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| Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 14-09-2005 à 22:20:33
| Auguste Rodin, né le 12 novembre 1840 dans une famille modeste, aura une influence profonde sur la sculpture du XXème siècle. Admis à l'école spéciale de dessin et de mathématiques, dite "la Petite École" à l'âge de quatorze ans, il suivra les cours de Lecoq de Boisbaudran et du peintre Belloc et découvrira la sculpture l'année suivante. Ayant échoué à trois reprises au concours d'entrée à l'Ecole des Beaux-Arts, Rodin travaillera comme maçon chez plusieurs décorateurs et ornemanistes. Il entrera chez les Pères du Très-Saint-Sacrement en 1862 - après le décès de sa soeur Maria - qu'il quittera sur les conseils du père supérieur qui l'encouragera à poursuivre dans la voie artistique. Rodin collaborera avec Carrier-Belleuse en 1864, année au cours de laquelle il rencontrera Rose Beuret, une ouvrière couturière âgée de vingt ans qui lui servira de modèle et deviendra sa maîtresse. Camille Claudel naîtra la même année et Auguste-Eugène Beuret, fils naturel du sculpteur, en 1866. Rodin accompagnera Van Rasbourgh à Bruxelles en 1870, sera mobilisé comme caporal dans la Garde Nationale à son retour à Paris, puis sera réformé pour sa myopie. Il retrouvera Carrier-Belleuse en Belgique, avec lequel il collaborera jusqu'en 1872. Associé par contrat au sculpteur belge Antoine-Joseph Van Rasbourgh en 1873, Rodin participera au décor du Palais des Académies à Bruxelles, peindra une série de paysages de la forêt de Soignes et réalisera des lithographies destinées au journal satirique Le Petit Comique. Rodin se rend à Bruxelles pour travailler à la décoration de la Bourse. En 1875 il peut enfin réaliser un rêve longuement caressé : connaître l' Italie. Turin, Gênes, Pise, Venise, Florence, Rome» Naples lui révèlent leurs trésors. Les œuvres de Donatello, et surtout celles de Michel-Ange, produisent sur lui une profonde impression. Il visite ensuite les cathédrales de France, visite qu'il renouvellera souvent au cours de sa carrière. De retour à Paris, Rodin expose au Salon des Beaux-Arts sa première grande oeuvre : la statue en plâtre d'un jeune homme, représentant l'Age d'airain . Sculptée grandeur nature, la statue donne une telle impression de vie, qu'elle provoque un vif incident : on accuse l'artiste d'avoir fait un moulage sur nature, ce qui est strictement interdit par le règlement. On crie au scandale, les polémiques se succèdent. Heureusement, un manifeste collectif, signé par des peintres et des sculpteurs, vient au secours de l'artiste, pour témoigner de sa bonne foi et de son génie. Une enquête est enfin ouverte et les accusateurs de Rodin sont confondus. L'État, plus tard, réparera cette offense en lui achetant un bronze, coulé diaprés la statue contestée, et en lui accordant une médaille. Ce premier conflit que rencontre Rodin provoque un grand retentissement en sa faveur. L'Age d' airain , en attirant l'attention du public sur ce sculpteur de 37 ans, inaugure le vrai début de sa carrière, qui durera 40 ans (jusqu'à sa mort). En 1880, l'état commande à Rodin la décoration d'une porte pour le futur Musée d'art décoratif. Cette portequ'on nommera " la porte de l'Enfer" sera inspirée par la Divine comédie de Dante. Elle accompagnera Rodin tout au long de son existence même si elle ne fut pas livrée. Que de dessins Auguste Rodin a du faire pour réaliser cette oeuvre, dessins inspirés de Dante ou de Baudelaire revus par une imagination puissante.. Il utilisait la mine de plomb, soulignée de plume enrichie de lavis d'encre brune, parfois violette ponctuée de gouache. Il ne dessinait pas comme un peintre: lui recherchait plus l'espace ou le volume. Il avait sa propre démarche; Il découpait un nombre infini de dessins, puis les collait sur une feuille pour les fixer sur un troisième support. Ces silhouettes composées d'une succession de couches de papiers étaient placées sur la feuille pour être jetées dans l'espace. Cette technique ne sera divulguée qu'en 1897 dans un album, confié à la maison Goupil et dont la préface fut rédigée par Octave Mirbeau, un ami du Sculpteur. Auguste Rodin avait modelé des corps par centaines pour les vantaux. Certains d'entre eux reçurent le statut d'oeuvres indépendantes. Des fragments furent exposés sous des titres divers. Ainsi furent montrés : "le baiser" "Ugolin" " le penseur" "la douleur" " je suis belle"... Les commandes affluent de partout. Rodin, qui vendra à l'Etat une épreuve de son Saint Jean-Baptiste en bronze en 1881, apprendra la gravure à Londres, auprès d'Alphonse Legros. Il exécutera les figures d 'Adam , d' Eve et du Penseur l'année suivante et fera la connaissance de Camille Claudel, alors âgée de 19 ans, en 1883. La municipalité de Calais lui commande un monument commémoratif à Eustache de Saint Pierre qui deviendra le monument des Bourgeois de Calais , inauguré en 1895. Rodin illustrera l'exemplaire des Fleurs du Mal de Baudelaire appartenant à Gallimard en 1887. L'Etat commande " le baiser " en marbre pour l'exposition universelle de 1889. Puis le monument dédié à Claude Lorrain qui sera inauguré à Nancy en 1892. Pour le Panthéon, l'Etat passe un ordre pour un monument dédié à Victor Hugo , alors que la Société des Gens de lettres commande un monument à Balzac. Le succès est là! Il s'accompagne d'une promotion à l'ordre d'officier de la légion d'honneur puis de commandeur. La Belgique le fait Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique. Rodin, succédant à Dalou en 1893 au poste de Président de la section sculpture et vice-président de la Société Nationale des Beaux-Arts, engagera Bourdelle comme praticien. Il rencontrera Cézanne chez Monet à Giverny en 1894 et recevra la même année la commande du Monument à Sarmiento destiné à Buenos-Aires, qui sera inauguré en 1900. La rupture avec Camille Claudel interviendra en 1898. La Société des gens de lettres refusera le Balzac en plâtre présenté au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. La commande d'un Monument à Puvis de Chavannes interviendra en 1899, année qui sera marquée par la première exposition monographique à Bruxelles puis à Rotterdam, Amsterdam et La Haye. La grande Eve sera exposée au Salon de la Nationale. Le Pavillon Rodin, place de l'Alma à Paris, sera inauguré à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900. Démonté et reconstruit à Meudon l'année suivante, il servira d'atelier à l'artiste jusqu'à sa mort. Le poète Rainer Maria Rilke (1875-1926) sera le secrétaire du sculpteur du 15 septembre 1905 au 12 mai 1906. La peintre et femme de lettres britannique Gwendolen Mary John (1876-1939), soeur du peintre Auguste John, sera également la maîtresse du sculpteur en 1904, et lui servira de modèle pour la Muse Whistler . Le Penseur sera placé devant le Panthéon en 1906. Rodin exécutera une série d'aquarelles d'après les danseuses cambodgiennes à l'Exposition coloniale de Marseille de 1906 . Le grand modèle de l'Homme qui marche sera exposé au Salon de la Nationale cette même année. Rodin s'installera à l'hôtel Biron, qui deviendra le Musée Rodin, en 1908. L'année 1911 sera marquée par la participation de l'artiste à l'Exposition royale des Beaux-Arts à Berlin et la commande par L'Etat d'un Buste de Puvis de Chavannes pour le Panthéon. Le Bourgeois de Calais acheté par l'Angleterre pour les jardins de Westminster, sera placé devant le Parlement et l'Homme qui marche installé au palais Farnèse (ambassade de France) à Rome. La salle consacrée à Rodin au Metropolitan Museum de New York sera inaugurée en 1912. Camille Claudel sera internée l'année suivante. Rodin tombera gravement malade en 1916. Il fera trois donations successives (1er avril, 13 septembre, 25 octobre) de ses collections à l'État. La Chambre des Députés puis le Sénat voteront l'établissement du musée Rodin à l'Hôtel Biron. Rodin y recevra une commande pour un monument à la mémoire des combattants de Verdun. Il épousera Rose Beuret le 29 janvier 1917 à Meudon. Celle-ci décédera le 14 février et Rodin le 17 novembre. Il sera enterré le 24 novembre - également à Meudon - à côté de Rose et à l'ombre de son Penseur. Le musée Rodin ouvrira ses portes au public le 4 août 1919. |
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| Posté le 14-09-2005 à 22:57:48
| L'Age d'airain, 1875-1876
Le modèle en plâtre, exécuté à Bruxelles, sera exposé au Cercle de Bruxelles de 1877 sous le titre Le Vaincu, puis présenté au Salon de 1880 sous le titre de l'Age d'Airain. On connaît plusieurs grands plâtres de l'oeuvre, dont l'un sera présenté à l'Exposition Universelle de 1900 sous le titre de L'Homme qui s'éveille. Le jeune soldat Auguste Neyt posera pour cette figure dont le modelé paraîtra si vivant que Rodin sera accusé de l'avoir moulée sur nature. Le bronze exposé a été fondu par par Thiébault Frères. Le baiser, 1888-1889
Conçu vers 1880-1882 sous le titre de Francesca de Rimini, le groupe fera son apparition dans les premières versions de la Porte de l'Enfer. Il en sera retiré en 1886 et mènera dès lors une existence autonome. Agrandi au double, le marbre sera exposé au Salon de la société nationale des Beaux-Arts de 1898, en même temps que le Balzac. Le marbre a été exécuté par Jean Turcan. Il existe deux autres exemplaires de ce groupe en marbre, à la Tate Gallery de Londres, et à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague. Virgile et Dante rencontreront dans le deuxième cercle de l'Enfer, parmi ceux qui ont commis le péché de chair, Paolo et Francesca, personnages qui vivront réellement en Italie au Moyen-Age. Vers 1275, Francesca, fille de Guido da Polenta, sera mariée à Gianciotto Malatesta, seigneur de Rimini, qui la confiera à son frère, le jeune et beau Paolo. Paolo et Francesca tomberont amoureux l'un de l'autre en lisant des romans d'amour courtois. Alors qu'ils échangeaient un premier baiser, ils seront surpris par Gianciotto qui les poignardera. "Amour nous a conduits à une mort unique", fera dire Dante à leurs ombres. Cet amour interdit, et la damnation éternelle qui en sera la conséquence, apparaît comme l'un des thèmes de prédilection du XIXème siècle, d'Ingres et Delacroix, à Ary Scheffer, Cabanel et Henri Martin. La porte de l'enfer, 1880-1917
Rodin reçut de la direction des Beaux-Arts la commande d'une porte décorative qui devait être ornée de bas-reliefs inspirés de La Divine Comédie de Dante. Cette porte était destinée à un musée des Arts décoratifs que l'on projetait alors de construire à Paris, à l'emplacement de la Cour des Comptes détruite en 1871 (là où s'élève aujourd'hui le musée d'Orsay). Quant au sujet, sans doute est-ce Rodin qui le suggéra car on sait qu'il était de longue date un admirateur de Dante dont il avait toujours un volume dans sa poche. Il se mit donc au travail "avec fureur" dans l'atelier du dépôt des marbres, rue de l'Université, qui lui avait été attribué pour l'exécution de cette commande et il imagina d'abord une composition en panneaux comme celle de la Porte du Paradis à Florence (Ghiberti, 1425-1452). Très vite cependant, il décida d'abolir toute partition des vantaux, à l'exemple du Jugement dernier de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine. Il avait écarté les deux tiers du poème de Dante pour ne s'intéresser qu'à la partie la plus sombre, L'Enfer. La première année fut surtout consacrée à des études dessinées qui suivent de près le texte du poème, mais il se tourna ensuite vers le modelage et ne conserva que quelques personnages identifiables, Paolo et Francesca , Ugolin et ses enfants , les Ombres , le Penseur qui est Dante lui-même, au sein d'une multitude de figures de tailles diverses. Ces figures, ces groupes qui envahissent la structure traditionnelle sous-jacente dans laquelle elles remplacent parfois les éléments architecturaux, étaient exécutés indépendamment les unes des autres ; elles étaient essayées sur les vantaux figurés dès 1882 par un cadre en bois, puis mises de côté. Si le modèle qui fut sans doute monté à la fin de l'année 1885 ou au début de 1886 ne le satisfit pas, quelques favorisés furent cependant admis à le voir : Félicien Rops, Edmond de Goncourt et surtout Félicien Champsaur qui dans Le Figaro du 16 janvier 1886, en donna une description, la première à reposer sur la vision du plâtre : à cette date, les Ombres sont en place, et le groupe de Paolo et Francesca (qui devait prendre le titre de Baiser) est encore présent au centre du vantail gauche dont il fut retiré peu après, Rodin ayant pris conscience que l'état de pur bonheur qu'il montrait ne s'harmonisait pas avec le reste de la composition. L'étape suivante est connue par des photographies envoyées à Rodin en septembre 1887 par une jeune anglaise, Jessie Lipscomb : Ugolin et le nouveau Paolo et Francesca, plus conformes au texte de Dante, ont désormais remplacé le Baiser, mais le tympan et les vantaux présentent encore des différences assez nombreuses avec l'état définitif. On s'attendait à ce que Rodin présente sa Porte à l'Exposition universelle de 1889. Il ne s'y décida pas, mais il accepta des visiteurs plus nombreux, tels Claude Monet qui fut "émerveillé" de ce qu'il découvrit dans l'atelier, Edmond Bazire, Léon Lequime, Georges Rodenbach, et il est probable que vers 1890 la Porte de l'Enfer avait acquis l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui : après cette date en effet, Rodin, occupé par de prestigieuses commandes (le Baiser, 1888 ; Monument à Victor Hugo, 1889 ; Monument à Balzac, 1891,...) n'eut plus beaucoup de temps à y consacrer. Après 1889 on n'en parle d'ailleurs plus guère, et c'est seulement en 1900, non pas dans le cadre de l'Exposition universelle mais dans celui de l'exposition personnelle que Rodin organisa place de l'Alma à Paris, que le grand public eut la surprise de découvrir une Porte de l'Enfer dépouillée de ses figures : en vingt ans la conception que Rodin se faisait du relief avait évolué, et il trouvait désormais excessif le contraste entre les creux et les saillies. Mais surtout, il avait pris l'habitude de supprimer de ses oeuvres tout ce qui paraissait superflu, et ainsi qu'il venait de le faire pour la Voix intérieure , sans bras, il avait pris le parti de retirer de sa Porte tout ce qui la rendait trop immédiatement compréhensible. Après la fermeture de l'exposition, la Porte fut transportée rue de l'Université, puis à Meudon, Rodin souhaitant l'avoir toujours auprès de lui, même s'il était clair désormais qu'il ne l'achèverait jamais. "En un mois à peine, tout peut-être eût été en place. Rodin ne put consacrer ce mois à sa Porte ; et elle restera très vraisemblablement inachevée", notait Gustave Coquiot, l'un de ses secrétaires, dans Le vrai Rodin (1913). Mais des repères très précis avaient été pris lors du démontage, en 1899-1900. Ils permirent à Léonce Bénédite, le futur conservateur du musée Rodin, de reconstituer un modèle complet au début de l'année 1917 (déposé au musée d'Orsay). Une seconde épreuve servit à la fonte en bronze des trois premiers tirages de la Porte de l'Enfer (Philadelphie, Paris, Tokyo), tandis que le plâtre de Meudon, le plus authentique puisque c'est celui que Rodin eut constamment sous les yeux, était déplacé et restauré en juillet-août 1917. Première grande commande faite à Rodin, même si celle-ci n'aboutit pas véritablement dans la mesure où il ne la livra pas, la Porte de l'Enfer peut être regardée comme le résumé de sa vie entière : elle l'a en effet accompagné tout au long de son existence, elle reflète ses principaux centres d'intérêt, son admiration pour l'architecture gothique et la Renaissance italienne, pour Dante et Baudelaire ; elle est surtout la meilleure démonstration du pouvoir d'expression dont il dota le corps humain. Rodin avait en effet modelé des corps par centaines pour les vantaux et, très vite, certains d'entre eux reçurent le statut d'oeuvres indépendantes. En 1881, 1883, 1886, il en exposa des fragments sous des titres divers ; en 1887, à Bruxelles, il montra le Baiser , qu'il venait de retirer des vantaux, et Ugolin , et en 1888, à Copenhague, le Penseur sous le titre le Poète. Mais c'est en 1889, lors de l'exposition Monet-Rodin à la galerie Georges Petit, qu'un public plus large eut véritablement la révélation de son travail : les visiteurs furent stupéfiés par le "réalisme tout moderne (de) ces petites figures, toutes palpitantes, qu'il intitule modestement études, mais qui, en réalité, dans leurs petites dimensions, sont en train de révolutionner la sculpture contemporaine" (Arsène Alexandre, dans Paris, 21 juin 1889) ; ils ne reconnaissaient plus ni les anecdotes, ni les poses auxquelles les avaient accoutumés les oeuvres exposées dans les Salons officiels : ainsi, privés d'habits et de décor, Paolo et Francesca n'étaient plus identifiables, et c'est le public qui suggéra de baptiser le groupe le Baiser . Rodin rend significatif le corps lui-même : il s'exprime par "des os, par des muscles, par des nerfs", et avec un groupe comme Ugolin qui, tenaillé par la faim, rampe sur les cadavres de ses enfants, il porte à son point extrême la recherche d'expression des romantiques, de Préault au jeune Carpeaux. La période de création intense liée à la Porte de l'Enfer lui permit de disposer par la suite d'innombrables figures qui servirent de point de départ à de nouvelles compositions ; mais c'est également alors, entre 1880 et 1885, qu'apparurent dans son oeuvre les procédés qui firent par la suite partie intégrante de sa façon de travailler : avec les Trois Ombres , Je suis belle ou le Penseur , il affirme d'emblée la fonction du fragment, de l'assemblage et du multiple, puis de l'agrandissement. Ugolin et ses enfants, 1876-1904
Le thème tragique d'Ugolin, l'un des héros damnés de La Divine Comédie de Dante a souvent inspiré les artistes romantiques ou symbolistes. Ugolin della Gherardesca, tyran de Pise au XIIIème siècle, enfermé par son ennemi, l'archevêque Ubaldini, avec ses enfants et petits-enfants, condamné à mourir de faim après avoir consommé la chair de sa progéniture. Le groupe, exposé comme le Baiser à Bruxelles en 1877, ne rencontrera pas le même succès. L'artiste intégrera plusieurs de ses éléments à d'autres groupes. Il utilisera la tête agrandie de l'un des enfants qui deviendra la Tête de la Douleur et sera traduite en bronze et en marbre. Rodin fera agrandir le groupe par Henri Lebossé entre 1901 et 1904. Le grand plâtre, déposé par le musée Rodin au musée d'Orsay en 1986, présente d'importantes différences avec le petit modèle. Le grand bronze, fidèle à la version de la Porte, ne subira pas les modifications profondes apportées par Rodin lors du montage des fragments dans son atelier. Fugit Amour, 1890
Reprend l'histoire de Paolo et Francesca, on le retrouve sur la porte des enfers, ici, les deux amants tentent de se retenir, mais ne peuvent jamais être réunis. Les bourgeois de Calais, 1884-1895
Le groupe "Les Bourgeois de Calais" est une commande faite par la ville de Calais, en 1885, auprès du sculpteur Auguste Rodin afin d'immortaliser le courage des six Bourgeois (Eustache de Saint-Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Vienne, Andrieus d'Andres et Jean d'Aire) qui se sont sacrifiés pour sauver leur ville en 1347. Calais, ville fortifiée au XIIème siècle, connaîtra progressivement la prospérité économique grâce au commerce de la pêche. Édouard III d'Angleterre, qui provoquera la Guerre de Cent-Ans, prendra position devant Calais en 1346, après la bataille de Crécy. La ville résistera au siège pendant huit mois. Le gouverneur, faute de secours, devra accepter la rédition en août 1347. Six bourgeois de Calais, conduits au bourreau par Eustache de Saint-Pierre, remettront les clefs de la ville à Édouard III, pieds nus, en chemise et la corde au cou. Ils proposeront leur sacrifice afin d'épargner la population. La reine Philippine de Hainaut, admirative du courage des sacrifiés, demandera à son mari de leur épargner la pendaison. Lors du second siège de Calais, organisé par le Duc de Bourgogne, la ville demeurera aux mains des Anglais. Elle ne redeviendra française qu'en 1558, après la victoire du duc François de Guise. Il existe plusieurs exemplaires de cette oeuvre, dont une sur la place de l'Hôtel de Ville de Calais. La suite, plus tard |
| | Posté le 14-09-2005 à 23:24:17
| J'ignorais qu'il éxistait plusieurs ex des six bougeois de Calais qui ont retrouvé leur place devant l'hotel de ville de Calais après une réparation des outrages du temps à la villa Médicis à Rome. Bravo pour ton sujet .... Passionnant!!! |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 15-09-2005 à 10:35:46
| oui, j'adore ce sulpteur en plus ^^
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 19-09-2005 à 14:30:12
| Eve (1881-1899) http://83.243.20.58/Photos/00/00/06/47/ME0000064749_3.JPG La direction des Beaux-Arts, qui commandera les deux grandes statues d'Adam et Eve destinées à compléter la Porte de l'Enfer en octobre 1881, acceptera de payer chaque oeuvre 5 000 francs alors que le prix de la Porte avait été fixé à 8.000 francs. Rodin s'inspirera de Michel-Ange dont il avait pu admirer les oeuvres lors de son premier voyage en Italie au printemps 1876. Eve, exécutée en 1881, aura pour modèle Anna Abruzzezzi, alors enceinte. Le bronze de la grande Eve ne sera présenté qu'au Salon de la Société nationale de 1899, à Paris, tandis qu'un plâtre fera partie de l'exposition Rodin qui sera présentée successivement en Belgique et aux Pays-Bas au cours du printemps et de l'été 1899. L'oeuvre donnera naissance à de nombreuses épreuves en bronze dont l'une sera destinée au Musée du Luxembourg en 1911. Elle est aujourd'hui exposée dans la salle 7 du Musée Rodin. Certains exemplaires, baptisés Eve au rocher, correspondent au marbre qui nécessitera un soutien supplémentaire. Le premier, taillé par Antoine Bourdelle entre 1901 et 1907, est conservé par le Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague. Le second, réalisé dans les dernières années de la vie de Rodin, est exposé dans la Galerie des marbres du Musée Rodin. Adam (1881-1899) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/03/ME0000050374_3.jpg Adam tend son index pour recevoir, comme au plafond de la Chapelle Sixtine, la vie que va lui donner Dieu le père. Le plâtre sera exposé au Salon de 1881 sous le titre la Création de l'homme. (il a pas l'air en forme quand même) La martyre (1885-1899) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/03/ME0000050309_3.jpg Cette oeuvre, fondue par Alexis Rudier, est un agrandissement de la figure exécutée pour la Porte de l'Enfer vers 1885. Les trois ombres (1899-1902) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/03/ME0000050315_3.jpg L'Ombre semble être une variante simplifiée d'Adam. La tête, plus courbée, forme une ligne presque horizontale avec les épaules et le bras gauche se détache vers l'avant au lieu de barrer le torse. La réunion des trois figures identiques découle peut-être d'une méthode de travail de l'artiste qui souhaitait disposer ainsi de la vue instantané d'une même oeuvre sous des profils différents. Les mains qui tenaient l'inscription ont été coupées. Les Ombres, très certainement sous la forme d'exemplaires séparés, seront présentées pour la première fois à la galerie Georges Petit en 1889. Elles apparaîtront à l'Exposition Rodin de 1900 sous le titre les Vaincus . Rodin demandera à Henri Lebossé d'agrandir la figure. Rodin exposera trois plâtres de l'agrandissement au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1902, présentés en hauteur et en plein air. Ils ne formaient pas alors un groupe unique. Rodin demandera à Josef Maratka, un jeune sculpteur tchèque, de refaire la main qui manquait en 1904, afin d'éviter les interrogations du public. Il regroupera ensuite les petites et grandes Ombres sur une terrasse unique. Ce bronze a été fondu par Alexis Rudier. Le cri (1886) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/02/ME0000050297_3.jpg Ce buste aux yeux creusés et aux lèvres tendues, fondu par Georges Rudier, s'inscrit dans la série des têtes conçues pour le linteau de la Porte de l'Enfer. Il sera réutilisé dans le marbre intitulé la Tempête . La douleur (189?) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/06/ME0000050633_3.JPG Une autre tête de la porte des enfers. Celle qui fut la Belle Haulmière (1880-1883) http://83.243.20.58/Photos/00/00/05/06/ME0000050624_3.JPG Encore issue de la porte de l'enfer, cette sculpture montre une vielle femme, symbole du temps qui passe et dégrade tout et surtout la beauté des choses. La danaide (1890)
Une de mes préférées (et la plus belle photo). La danaide se retrouve aussi sur la porte des enfers. Rodin représente ici l'épuisement, le desespoir et la souffrance de cette fille qui est condamnée à remplir d'eau des jarres percées car elle et ses soeurs ont tuées leur mari durant leur nuit de noces (pour se proteger de leur propre mort tout de même puisque les maris voulaient faire la même chose avec elles). Le penseur (1880-1906) http://www.musee-rodin.fr/images/resbapos/moulages/penseur.jpg Le Penseur, débuté autour de 1880-1882 et qui était nommé par Rodin "Dante" ou le "Poète", et domine la Porte de l'Enfer. Il devait donc être placé au dessus d'une série de condamnés sculptés en bas relief, en méditation sur leur sort, d'où la position de la statue. Un bref regard suffit à comprendre l'importance de cette méditation où le personnage semble être imperturbable et perdu dans les profondeurs de son âme. Mais Rodin donne rapidement une signification plus générale à l'oeuvre en l'exposant isolément et en la réalisant dans des dimensions variées, jusqu'à la taille monumentale. L'influence de la sculpture de la Renaissance italienne et particulièrement de Michel-Ange est sensible dans cette figure, redevable aussi à certains chefs-d'oeuvre du XIXè siècle comme l'Ugolin de Carpeaux, dont Rodin possédait un exemplaire. Son anatomie puissante traduit une concentration intérieure si intense que l'oeuvre est devenue le symbole universel de la pensée humaine. Ce rapport à l'âme est ici l'essentiel du travail de Rodin. Pourtant pleine d'une force et d'une puissance retenue, mise en valeur par le travail de la musculature, la statue ne donne à la force physique que l'image de l'apparence extérieure. La véritable force existe davantage à travers l'évocation d'une puissance intérieure, comme l'expression des tourments de l'âme, des angoisses humaines. La première exposition de l'œuvre en France en 1904 provoque le mépris ou l'amusement d'un partie du public et de la presse. En réaction est lancée une souscription pour couler la statue et une version définitive, plus grande, est offerte à la mairie de Paris en 1906: il s'agit de celle qui est aujourd'hui dans les jardins de l'hôtel Biron à Paris, à savoir le musée Rodin depuis 1919. |
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