sur la Palestine. En 525 av JC, Cambyse arrive en force avec l’armée royale rassemblée en Syrie-Palestine, il y soumet les cités qui n’étaient pas encore directement sous domination perse. Les cités phéniciennes se donnèrent bien volontiers (et permirent ainsi d’accéder à Chypre qui changea ainsi aussi de dominant). Il en est une de grande importance, par sa population et sa position de carrefour commercial de premier plan entre Arabie et méditerranée qui résiste et sera prise après un long siège, Gaza. Elle paiera assez chère son désir de liberté et sa fidélité à son allié égyptien. Une fois réduite elle fut une base de départ très utile pour le delta du Nil. Là, à la bordure du Delta, attendait l’armée du Pharaon Psammétique III, qui venait juste de monter sur le trône après le règne brillant de son prédécesseur Amasis. La bataille fut favorable aux forces perses. Différentes opérations de siège suivirent où la composante navale était essentielle, pour réduire des fortifications du Delta. Alors la route le Memphis fut ouverte et la grande et capitale cité de Basse-Égypte tomba, Psammétique fut pris et exécuté. Installé au royaume du Nil, Cambyse reprit les usages pharaoniques, honora bien des cultes mais soulagea aussi tout de même beaucoup de temples d’un bonne part de leurs trésors… Enfin il mena des expéditions dans trois directions : vers la Cyrénaïque où il recueillit la soumission des Libyens et des cités grecques, une réussite, vers l’oasis de l’oracle d’Ammon et vers l’Ethiopie, deux échecs. Les soldats perso-mèdes eurent comme dans tout pays conquis et particulièrement après des difficultés des comportements violents et commirent des exactions, même si par la suite cela ne fut pas une règle. Cela provoqua des agitations et des rébellions qui furent matées dans le sang. Ainsi le bilan de l’action de Cambyse en Egypte est contrasté : pas le règne d’un fou cruel et impie comme sa légende noire présentée par Hérodote le définit, ni pour autant le toujours et absolument juste souverain protecteur et bâtisseur que décrit le grand fonctionnaire égyptien passé à son service Udjahorresnet. Toujours est-il que sa dureté envers des grands nobles perses qui lui déplurent et/ou furent indélicats avec l’autorité royale, lui aliéna une bonne part de l’aristocratie mèdo-perse. Il avait éliminé son frère cadet qui était gouverneur dans le grand Est iranien et semble avoir tenu secret l’exécution. Aussi au printemps 522, c’est sous la bannière de l’usurpation qu’une révolte agita le cœur de l’empire. Cambyse quitta l’Egypte mais mourut de la gangrène suite à une blessure accidentelle en Syrie, au début de l’été 522. Il s’ensuivit un épisode de guerre civile qui agita tout l’empire et fut assez cruelle. Un grand aristocrate mède, mage (c’est à dire prêtre du maguséïsme) se fit passer pour le frère de Cambyse disparu. Un prince de haute noblesse en poste de gouvernement en Parthie, membre du clan royal des descendants d’Achéménès, d’une branche collatérale, Darius, se proclama défenseur de la légitimité dynastique contre la rébellion. Avec quelques autres grands nobles il finit par rétablir l’unité de l’empire entre la mi 522 et 520. L’extension maximale : le règne de Darius, 522 – 486 av JC C’est sous ce souverain que l’empire va prendre sa forme classique et aboutie. Il va porter l’autorité perse en Europe en conquérant la Thrace et recevant la soumission de la Macédoine (devient satrapie de Skoudra) 513 – 510 av JC, et à l’Est il va affirmer la domination perse sur le versant oriental de l’Indu Kush, en Gandhara et Hindush, c’est à dire sur la moitié ouest de la région de l’Indus. Un peu après sa prise de pouvoir il organise l’empire en Satrapies, avec des Satrapes nommés gouverneurs réguliers à la tête de chacune et précise les contributions de chaque province. Son centre de pouvoir va être essentiellement Suse en Elam, ou Susiane comme la région va être appelée dés lors. Il fondera aussi une très riche cité probablement autour de 515 – 510 av JC, essentiellement centrée sur un ensemble palatial pour exalter la puissance impériale, à des fins cultuelles et culturelles, au cœur du Fars, à une quarantaine de km de Pasargades, ce sera Parsa, du nom même de la région et du peuple perse. Mais les travaux et agrandissements dureront tout le long de son règne et lors des règnes suivant. Nous connaissons mieux cette cité sous son nom grec : Persépolis. Le roi des rois n’y résida en générale que pour des fêtes sacrées quelques semaines en début d’année. Dans le courant avancé de son règne la langue administrative de l’empire devient l’ araméen, une langue des peuples sémitiques de beaucoup de population du croissant fertile et de l’Arabie du nord, c’est surtout une lingua franca commerciale bien au-delà et ainsi il est bien pratique car accessible par une part de la population de presque les 4 coins de l’empire. Le perse ou vieux-perse pour être exact, langue de l’ethnie dominante, est aussi utilisée pour des textes sacrés et administratifs à partir de son règne, et toujours l’akkadien de Mésopotamie et l’élamite. Cependant l’uniformisation des écrits impériaux avec l’araméen sera bien pratique. De même avec son long règne s’organise la poste impériale, un système de relais qui permet aux courriers de filer aux 4 coins de l’empire et aussi l’édification de la voie royale : une grande route de Suse à Sardes. C’est aussi avec le règne de Darius que se répand dans tout l’empire et dans son économie tributaire et fiscale l’usage de la monnaie. Certes dés le départ, avec la conquête de la Lydie, royaume d’invention des espèces monétaires, que la monnaie fut connue mais son usage ne dépassa pas les circuits d’échanges anciennement lydiens. Le Darique d’or de 8,4 g et sa subdivision le sicle (shekel) d’argent de 5,4 g, l’un et l’autre aussi pur que possible, sont des étalons qui vont favoriser le commerce dans tout l’immense empire à partir de 512 av JC. Voilà un empire durablement et fermement installé sur des dizaines de peuples et de cultures différentes, gouvernant dans l’ensemble avec beaucoup de respect sur ses sujets et leur assura une assez grande prospérité, même si les rivalités et les révoltes causèrent en différents pays des dégâts pénibles (notamment en Egypte par exemple).
Edité le 28-10-2007 à 16:00:28 par Tifet
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| | rachidus20 | | Bysantina | | Pierre de l'édifice |  |  | | 33 messages postés |
| Posté le 21-12-2005 à 14:56:46
| je trouve ce post très interessant , mais je ne comprend pas pourquoi vous n'y parlez pas de la période parthe , ni de la periode Sassanide (riche en évenements et en apports civilisationel) ca fait bien sur partie de l'antiquité tardive mais c'est bien de l'antiquité je crois.
Message édité le 21-12-2005 à 14:57:22 par rachidus20 |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 21-12-2005 à 15:06:09
| lol, j'en parle pas car ce texte n'est pas de moi je l'ai trouvé sur le net et l'ayant trouvé très interessant l'ai ramené ici... mais ne connaissant pas plus que ca l'antiquité de la perse, il me manque l'aspect critique.
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| | rachidus20 | | Bysantina | | Pierre de l'édifice |  |  | | 33 messages postés |
| Posté le 21-12-2005 à 15:09:02
| puis-je ajouter un sujet sur les Sassanides? il est un peu long |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 21-12-2005 à 15:10:30
| volontiers, et avec plaisir!!
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| | rachidus20 | | Bysantina | | Pierre de l'édifice |  |  | | 33 messages postés |
| Posté le 21-12-2005 à 15:13:10
| La perse Sassanide : A. Prise du pouvoir (226) Sassan était gardien du Temple du Feu d'Istakhr ( près de Persépolis), et prêtre de la déesse Ahanita. Son fils, Pabhagh, s'empare, avec la bienveillance du Shah ( Artaban IV Arsacide) du royaume de Khir ( près de Chiraz), Il guerroye contre tous ses voisins, et fait nommer son fils Artaxerxes / Ardachir au rang d'argapet ( gouverneur) de Darabgird. Cet Artaxerxes continue les travaux de son père, et conquiert les provinces de Kerman et du Fars. Il se fait construire un palais à Gur ( qui deviendra Firuzabad par la suite ). Mais le statut de potentat local ne lui suffit pas : il lui faut l'Empire. Il attaque donc le Shah Artaban V Arsacide et le défait en 224 à Hormizdagan ( près de Suse). Il va alors assiéger Ctésiphon, la capitale (près de Bagdad), qu'il prendra en 226. Son premier acte, pour asseoir son pouvoir, sera d'épouser une princesse Arsacide, cousine d'Artaban V. B. Expansion de l'Empire (226-276) Dès son couronnement, Artaxerxès/Ardachir entreprend une vaste campagne de conquêtes. ses premières victimes sont le Royaume d'Arménie, la région de Merv, et le Belouchistan. Il reconstitue ainsi, à la Turkie et la Syrie près, le domaine de Cyrus II Achemenide. Il remporte ensuite en Asie Mineure quelques victoires sur les Romains. Entre toutes ses campagnes, il trouve le temps de bâtir villes et temples, obtenant ainsi l'appui du clergé traditionnel. Il fait bâtir à la place de Gur, la ville de Firuzabad, "la ville du feu". Son successeur Chahpur I / Sapôr I (241-272) poursuit la politique de conquête. En 242, il assiège Antioche, tenue par les Romains. Puis il va se promener en Asie Centrale. Peshawar, Samarcande et Tachkent tombent. Dans le Khorasan, à l'endroit d'une victoire sur les Huns, il fonde Nichapour, où devait plus tard naître Omar Khayyâm. En 256, il est de retour en Asie Mineure, et prend Antioche aux Romains. Mais c'est en 260 qu'il accomplit son plus haut fait d'armes : il capture l'Empereur Valérien et toute son armée (70000 hommes) dans les gorges d'Edesse. Cette victoire est immortalisée par des bas-reliefs sur les parois de Naqsh-i-Roustem ( près de Persépolis): Chahpur I fonde alors Gund-e-Châhpur (à côté de Suse) pour y établir ses prisonniers, et il les emploie à des grands travaux, tels que Band-e-Kaisar ( la digue de l'Empereur), sur le fleuve Karun. Chahpur passera le reste de sa vie à combattre l'Arabe Odenath, roi de Palmyre. Signalons également que c'est sous son règne que MANI (à la base du manichéisme) a pu diffuser ses idées. Son successeur Bahram I (272-273) aura trouvé, en un an de règne, le temps de faire crucifier Mani à Band-e-Châhpur. Enfin, sous Ohrmizd I (273-276), la situation semble être restée assez calme. C. Perses Sassanides et Empire Romain (276-388) Bahram II (276-293) doit affronter les foudres de Carus, Empereur Romain, qui veut venger Valérien, mais meurt en campagne. Néanmoins, il faut céder la Mésopotamie et l'Arménie à Rome. Sous Bahram III (293), la situation n'a pas réellement eu le temps d'évoluer. Mais son successeur Narses (293-302) part en campagne pour récupérer l'Arménie. Il est défait par l'Empereur Galère, qui capture sa famille et prend la Géorgie. Le règne d'Ohrmizd II (302-309) fut surtout le théâtre de querelles de cour et de tentatives de coup d'état. Son successeur Chahpur II (310-379) a, par contre, repris la guerre contre les romains - pour venger les défaites passées - et tué l'Empereur Julien I. Le pouvoir tombe ensuite dans les mains d'Ardachir II / Artaxerxes II (379-383), puis de Chahpur III (383-388). Ce dernier conclut une trève avec Rome, qui sera respectée jusqu'au début du VIe siècle. D. Ordre intérieur, problèmes extérieurs et questions religieuses (388-488). 1) BAHRAM IV ( 388-399) •Il règle l'épineuse question de l'Arménie "à l'amiable" par un partage. •Il se met à persécuter les chrétiens lorsque le Christiannisme devient Religion d'Etat chez les Romains. 2) YAZGARD I (399-420) Il tolère les chrétiens et se forme une Eglise semi-officielle, sous l'autorité de l'Evèque de Ctésiphon. 3) BAHRAM V ( 421-438) La légende a immortalisé son dynamisme, son goût pour la chasse, la poésie, les arts. C'était un "Prince de la Renaissance", sauf qu'il chassait les chrétiens, jusqu'à ce que les Byzantins lui fassent la guerre, le battent en 422 et l'obligent à reconnaître la liberté de culte aux chrétiens. 4) YAZGARD II (438-457) Il patauge aussi dans les problèmes religieux : en 451, il doit mater dans le sang une révolte d'Arméniens qui ne voulaient pas se laisser convertir de force au Mazdéisme. Mais les Huns Nephtalites menacent aussi Samarcande, et il faut les combattre. 5) OHRMIZD III ( 457-459) Il passe sa vie à combattre les Huns Nephtalites. 6) PEROZ / FIRUZ (459-484) Il persécute la communauté juive d'Ispahan, mais favorise les chrétiens Nestoriens (qui s'opposent aus monophysites d'Edesse (NDLR ?)). Il combat - c'est une tradition de famille maintenant ! - les Huns nephtalites, et meurt au combat. E. L'apogée (488-628) 1) KAVAD (488-496) - (499-531) Il accorde sa confiance à Mazdak, réformateur religieux, communiste avant la lettre, qui prône la redistribution des richesses, la communauté des biens et des femmes (sic). Il entend se servir de ces thèses pour écraser la Noblesse. Mais cette dernière se révolte et chasse Kavad, qui trouve refuge, devinez où ? Chez nos amis les Huns Nephtalites. De 496 à 499, c'est un noblion qui dirige le pays. Mais dès 499, Kavad revient, avec l'aide des Huns , réunit un colloque religieux et détruit les Mazdakistes, en 528. 2) KHOSRO I "ANOCHARVAN" ( 531-579) C'est la plus grande époque. Il favorise le développement des arts et des lettres. Mais il anéantit les Mazdakistes. Il annihile les Huns, démolit les Turcs, saccage Antioche, et ravage le Yemen. Il meurt, battu par les byzantins à Mélitène. 3) OHRMIZD IV ( 579-590) C'est un peu le même topo. 4) KHOSRO II "ABHAVÊZ PARVIZ" (590-628) Il monte sur le trône avec l'aide de l'Empereur Byzantin Maurice, en échange d'une partie de l'Arménie. Il ramène de Byzance la Princesse Chirine, une chrétienne (lire, à ce sujet, le très beau livre de SMI l'Impératrice Soraya, "La Princesse d'Argile"). Il lui construit un palais magnifique, Kasr-e-Chirin. En 602, à la mort de Maurice, il attaque l'Empire Byzantin, et pille Damas, Antioche, Jérusalem, l'Ethiopie et l'Egypte. Mais l'Empereur Heraclius contre-attaque, annexe l'Arménie, vient assiéger Ctésiphon, capture et tue Khosro. F. L' anarchie (628-632) De 628 à 632, 8 roitelets se succèdent, alors que partout à l'extérieur, la menace règne G. La fin (632-651) En 632, Yazgard III monte sur le trône. Il sait qu'il devra affronter les armées Arabes qui ont déjà conquis tout le maghreb. Mais il compte bien les anéantir. Cependant, il se fait avoir, après une bataille acharnée à Qadissiya (637). Mais le Shah lance encore ses troupes à Nehavend en 642. Puis c'est la bataille finale de Faht-al-Futuh - " la victoire des victoires" - en 643. Le Shah tente de résister, de faire de la guérilla, mais se fait assassiner en 651. C'est alors le début de l'Islamisation et des Califes Omeyyades. Son fils parvient à s'enfuir en Chine...On dit que les Séfévides seraient ses lointains descendants...
Message édité le 21-12-2005 à 15:20:35 par rachidus20 |
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