 |
| AETAS |
| Administrateurs : Kaedes |
|
|
| |
|
| |
|
| Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 12-03-2006 à 16:14:12
| Les lames du Grand-Pressigny sont produites dans le sud de la Touraine durant le Néolithique final français. Leur grande longueur (de 25 à 40 cm) ainsi que leur diffusion sur une large partie de l’Europe — de la Bretagne jusqu’à la Suisse et les Pays-Bas au nord — en sont les principales caractéristiques. Si de nombreux ateliers sont connus, tout comme la chaîne opératoire de fabrication (de l’extraction à la mise en forme de la lame), de nombreuses questions se posent quant aux modalités de diffusion de ces objets à travers l’Europe. Comment s’est passée la redistribution des lames, y a-t-il eu transmission de savoir-faire technique, imitation, redistribution à longue distance ou déplacement des artisans ? Technologie Ces longs poignards étaient débités à partir de nucléus aménagés nommés "livres de beurre". Les lames étaient fabriquées dans des ateliers qui pouvaient se trouver soit directement sur le lieu d’extraction, soit à quelques kilomètres . On commençait donc par extraire des dalles de silex qui étaient dégrossies sur place avant d’être transformées en "livres de beurre". Pour l'extraction, on creusait des fosses d’une profondeur assez faible (1 à 2 mètres) à l’aide d’outils périssables (bois, os ou bois de cerf) et très probablement durant la saison sèche afin de faciliter le creusement. Une fois les dalles extraites, on les transformait en nucléus en "livre de beurre" pour obtenir des lames d’une trentaine de cm de long. La méthode employée alors et celle dite Levallois, connue dès le Paléolithique. La première étape de cette mise en forme consiste à dégrossir la dalle de pierre par enlèvement de grands éclats en sur les faces latérales du bloc.
La deuxième étape de mise en forme du bloc s’appelle l’épannelage. Il s’agit alors d’enlever des éclats toujours sur la partie latérale afin de dégager une surface bombée et régulière qui servira à créer la première lame. Pour cela, on emploi un gourdin qui vient frapper un "punch" en bois de cerf. Une fois le nucléus préparé, on commence le débitage, après une préparation du plan de frappe qui était piqueté afin de déterminer un plan de frappe précis. Ensuite, on retire la première lame, ce qui crée deux nervures qui permettront le débitage des deux lames suivantes, etc. Une fois que la surface de débitage a perdu sa forme on procède à un réépannelage qui consiste à retailler un plan de frappe et la courbure de la surface du nucléus. Cette étape est répétée jusqu’à ce que les lames atteignent une longueur de 24 cm. Le nucléus est alors abandonné. On obtient au final une douzaine de lames pour un nucléus, d’une longueur de 35-40 cm pour les premières et de 24 cm pour les dernières, la longueur étant à chaque fois raccourcie par la préparation du plan de frappe. C’est par l’expérimentation archéologique que l’on a pu connaître les techniques utilisées pour l’enlèvement des lames. Le débitage est réalisé par percussion indirecte à l’aide d’un maillet qui vient taper sur un percuteur tendre en bois de cerf qui qui lui va frapper le nucléus, posé sur un support en bois souple pour aider à amortir l’impact du coup afin que le détachement de la lame se produise au même moment que le mouvement de recul du nucléus. Le nucléus est ensuite abandonné ou bien il il sert à la réalisation d’autres outils plus petits.
un ptit extrait d'un boulot que je dois faire, la suite à venir
Message édité le 26-05-2006 à 21:09:06 par Olaf
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 13-03-2006 à 07:08:03
| c'est un exposé que tu dois faire? ou bien tu dois "recréer" des lames
--------------------
|
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 13-03-2006 à 19:40:44
| recreer lol non, je risquerai de me blesser. Un dossier sur le mobilier néolithique, ça c'est un extrait
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 13-03-2006 à 23:18:17
| Fonction Le temps nécessaire dans la réalisation de ces lames ainsi que le haut degré de savoir-faire technique nécessaire aux artisans implique une idée de spécialisation des productions, avec un apprentissage, des ateliers et ainsi toute une organisation socio-économique pour un objet qui ne peut être uniquement fonctionnel car une faucille ne nécessite pas une si grande longueur de lame. Le surcroît de travail des artisans implique donc que ces lames étaient plus que de simples outils. Une certaine valeur semble être accordée à ces grandes lames, que ce soit uniquement d’un point de vue économique (échange) ou bien de prestige. Cela explique aussi sa grande diffusion dans l’Europe occidentale. D’autres indices plaident en faveur d’une fonction prestigieuse au-delà de son statut d’outil. En effet, même si des traces d’usures et de réparations dues à son utilisation usuelle sont incontestables, dans le nord de l'Euorpe, les poignards en silex du Grand-Pressigny sont retrouvés dans de grands tumulus traduisant le statut élevé du défunt tandis que ce sont des imitations en silex local que l’on retrouve dans les tombes moins imposantes, donc avec un statut moindre, qui ne pouvait aspirer à la possession des poignards "originaux" .
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | baoe | | Pierre de l'édifice |  |  | | 2124 messages postés |
| Posté le 13-03-2006 à 23:57:00
| J'ai vu une émission ou un mec (archéologue je croit) c'est entrainé à faire ces outils. Apparament il a chopé le coup et il serai devenu "expert" en taillage d'outils. Il montrait où il fallait taper pour obtenir certaines forme...
-------------------- |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 14-03-2006 à 00:05:06
| ouai y'en a quelques un qui s'éclatent à faire ça et qui y arrivent bien, mais bon, c'est des années d'apprentissage
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 15-03-2006 à 20:05:35
| Diffusion Un recensement des production en silex du Grand-Pressigny en s’appuyant sur les études pétrographiques permettant l’identification de celui-ci est en cours. On peut ainsi mesurer l’ampleur de la production ainsi que son étendue géographique. Des lames sont ainsi retrouvées dans l’ensemble du Bassin parisien, dans le nord de l’Europe (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne), dans l’est de la France et dans le Jura français et suisse . Sa présence est aussi attestée en Aquitaine et en Bretagne et les exemplaires les plus méridionaux sont retrouvés dans le Vaucluse et la Drôme. La grande majorité des exportations concerne les grandes lames exportées sous forme de produit fini (régularisées). Elles sont parfois polies et le plus souvent montées en poignards par les utilisateurs. Des études de diffusion des lames ont montré que les grandes lames sont souvent accompagnées dans un premier rayon d’une centaine de kilomètres d’autres outils sur éclats ou lames plus courtes, puis il ne reste que les grandes lames. Ces dernières sont plus souvent polies vers le nord de l’Europe. Il devait probablement exister des sites de distribution secondaire, qui pouvaient éventuellement terminer la mise en forme ou bien échanger des outils de moindre valeur et qui devaient aussi faire office de relais pour un échange à plus grande distance. Les modalités d’échanges à grande distance restent néanmoins peu connues, certains dépôts de lames comme celui de la Creusette à Barrou (Indre) pourrait aussi laisser imaginer que les artisans se déplaçaient pour échanger leur outils. En dehors de la région du Grand-Pressigny, des ateliers sont connus dans le Vercors, mais aussi en Charente et Dordogne et emploient la même technique de débitage même si la qualité du silex rendait difficile l’emploi de cette méthode. Ces découvertes rendent probable l’idée d’un déplacement des artisans dans des régions assez éloignées afin de produire et vendre leurs outils et explique la diffusion à grande échelle de ces lames. Il faut aussi signaler le statut spécial accordé aux grandes lames en silex tertiaire du Bassin parisien dans le nord de l’Europe, que l’on retrouve associé aux lames de silex du Grand-Pressigny en tant qu’importation et qui semblent avoir eu la même valeur. Le Bassin parisien semble jouer le rôle d’intermédiaire dans la diffusion des lames du Grand-Pressigny entre le nord de l’Europe et la Touraine et cela pourrait expliquer la présence dans cette région spécifiquement de lames en silex tertiaire, les artisans du Bassin parisien en ayant profité pour écouler leur marchandise, qui avait une valeur équivalente dans le nord, ce qui n’était pas le cas ailleurs. On peut alors s’interroger sur l’éventualité de contrefaçons volontaire de la part des parisien envers leur voisins du nord.
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
|
|
|
| |
|
| |
|
| |
|
|