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| AETAS |
| Administrateurs : Kaedes |
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| Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 08-08-2005 à 14:43:45
| Le paléolithique supérieur Le paléolithique supérieur se distingue des périodes antérieures principalement par l'apparition de l'art. Si dans les millénaires précédents, l'Homme avait commencé à avoir un comportement artistique en collectionnant des objets, ce n'est que vers 40 000 avant JC qu'il commença à créer. Homo sapiens sapiens fut sans nul doute le principal acteur de cette révolution, mais des chercheurs pensent aujourd'hui que des oeuvres peuvent être attribuées à l'homme de Neanderthal. Les divisions chronologiques sont nombreuses, et très différentes selon les spécialistes, chacun ou presque se référant à une chronologie propre. De plus, les oeuvres et les sites sont parfois très différents à une même époque, et le style n'évolue pas de manière linéaire. Donc, étant donné cette difficulté à cerner plus précisément le cadre temporel, nous resterons dans l'appellation lâche de paléolithique supérieur, reconnue par tous. Médiums de l'art L'art se présente sous diverses formes au paleolithique supérieur : les fameuses peintures parietales, bien évidemment, mais aussi nombre de sculpture en argile crue, en ivoire, en os nous sont parvenues. Les oeuvres en bois, en tissus ou dans d'autres matériaux périssables ont malheureusement disparu. On ne peut qu'imaginer ce qu'elles devaient être, et il est certain que notre connaissance reste très partielle. Le métal n'est pas encore connu, et la pierre semble avoir plutôt servi à façonner des outils et des armes que comme support artistique. Cependant, il faut noter que certains de ces objets, très fins et fragiles, ne semblent pas utilitaires, et avoir plutôt une fonction d'apparat. De même, de nombreux témoins d'art apparaissent sur des éléments de la vie quotidienne qui ont sans doute eu un rôle non-artistique, comme les propulseurs. Art pariétal L'art pariétal regroupe à la fois la peinture et la sculpture, même si cette dernière est souvent occultée. Ainsi la grotte de Lascaux comporte plus de sculpture que de peintures ! Selon la dureté de la paroi, l'artiste utilisait ses mains seules (parois argileuses) ou des outils de pierre et de bois pour inciser la paroi. On arrive parfois à des chefs d'oeuvres tels les bisons modelés du Tuc d'Audoubert. Pour la peinture, les colorants utilisés étaient de deux sortes : l'ocre jaune, rouge ou brun et le charbon ou le manganèse pour le noir. En général, l'artiste traçait un contour avec un pinceau ou directement grâce à un bout de charbon et remplissit ensuite selon divers procédé : pinceau, application à la main, soufflage dans un tube. Ce dernier processus mouchetait finement la paroi, permettant des effets subtils de dégradés. Art mobilier L'art mobilier est l'art des objets, que ceux-ci soient utilitaires ou non. On trouve dans cette catégorie des rondes bosses, comme les Vénus, mais aussi des armes sculptées comme des propulseurs, et des objets de la vie quotidienne, comme des lampes en terre gravées de signes. On remarque souvent une correspondance entre arts mobilier et art pariétal : même iconographie, même style. [modifier] Iconographie Trois types de figurations sont réalisées : des signes, des animaux et des représentation humaines. Signes Les signes sont de loin les éléments les plus fréquents, les plus divers et les plus difficiles à interpréter. On les trouve autant dans l'art pariétal que dans l'art mobilier. Généralement, ils accompagnent des animaux, mais il existe aussi des panneaux de signes, comme dans la grotte de Niaux. Quels sont ces signes ? Des points, des flèches, des mains négatives et positives, avec un nombre de doigts variables, des quadrillages colorés de différentes teintes, des sortes de feuilles, etc. La liste est quasiment impossible à établir, tant ils sont divers. La couleur semble toujours avoir une grande importance. Selon André Leroi-Gourhan, nombres de ces signes doivent être interprétés comme des symboles sexuels. Par exemple, sur le panneau de signes de la grotte de Niaux, les signes fléchés seraient à associer à la femme et les points à l'homme. D'autres préhistoriens pensent qu'il s'agit d'une sotre de système numérique. Faune Les animaux sont le deuxième sujet de prédilection des artistes préhistoriques, qui s'inspiraient visiblement de leur environnement quotidien. Le bestiaire varie selon les régions : ainsi, on trouve dans la grotte de Lascaux comme dans celles du Quercy principalement de grands herbivores : chevaux, bisons, mammouths, aurochs,etc. alors la grotte Chauvet,en Ardèche, recèle des lions et des rhinocéros. Il arrive aussi que soient représentés des animaux imaginaires : ainsi trouve t-on par exemple une licorne sur les parois de la salle des taureaux de Lascaux. Le style de ces animaux est plus ou moins uniforme, quel que soit l'endroit où ils ont été peint. Pour les chevaux, par exemple, on note un ventre rond, large, alors que les jambes sont à peine ébauchées. Les animaux sont souvent regroupés, installés dans une scénographie. Ainsi, on trouve à la grotte Chauvet la représentation d'un mammouth surmonté de plusieurs lignes dorsales, ce qui donne une impression de profondeur et d'un troupeau. Les groupes peuvent comporter des animaux d'une même espèce, mais regroupent souvent plusieurs types différents. Les superpositions et raclages sont aussi monnaie courante. Parfois, un individu est écarté, comme le cheval dans le passage, à Lascaux. L'art mobilier aussi comporte nombre de représentations animales, notamment au bout de propulseurs. Le propulseur du faon à l'oiseau est l'un des plus délicats. Elément de prestige de par sa fragilité, il est le chef d'oeuvre d'une importante série d'objets du même type. Des chevaux en ronde-bosse sont également fréquents. La représentation humaine Les représentations humaines posent visiblement problème pour les artistes de cette époque, qui préfèrent peut-être subsituer au personnage humain un animal. * Les représentations masculines brillent par leur rareté. On les trouve principalement dans les grottes, et en général l'homme est très stylisé, prenant des traits animaux. Deux types peuvent être dégagés : o les hommes en situation de faiblesse face à un animal : on en trouve un exemple dans le puit de la grotte de Lascaux, au Roc de Sers et sur une plaquette provenant du Mas d'Azil conservée au musée des antiquités nationales de saint Germain en Laye. L'homme est couché face un animal chargeant, ou combat contre lui. o les "sorciers" : personnages mi-humains mi-animaux, parfois réduits à des masques comme dans la grotte d'Altamira en Espagne ou en pied, comme dans la grotte de trois frères * Les représentations féminines sont plus courantes. La plupart du temps, la femme semble être un symbole de fécondité, comme le montre les statuettes de "Vénus", où les hanches, le ventre sont hypertrophiiés et la tête et les membres réduits à l'état de moignons. Les vulves stylisées et les gravures de femmes présentes dans l'art pariétal renforcent cette hypothèse. Il faut toutefois mentionner la Dame à la capuche du musée des Antiquités nationales, en ivoire de mammouth, dont seule la tête est repésentée, de manière détaillée, avec une chevelure marquée. Interprétations Nombre d'interpétations ont été avancées pour expliquer l'art paléolithique. Voici les trois plus populaires chez les préhistoriens : * Une fonction magico-religieuse a tout d'abord été évoquée, cependant, on a retrouvé dans la grotte Chauvet des traces de pas d'enfants, ce qui a fait douter de cette hypothèse. Un lieu fréquenté par des enfants ne semble pas pouvoir être sacré. * Leroi-Gourhan a proposé une théorie structuraliste : il s'agirait en fait d'une représentayion symbolique de la société, où les animaux représenteraient des groupes humains. * Pour Jean Clottes, il s'agirait plutôt de la manifestation de rituels chamaniques.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 08-08-2005 à 14:49:34
| igure féminine stylisée du Pavlovien, à Dolni Vestonice (Moravie, République tchèque). bâtonnet en ivoire de mammouth (hauteur : 8,7 cm
Vénus de Brassempouy
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 08-08-2005 à 22:03:56
| il faut aussi dire que l'art est apparu avec le langage et ça c'est très important. On retrouve en fait des manifestations artistiques juste au moment où l'os hyoide (de la langue, celui qui nous permet de parler) est développé. |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 09-08-2005 à 13:40:39
| il y a un os dans la langue???
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 09-08-2005 à 14:40:39
| il parait oué... lol |
| | Cleopatre | | carpe diem | | Pierre de l'édifice |  |  | | 128 messages postés |
| Posté le 09-08-2005 à 16:49:18
| pas vraiment dans la langue, c'est l'os qui l'a soutiens ou un truc du genre je pense
-------------------- le comble de la connaissance est de croire qu'on sait deja... je viens d'un royaume d'autre part dont le temps est jadis et dont le lieu est au loin |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 09-08-2005 à 18:42:46
| Os hyoïde (anatomie), de la lettre grecque upsilon, et de eidos, forme. - C'est un os complètement isolé du reste du squelette, situé à la partie antérieure du cou, au-dessus du larynx et au-dessous de la base de la langue, d'où lui est venu aussi le nom d'os lingual. Il est composé de cinq pièces séparées dans le jeune âge et qui portent les noms de corps, grandes cornes et petites cornes. Dans son ensemble, il a un peu la forme de la mâchoire inférieure; sa convexité est dirigée en avant. L'extrémité des grandes cornes est attachée par des ligaments au cartilage-thyroïde du larynx, et celle des petites cornes tient aux apophyses styloïdes des temporaux, aussi par des ligaments. Presque toute sa surface donne attache à un grand nombre de muscles qui meuvent et soutiennent la langue, le larynx et le pharynx. Plusieurs muscles de la mâchoire, s'attachent aussi à cet os. Il remplit des usages importants relativement aux organes du goût, de la voix et de la déglutition. voilà une définition |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 09-08-2005 à 18:50:46
| comme ca on est fixé ^^
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 17-08-2005 à 14:33:09
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 17-08-2005 à 14:37:59
| un exemple d'os hyoide sculpté par nos hommes préhistoriques :
chouettes tes photos kae, ça montre bien l'importance de la fecondité ça... |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 17-08-2005 à 14:54:25
| oui, nos hommes contemporains devraient prendre exemple un peu ^^ excellent ton os sculptés, sont vraiment doués
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| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3722 messages postés |
| Posté le 23-10-2005 à 15:41:20
| Les représentations et gravures dans les tombes à couloir néolithiques Ce sont les gravures des stèles dressées qui sont intéressantes. Les gravures des tombes à couloirs sont en effet réemployées (anciennes stèles) ou bien de toute façon pas visibles alors que les stèles sont faites pour être vues. Ces questions des représentations et gravures valent pour toutes les disciplines archéologiques, ce qui est révélateur du vide épistémologique dans ce domaine. Il existe un grand écart entre le précis (analyses en laboratoires pour les datations, microscopes etc…) et l’imprécis (ce qui touche à l’art, la symbolique, la pensée etc…) en archéologie. L’archéologie est une discipline écartelée entre les sciences et la philosophie. Un exemple de réflexion sur une représentation : la table des Marchands de Locmariaquer
Gravures dans le dolmen, dont les formes supposées sont une hache, une crosse, les pattes d’un animal… . Locmariaquer est un site composé d’un tumulus de forme trapézoïdale, avec dans son axe le grand menhir brisé et dans l’alignement de cette stèle des fosses qui sont des creusements pour le calage d’autres stèles. Le grand menhir pèse environ 350 tonnes et est issu d’une carrière située à une dizaine de kilomètre (donc nécessite un effort collectif considérable). Plusieurs questions se posent autour de ce site : 1/ Quel est le volume de terre engrangé par le trou du grand menhir ? 2/ On a retrouvé un sol gallo-romain en-dessous. Est-ce que le menhir est tombé à cette période ou bien est-ce un simple mélange de couche ? 3/ Des fosses de calage de stèles sont alignées et partent du grand menhir, mais est-ce que cet alignement continue après la route (où pas de fouilles) ou non ? Ces questions sont sans réponse car pour des raisons de sécurité, les fouilles se sont limitées au niveau du calage. On ne peut pas non plus savoir à quelle époque il est tombé, et les questions sur l’alignement des stèles ne sont pas réglées. Le menhir se situe sur le point topographique le plus élevé du site. Or, on connaît un autre site en partie submergé on a en avant d’un tertre un affleurement naturel à partir duquel partent des menhirs alignés sur un accident topographique naturel. Mais on ne sais pas si c’est pareil à Locmariaquer. Sur le menhir sont représentés plusieurs dessins dont un symbole reconnu auparavant comme une hache-charrue et un autre comme des pattes d’un animal (cheval ?). En revenant à l’étymologie du nom, on remarque que le site en breton s’appelait au départ « dol ar Marc’hant » c’est-à-dire table de l’allée du cheval. C’est devenu phonétiquement Table des Marchands. Mais son nom breton a fait penser au 19ème siècle que ces hommes agraires avaient donné un nom évoquant le monde agricole dans lequel ils évoluaient. En plus, le 19ème est aussi un monde agricole, d’où la vision. Mais pourquoi représenter un instrument quotidien dans un cadre religieux ? avec des pierres mobilisant un effort considérable tant en transport qu’en nombre d’hommes appelés ?
Symbole de la table des marchands En analysant le symbole de plus près, on remarque que toutes les haches-charrues sont retrouvées en contexte maritime, sur des stèles et jamais sur des dolmens, qui sont visibles qu’elles soient intégrées ou non à des monuments isolés. Or, en observant les queues des cétacés plongeant, au moment ou la queue se rabat, on obtient déjà un morceau du signe, puis un autre en simplifiant l’image du souffle. La stèle de Mané Lud représente d’ailleurs un signe plus reconnaissable, avec une tête rectangulaire. Or, le cachalot est le seul animal marin avec une tête rectangulaire. Les éléments graphiques de la table des marchands permettent donc de nous renvoyer à l’image d’un cachalot.
Mané Lud Ces symboles sont ensuite stylisés par des artistes, qui ont réussi à abstraire un monstre, un personnage important etc… On peut comparer avec les représentations arthuriennes de la légende de Tristan et Yseult, ou Tristan doit combattre l’oncle d’Yseult, qui est un être mi-homme mi-monstre. La symbolisation en animal ou monstre de personnages mythologiques ou réels se retrouve dans de nombreuses tribus (cf. le jaguar dans les civilisations précolombiennes). Les représentations sont importantes car elles donnent un accès direct à la pensée. Pour l’étude de ces représentations, il faut donc les mêmes rigueurs que pour les études de mobilier céramique par exemple. L’enregistrement est très important (photo, images, scanner 3D…). Ces représentations sont d’ailleurs à mettre en parallèle avec les décors céramique encore plus abstraits et décomposés.
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | | | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 26-02-2007 à 18:17:30
| quelques infos sur la palette des peintres préhistoriques : ici D'origine minérale ou organique Les deux couleurs qui dominent largement dans l'art peint préhistorique sont le noir et le rouge. Les bruns, jaunes et blancs sont utilisés également mais moins systématiquement. Inutile de se demander s'il s'agit d'un choix stylistique ou non car nous n'avons aucun moyen d'y répondre aujourd'hui. Les peintres préhistoriques utilisent les ressources dont ils disposent. Ainsi, les pigments noirs utilisés sont naturels. On distingue les pigments organiques des pigments d'origine minérale. Les premiers sont donc représentés par les charbons, végétaux ou osseux. Ils sont simplement récoltés ou recyclés à partir des déchets culinaires pour les os brûlés. Un autre pigment noir largement employé par les préhistoriques : le dioxyde de manganèse. Le manganèse (son isotope stable 55) est le second métal le plus abondamment trouvé à l'état naturel à près le fer. des pigments rouges Extraits d'oxydes de fer Les pigments rouges sont aussi des pigments naturels trouvés dans des matériaux divers comme les argiles et les ocres naturellement teintés par des oxydes de fer. Mais le pigment rouge le plus employé par les hommes préhistoriques est l'hématite, un minéral composé d'oxydes de fer. Utilisée à l'état brut sous forme de bâton, l'hématite peut également s'obtenir artificiellement après quelques manipulations. Ainsi, si l'on chauffe à 250-300° C, de la goethite, un minéral, on obtient de l'hématite. De même si l'on chauffe de la limonite, un hydroxyde de fer jaune. Les hommes préhistoriques connaissaient déjà les propriétés des différents matériaux. Ainsi, grâce à la méthode de diffraction des rayons X couplée avec une analyse au microscope électronique, des chercheurs ont mis en évidence l'utilisation conjointe d'hématite naturelle et d'hématite obtenue par chauffe. des pigments jaunes Les ocres En marge du rouge et du noir, les hommes préhistoriques ont aussi utilisés les jaunes. Pour se les procurer, ils ont exploités les ocres trouvés à l'état naturel. L'ocre est une roche ferrique composée à 80 % de grains de sable mais aussi d'argile pure, qui est naturellement colorée par un hydroxyde de fer : la goethite. La goethite à l'état brut fournit le jaune. Si elle a cette teinte, c'est parce qu'elle contient de la limonite qui est à la fois un oxyde et un hydroxyde de fer. Globalement, à cette époque, si l'on veut ajouter du jaune à sa palette, il faut repérer les ocres jaunes et les minéraux qui contiennent de la limonite. Mais ces composants naturels fournissent également les bruns. La teinte des pigments minéraux est tellement liée au degré d'oxydation de certains composants, qu'il est logique que les teintes obtenues couvrent une large palette allant des jaunes aux bruns. Les bruns sont donc obtenus de la même manière. faire adhérer les couleurs aux parois Les liants Pour peindre, les hommes préhistoriques ne peuvent pas appliquer directement un bout de bloc de goethite et obtenir la couleur. Ils doivent avant tout préparer leurs pigments et les rendre applicables sur une paroi de grotte par exemple. Tout d'abord il faut les broyer. Pour cela il suffit de disposer d'une pierre plate et de moudre avec une autre pierre pour obtenir une poudre. Une fois la poudre de couleur obtenue, il faut lui ajouter un liant afin de créer une pâte qui va pouvoir être appliquée sur le mur et qui va se conserver. A cette époque, il n'est pas question de parler de liants chimiques. On utilise donc de l'eau, de la salive, peut-être même d'autres fluides corporels pour le mélange. Comme pour la peinture à l'huile, les pigments ont pu être intégrés à des mixtures grasses à base de moelle et de graisse animales. Pour agir sur la texture de la pâte, il est possible de faire varier les liants mais aussi de "charger " la pâte en y ajoutant, ou non, de l'argile par exemple. une infinité de couleurs Varier les tons de base Les pigments naturels utilisés ne sont pas très nombreux et pourtant les grottes ornées du paléolithique supérieur (35 000-10 000 avant J.-C.) offrent des couleurs assez variées. C'est bien parce les hommes préhistoriques savent modifier les ressources naturelles. La première solution, la plus évidente, est celle de mélanger différents pigments pour obtenir des teintes diverses. De plus, comme nous l'avons déjà précisé, ils savent comment transformer un matériau pour en obtenir un autre. Pour réaliser ces variations de teintes, une des méthodes employées est la chauffe des pigments. Ainsi il est possible de faire varier le degré d'oxydation d'un minéral et obtenir un rouge plus soutenu ou de passer d'un ocre clair à un brun plus foncé. Cette technique de chauffe permet aussi de recréer un matériau naturellement absent pour avoir une teinte manquante. C'est le cas de la goethite qui, par la chauffe, va se déshydrater et devenir hématite. l'application des couleurs Les techniques de peinture Après toutes ces étapes, la peinture est prête et il ne reste plus qu'à l'appliquer sur la paroi de la grotte. Pour cette étape, les hommes préhistoriques ont trouvé différentes manières de faire et cela se voit encore aujourd'hui. Le tracé digital. Très simple, il suffit de peindre directement avec les doigts enduits de peinture. Une technique qui sert également à la gravure des parois d'argile. La main. Les hommes préhistoriques ont aussi parfois enduit leurs mains entières de pigments pour les appliquer sur les parois, on les appelle les mains positives. Le pochoir. C'est encore la main qui sert de modèle mais, ici, la peinture est appliquée autour d'elle, on appelle ce dessin une main négative. La bouche. De nombreuses peintures laissent à penser que les pigments ont pu être directement soufflés sur la paroi. Soit soufflés par la bouche soit par l'intermédiaire d'une sarbacane. les outils des peintres Des outils spécifiques ? Pour appliquer les couleurs, les hommes préhistoriques ne se sont pas contentés d'utiliser leurs mains, leurs doigts ou encore leur bouche. Ils ont bien entendu élaboré un équipement spécifique pour la pratique de leur art. Des crayons. Certains blocs d'hématite étaient utilisés sous la forme de bâtonnets, comme des crayons. Des godets. Pour les pâtes colorées plus liquides, les hommes préhistoriques ont confectionné des récipients en pierre et certainement aussi en matière organique. Des tampons. Pour dessiner les taches d'un pelage par exemple, ils ont sans doute fabriqué des tampons à base de feuilles mais aussi de mousses. Des pinceaux. On peut sans abus penser que les hommes préhistoriques possèdent des pinceaux. Seulement voilà, aucun n'a été retrouvé pour l'instant. Des sarbacanes. Pour projeter et souffler la peinture autrement que par leur seule bouche.
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13332 messages postés |
| Posté le 26-02-2007 à 18:18:24
| encore visible après des millénaires Une conservation incroyable La plupart des peintures préhistoriques que nous connaissons se trouvent dans des grottes et non en plein air. Cela ne signifie pas forcément qu'il n'y en ait jamais eu, mais du moins qu'elles n'ont pas résisté au temps. Dans les grottes, l'histoire est différente. Hygrométrie forte, échanges gazeux constants et ruissellement d'eau richement chargées en calcaire contribuent à la bonne conservation des peintures préhistoriques. Seulement cet environnement fermé est très fragile. En témoignent les dégradations des peintures de la grotte de Lascaux I. Les nombreux visiteurs ont, par leur respiration, augmenté considérablement le taux de dioxyde de carbone, ce qui a entraîné l'acidification des vapeurs d'eau expirées et donc la corrosion progressive des parois. De plus, les éclairages artificiels installés ont contribué à une forte hausse des températures qui, couplée au taux élevé de dioxyde de carbone, a entraîné l'apparition d'algues. la suite sur le site
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2099 messages postés |
| Posté le 01-04-2007 à 18:42:18
| Le truc c'est que pendant longtemps on n'a pas cru que les arts préhistoriques étaient préhistoriques. Justement à cause la superbe conservation des figures (jusqu'à que les touristes les abiment) L'art mobilier a été le premier officiellement identifié comme oeuvre de l'homme préhistorique. Facile : il est trouvé dans des couches archéologiques datées par d'autres objets... L'art pariétal a mis plus de temps. La première vraie découverte date de vers1870 par Chiron dans la grotte Chabot dans le Gard. Mais il n'a pas publié sa découverte (des traits sur les parois > en vérité un animal mais invisible à cause de la lumière) Puis il y eut l'affaire de Altamira en 1880. Sur la propriété du marquis de Santuola, une grotte est découverte. Elle contient quelques silex que le marquis emporte avec lui pour les faire examiner par des spécialistes. Puis il revient dans la grotte avec des hommes et sa petite fille. Celle-ci s'ennuyant, regarde au plafond de la grotte et voit des "taureaux". En fait de taureaux, ce sont des bisons (je crois). Le marquis publie sa découverte mais le monde scientifique ne le croit pas : comment n'a-t-il pa vu ces dessins lors de sa première visite ? Ce doit donc être des dessins faits entre temps. Donc surement pas préhistoriques. Il faut attendre 1902 pour que soient découvertes de nouvelles grottes ornées : aux Essy de Tayac. Personne n'avait encore pénétré dans ces grottes donc on ne peut penser à une falsification moderne. Les préhistoriens s'excusent pour leur erreur à Altamira et cet art sur les parois des grottes est alors reconnu comme un art préhistorique. Et c'est à partir de là qu'on observe les parois, qu'on les regarde enfin. L'art rupestre a eu encore plus de mal à se faire accepter comme préhistorique. En effet, comment les dessins peuvent se conserver sur des blocs extérieurs aux grottes face au vent, à la pluie... ? Toujours est-il que c'est le cas. Même si on trouve bien sur des graffitis plus modernes. Comment a-t-on réalisé cela ? Dans la vallée du Coa au Portugal, on veut construire un barrage. Mais cette vallée regorge de dessins rupestres. Des archéologues demandent à les observer avant que le lieu soit engloudi sous les eaux. Et ils vont trouver que le style des animaux représentés est très proche de celui de ces mêmes animaux dans les grottes préhistoriques. Par comparatisme stylistique, on les reconnait comme anciennes. Et le projet dans la vallée est abandonné. Autre chose ^^ La localisation de ces trois types d'art préhistoriques : - art mobilier : assez diffus dans toute l'Europe mais un grand foyer en Dordogne (Périgord). - art pariétal : forte concentration dans le Sud-Ouest de la France, les Pyrénées et le Nord de l'Espagne. Très peu ailleurs. - art rupestre : des zones au Portugal et en Espagne.
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| | xixa | | souviens toi du vase à Soissons | | Pierre de l'édifice |  |  | | 220 messages postés |
| Posté le 03-11-2007 à 13:13:57
| attention!! l'art mobilier est présent dans tout l'ancien monde, de même que l'art rupestre et parietal. on retrouve des rochers gravés en chine, vers 7000 av j-c, de même en inde. l'art pariétal c'est la même chose on a retrouvé des grottes peintes dans la région du shichuan en chine datant elle aussi de vers 7000. pour ceux qui veulent je peux vous envoyer le cours de l'edl sur la préhistoire.
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2099 messages postés |
| Posté le 03-11-2007 à 13:48:13
| Tu peux très bien nous le présenter dans un sujet ^^ Tu as raison de dire que on a de l'art préhistorique partout dans le monde, mais malheureusement on ne l'étudie que pour l'Europe et la France (je te dis ça en connaissance de cause !)
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| | xixa | | souviens toi du vase à Soissons | | Pierre de l'édifice |  |  | | 220 messages postés |
| Posté le 03-11-2007 à 20:47:13
| a l'edl on le fait pour l'extrême-orient (premier cours de la matière), l'inde (par certaines lecture), le proche orient(et oui on fait meme les natoufiens) et pour l'Egypto (periode nagada). tifet, tu étudie l'histoire de l'art ou l'histoire? dans quelle fac ou école? (si ca ne te gêne pas de me le dire)
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2099 messages postés |
| Posté le 05-11-2007 à 14:42:19
| J'étudie l'archéologie à Montpellier (Hérault) Et on se centre beaucoup sur la France et pour la proto sur notre région. J'ai vu un peu les natoufiens cette année dans le cadre du néolithique et de la néolithisation (il faut bien voir ce qu'il y a un peu avant xD) Mais ça serait intéressant si tu nous faisais des sujets sur ce que tu as appris.
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