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| Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2190 messages postés |
| Posté le 17-06-2008 à 15:40:36
| Voici un petit topo sur mon premier chantier de fouilles (celui où je retourne pour la troisième année en juillet). Je reprend ici la première partie de mon rapport de stage réalisé pour valider ma troisième année de Licence I ) Localisation géographique Le site archéologique de Lattara se situe dans la ville moderne de Lattes à 5 kilomètres au sud de Montpellier dans l’Hérault. Initialement compris entre deux bras du fleuve Lez et la lagune, il est maintenant plus éloigné de la mer et les bras qui l’encadraient se sont soit ensablés soit déplacés avec les siècles. Aujourd’hui, le Lez coule plus à l’Ouest de la cité antique et son port est actuellement à environ à 3 kilomètres de la mer. Des étangs ont émergé entre la cité lattoise et la Méditerranée à mesure que celle-ci reculait. Cet espace est protégé, c’est la réserve naturelle de l’étang du Méjean. Le musée archéologique associé aux fouilles du site en est l’immédiat voisin alors que les autres côtés sont bordés d’habitations et de l’avenue de Pérols. II ) Histoire du site : le site dans l’Histoire A l’Age du Fer, différentes installations ont été établies dans les environs de la future Lattara mais la première installation sur le site même remonterait au dernier quart du VIème siècle avant notre ère (vers 525). « L’Etrusque s’est arrêté à Lattes » ainsi que le dit le titre d’un livre recueillant le courrier du premier fouilleur du site, Henri Prades, dont il sera fait mention dans la partie suivante. Il semblerait en effet que des populations venues d’Etrurie se soient installées au bord de la lagune pour des raisons qu’on peut supposer liées au commerce. Nous savons que les Etrusques ont commercé avec le Sud de la Gaule grâce notamment aux épaves remplies d’amphores étrusques échouées près des côtes gauloises. Cette installation étrusque sur le territoire lattois est visible aujourd’hui de manière partielle par les restes d’habitats et d’une enceinte. Celle-ci semblait déjà enclore la superficie qu’atteindra la ville aux époques suivantes soit 3,5 hectares mais on ignore si l’ensemble était occupé. La présence étrusque est marquée par des techniques de constructions nouvelles et l’établissement d’un plan régulier de la ville sans comparaison avec la tradition locale. La quantité d’amphores étrusques démontre la fonction commerciale de ce comptoir.
Photographie tirée du musée archéologique La petite cité lattoise connut une phase de destruction vers 475 av. J.-C. Après cette date approximative, le mobilier retrouvé en fouilles montre un renforcement des éléments indigènes et des relations avec Marseille. Les amphores étrusques ont été surpassées commercialement parlant par celles de Marseille au mica brillant. De l’événement qui marqua la cité languedocienne, nous n’avons que des traces d’incendie et le démantèlement d’une partie du rempart. Sans autre élément, il est impossible de savoir si l’incident est accidentel ou bien provoqué soit par les indigènes lors d’une révolte, soit par l’invasion de massaliotes. Il semblerait que le deuxième quart du Vème siècle ait connu une phase de « flottement ». L’habitat étrusque détruit, les maisons qui s’installent immédiatement au dessus reviennent à une installation en torchis sur poteaux porteurs de type tout à fait indigène. Le rempart est grossièrement réparé. Il faudra attendre les environs de 450 av. n.è. pour que l’enceinte soit entièrement refaite avec une mise en œuvre plus régulière.
Feuille de bronze sur laquelle on a écrit les termes d’un contrat commercial en grec (vers 450 av. n.è.) (UFRAL) La présence des grecs dans la cité est très probable comme l’indiquent des graffitis de noms grecs et deux inscriptions en grec sur du plomb retrouvés en fouilles. Est-ce l’influence grecque qui amène à une organisation nouvelle de l’urbanisme ? Trois rues principales organisent la ville en suivant les directions du rempart. Les îlots d’habitations sont orthonormés, encadrés de rues secondaires et de ruelles. Au IVème siècle, la cité s’étend vers le nord. On estime la population lattoise à 4000 personnes et leur territoire à 10 ha. C’est à partir de cette époque que se développe fortement l’économie. Il est possible que l’huile d’olive soit pressée dans la ville, alors que des forges commencent à être attestées dans l’habitat. Ce sont des signes d’une économie qui s’autonomise même si Lattara reste le « client » de Massalia ainsi que l’atteste la présence de monnaies d’argent découvertes regroupées en trésors. Les échanges sont facilités avec l’adoption d’une monnaie. Au début du IIIème siècle, la ville se transforme encore. Les rues, jusque là laissées comme poubelles collectives sans entretien particulier, sont rechargées avec des galets et elles restent propres. Cet aspect urbain nécessite une autorité centrale qui le gère. On ignore comment se manifestait ce pouvoir et qui l’exerçait. C’est aussi à cette période qu’apparaissent de vastes maisons organisées autour d’une cour. Autant l’inspiration est tout à fait méditerranéenne et hellénistique, autant cela reste des habitations indigènes dans leurs modes de construction notamment, qui restent typiquement celles des populations autochtones du sud de la Gaule avec des murs en pierres sèches. Il semblerait que ces maisons à cour ne soient pas l’affirmation d’une « classe dominante », leurs aménagements laissant penser à des habitations de famille élargie ou de plusieurs familles. Parmi les autres aménagements de la ville, l’enceinte sud se voit ajouter des tours presque carrées au cœur comblé par de la terre. Espacées d’une vingtaine de mètres, cinq d’entre elles ont été repérées avec certitude sur un nombre hypothétique de huit. Leur disposition fait penser aux enceintes édifiées à Nages et Ambrussum à la même période. Peu à peu, les échanges commerciaux s’établissent avec l’Italie alors que les guerres puniques amènent les romains sur les côtes gauloises et hispaniques. A Lattes, cela se caractérise par la découverte de vases à vernis noir du Latium puis, vers le milieu du IIIème siècle, de campaniennes
Graffites gallo-grec de Lattes (IIe s. av. n. è.) (UFRAL) A la transition entre le IIIème et le IIème siècle, l’écriture indigène apparaît à Lattes comme dans d’autres cités indigènes du Sud. L’alphabet grec va être utilisé pour transcrire la langue gauloise et on a surtout des mentions de noms en graffitis. Vers 175 av., les lattois construisent le port en matériaux durs tel que les fouilles l’ont révélé. On sait qu’il existait avant mais on ignore sous quelle forme il se présentait. Les structures de ce port servent à l’accueil de grands navires de commerce, comme ceux utilisés par les marchands italiques. En parallèle de la reconstruction de ce port, un nouveau secteur mêlant habitations et ateliers d’artisanat est mis en place au nord de la ville, agrandissant encore sa superficie. On ignore si un rempart entourait ce nouveau quartier. Peu à peu, le travail se spécialise et on voit apparaître de vrais ateliers de métallurgie ou de potier, ces activités ne se déroulant plus dans le cadre d’un habitat privé. Avec cette spécialisation fortement marquée au début du Ier siècle avant notre ère, les habitants ont un besoin de monnaie fort dans la vie de tous les jours. L’économie devient monétaire alors que jusque là les échanges dans la cité se faisaient grâce au troc. La véritable romanisation de la Gaule du Sud ne va s’opérer que sous le principat d’Auguste et malgré le peu de vestiges d’époque romaine présents sur le site de Lattara, on sait que les objets d’usage courant sont d’origine italique, que la tuile devient courante dans l’architecture locale, que le latin se diffuse ainsi que les monnaies romaines. A l’intérieur de l’enceinte, l’habitat romain qui est au sommet du tertre formé par l’accumulation des vestiges est très mal représenté car arasé par les travaux des champs. Une seule maison d’époque augustéenne est connue : elle est tout à fait typique des domus présentes dans les colonies.
Grande demeure à cour d’époque augustéenne, zone 60 de Lattes (UFRAL) Lattes se trouvait dans une position d’avant port pour la colonie de Nîmes. La petite cité est très probablement l’un des « vingt-quatre bourgs sans renom » attribués à Nîmes dont parle Pline dans son « Histoire Naturelle » à propos de la description de la Narbonnaise (Histoire Naturelle III, 5) ou Strabon dans sa « Géographie » (Géographie IV, 1, 12). On a retrouvé la nécropole de l’époque romaine au nord-est de la ville. En tout 175 tombes qui ont offert des exemplaires entiers de verreries, de céramiques et des stèles sculptées. Les nécropoles protohistoriques sont encore à découvrir. Elles se situent forcément en dehors de l’enceinte mais sont probablement enterrées sous des constructions modernes. A partir de la deuxième moitié du Ier siècle après J.-C., on remarque, malgré le peu d’informations dont on dispose, que les maisons disparaissent pour être remplacées par des champs et des jardins. Le site est peu à peu abandonné, des puits sont creusés en plein milieu de certaines rues démontrant le remaniement complet de cet espace urbain. Un atelier d’amphores gauloises est le témoin d’une activité viticole à Lattes et de l’exportation de ce vin. Les données actuelles ne permettent pas de dire quand et comment l’occupation s’arrête véritablement, mais il est évident que la ville connaît une phase de déclin dès le Haut Empire, très sûrement à cause de l’ensablement progressif de la lagune qui rend l’accès à la mer de plus en plus difficile. On sait qu’au Moyen Age, Lattes sera un temps le port de Montpellier et une nécropole médiévale confirme qu’il y a eu occupation dans ce secteur. Mais très vite, un autre port le supplante où la mer est plus facilement accessible.
Reconstitution de la ville de Lattara (MCC/MRT) Une ville se construit au fil des échanges qu’elle entretient avec d’autres populations. Les Etrusques, les Marseillais puis les Romains et les Ibères sont autant de partenaires qu’a connu la cité de Lattara et qui l’ont fait évoluer. Les techniques de construction, le mobilier céramique, la monnaie et l’alphabet sont autant de témoins archéologiques de ces échanges et on peut suivre à travers eux les évolutions de Lattes antique.
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| Posté le 17-06-2008 à 15:41:04
| III ) Les fouilles a) La (re)découverte La cité de Lattara était mentionnée par trois auteurs antiques. « Au delà | des bouches du Rhône | sont les étangs des Volques, le fleuve Ledus (le Lez), le castellum de Latara (Lattes), la colline de Mesua (Mèze), entourée de presque tous les côtés par la mer et qui serait une île si elle n’était pas reliée au continent par un étroit cordon. » (Pomponius Méla De Chorographia II,80) « Il y a dans la province de Narbonnaise, sur le territoire de Nîmes, un étang appelé Latera, où les dauphins pêchent de société avec l’homme. » (Pline l’Ancien Histoire Naturelle IX, 29) « Fossis Marianis (Fos), Nemausus (Nîmes), Megalona (Maguelone), Calum , Latara (Lattes), Sextantione (Castelnau-le-Lez),… » (Anonyme de Ravenne, Cosmographie V,3) Lors de leurs études au XVIIème siècle, on redécouvre ce nom antique. Un site est localisé près du village de Lattes au début du XXème siècle mais il faudra attendre les années 1960 pour lui redonner son nom. Une inscription honorifique qui a été découverte en 1965 fait mention des lattar(enses), les habitants de l’antique ville de Lattara. « Au dieu Mars Auguste et au Génie du collège des sévirs augustaux, T. Eppilius Astrapton, les artisans et les utriculaires de Lattes [dédient ce monument] en raison des bienfaits reçus » (traduction par E. Demougeot)
Portrait d’Henri Prades Archives du Groupe Archéologique Painlevé C’est donc dans les années 1960 que commence la véritable histoire des fouilles sur le site. Son découvreur Henri Prades (1920-1989) mène les premiers sondages sur une parcelle où des labours ont remonté du matériel archéologique. Ces sondages d’exploration vont révéler un site au potentiel de découvertes important. L’instituteur archéologue ne s’arrête donc pas là et en 1974, il publie « Le port de Lattara : Lattes, Hérault » avec Jean Arnal et René Majurel, un ouvrage servant de base, de référence sur le site de Lattara et où il met déjà en lumière le fait que le peuple étrusque a joué un rôle dans la cité portuaire. Henri Prades, dont le musée de Lattes inauguré en 1986 porte le nom, est considéré par ses pairs d’aujourd’hui comme l’inventeur du site de Lattes. b) Les fouilles aujourd’hui L’Etat, le Conseil Général de l’Hérault et la commune de Lattes se portent acquéreurs des parcelles constituant le site entre 1974 et 1978. A compter du 31 décembre 2007, les terrains appartiennent tous à la région Languedoc-Roussillon.
Vue d’une zone de fouille dans le secteur nord de la ville L’organisation des fouilles programmées commence à partir de 1983 et c’est depuis 1986 que des programmes de recherche triennaux sont mis en place. Les chercheurs encadrant ces programmes travaillent dans différents organismes (CNRS, Ministère de la Culture, Université de Montpellier III et INRAP) et composent une équipe pluridisciplinaire. Des partenariats internationaux (Italie, Espagne, Université de Chicago) augmentent et complètent l’équipe française. Voulant traiter des spécificités de ce site archéologique dans son ensemble, toutes sortes de spécialistes sont nécessaires : archéologues, historiens, anthropologues, céramologues, palynologues, anthracologues, …. Sur ce site vaste et riche en informations, divers programmes de recherche sont menés en parallèle. Les fouilles en elles mêmes se déroulent durant les mois de juillet et d’août mais elles ne représentent qu’une partie de ce travail de recherche. Le chantier de Lattes est un chantier-école à portée internationale offrant une formation aux techniques de fouilles, de prélèvement et d’enregistrement aux étudiants en archéologie et aux bénévoles passionnés. Ce système a été mis en place en 1986. Il se concrétise dans la réalité par un apprentissage des techniques de terrain, du maniement de la pioche et de la truelle à la réalisation de relevés stratigraphiques et de plans, et par des ateliers initiant aux spécialités céramologique, zoologique, carpologique et ichtyologique représentées dans le laboratoire permanent se trouvant à Lattes.
Vue du laboratoire de traitement de données Un tel laboratoire est nécessaire pour traiter toute la documentation recueillie en fouilles. Cette documentation est ensuite enregistrée et stockée dans une base de données informatiques appelée Syslat. Mis au point par l’équipe lattoise, ce système est évolutif et sa dernière version, testée sur le chantier de 2007 et actuellement disponible à la vente, permet une mise à jour instantanée des informations. Ainsi lorsque, depuis son laboratoire, le céramologue rentre ses observations sur le mobilier et donne un Terminus Post Quem (TPQ) et un Terminus Ante Quem (TAQ) à une couche, l’archéologue sur le terrain peut avoir accès à ces informations grâce au réseau établi entre les différents ordinateurs du site. Ce logiciel Syslat permet d’établir un seul et même protocole d’enregistrement pour toute une équipe. Développé au centre de recherche de Lattes, d’autres sites archéologiques de la région l’utilisent en ayant la possibilité de créer leur propre base de données, céramiques par exemple. Si le mobilier de Lattes est majoritairement protohistorique, Syslat peut être adapté à des sites préhistoriques ou classiques aux mobiliers différents. L’enregistrement des données de terrain a une interface simple sur un principe de fiches et il est là aussi possible de modifier les bibliothèques pour les adapter aux conditions de terrain propres à chaque site. Une petite formation à Syslat est proposée aux étudiants bénévoles durant leur stage afin de leur expliquer toutes les possibilités proposées par le programme.
Visuel de la page d’accueil de la dernière version de Syslat Sources http://www.lattara.net/index.html http://www.lattara.culture.fr/
Edité le 17-06-2008 à 15:49:09 par Tifet
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| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 17-06-2008 à 18:30:28
| riche et complet !! tu dois le connaitre par coeur le site si c'est la troisième fois que tu y retournes!! as-tu eu ta note de mémoire ?
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| | Tifet | | Laisser le temps au temps | | Pilier de l'édifice |  |  | | 2190 messages postés |
| Posté le 18-06-2008 à 11:50:29
| Oui je commence à bien le connaître même si pour faire ce rapport je me suis bien aidé des sites internet que j'ai présenté. Maintenant, on peut dire que je le connais mieux ^__^ J'ai eu 15 à mon rapport ! ^_^ J'étais contente ! -------------------------------------------- (bon normalement ce chapitre fait partie de ma dernière partie Post-Fouilles mais je pense qu'il est intéressant dans ce sujet-là !) IV ) La mise en valeur d’un site archéologique Après plus de vingt années de fouilles, de nouvelles préoccupations ont vu le jour. Désireuse de proposer un accès au grand public, l’équipe lattoise cherche à développer la mise en valeur du site. Ainsi à côté du musée Henri Prades qui propose une collection de mobilier archéologique mis au jour sur le site, l’idée est d’ouvrir le chantier au public et d’y proposer des visites ludiques. Un premier test a été réalisé cette année avec un week-end « portes ouvertes » organisé par les étudiants de deuxième année de Master Valorisation et Médiation des Patrimoines de l’Université Montpellier III. Les journées étaient ponctuées de projections et de petites conférences alors que des visites guidées étaient organisées en extérieur. Les étudiants se sont déguisés afin d’animer leur présentation en jouant le rôle d’anciens habitants de la cité. Pour ceux qui ne souhaitaient pas suivre le mouvement, des affiches explicatives étaient installées aux endroits importants du site. L’ensemble était clair et disponible pour un public non spécialisé. Ce week-end a vraisemblablement remporté un certain succès puisque les gens étaient nombreux à s’être déplacés malgré le temps gris.
Ilots d’habitations reconstitués Ce projet nécessite quelques travaux. Certaines maisons dont la fouille est terminée depuis des années se sont vues reconstituées sur 30 à 50 centimètres d’élévations alors qu’il n’y en avait plus du tout ou très peu. Le relief donné à la ville par cette reconstitution partielle est plus parlant pour un visiteur que des tranchées ou quelques pierres de fondation. Une maison protohistorique, construite selon toutes les techniques de l’époque, est en train d’être bâtie, depuis l’été dernier, sur un terrain voisin du site et donnera une illustration au plus près de la réalité historique qui sera présentée au public pour compléter leur découverte de l’environnement lattois. Un entretien régulier du terrain est aussi obligatoire si des visiteurs doivent y circuler. Les mauvaises herbes envahissent tout au fil des mois et le seul désherbage actuellement réalisé durant l’année accompagne la campagne de fouilles estivale. Pour le projet du Master professionnel, une équipe de la mairie était venue désherber l’ensemble et un système de sécurité fermant certains secteurs avait été mis en place. Il faudrait qu’un tel équipement soit effectif tout le temps afin que le site soit visitable tout au long de l’année. Or cela demande des moyens financiers que, pour le moment, les responsables du site n’ont pas puisqu’ils doivent concilier dans un même budget les dépenses liées à la fouille et ceux qui seraient nécessaires à la mise en application de ce projet. Les recherches archéologiques doivent aussi tenir compte de ce programme de mise en valeur. Si l’on souhaite que le site soit bien visible et puisse être appréhender facilement par le public, il ne faut pas descendre trop en stratigraphie. Ainsi certains îlots sont volontairement arrêtés d’être fouillés pour que par dessus soient élevés les faux murs. C’est le cas des maisons à cour des secteurs 52 et 54 actuellement en cours de fouilles. Même si ce serait intéressant de descendre pour trouver les premières fondations qui se trouvent sous ces grandes maisons d’inspiration grecque datées du milieu /fin IIIème siècle avant J.-C., les fouilles vont se contenter de comprendre l’organisation de l’habitat par le décapage de ces pièces et cour, et une fois cela achevé, un autre chantier commencera par dessus, celui de la reconstruction partielle.
Vue aérienne de la maison à cour de la zone 54 (UFRAL) Dans d’autres cas, l’importance est donnée à la recherche. Après tout pour bien connaître le site, la fouille est nécessaire et la stratigraphie doit être descendue afin d’appréhender l’histoire de la cité. Les secteurs 1 et 27 sont les meilleurs exemples de cette recherche d’autant que leurs fouilles durent depuis plusieurs années déjà. Les éléments trouvés dans les couches les plus anciennes sont intéressants d’un point de vue archéologique et historique et pourront être présentés dans le musée mais, du fait de la profondeur atteinte, la visite de ces secteurs n’est pas possible. Le seul moyen de mettre en valeur ces habitations de la ville d’origine serait de les reconstruire par dessus une fois la fouille terminée et l’ensemble remblayé, car cela reviendrait sûrement moins cher que de faire fonctionner sans discontinuer des pompes afin de canaliser le niveau montant des nappes phréatiques.
Page d’accueil du site http://www.lattara.culture.fr/ La mise en valeur d’un site archéologique passe évidemment par son aménagement pour la visite. Mais on peut également informer le public par d’autres moyens. A l’heure des nouvelles technologies, le ministère de la Culture a mis en ligne un site Internet: Lattes en Languedoc, les Gaulois du Sud disponible à cette adresse www.lattara.culture.fr/. Construit par Thierry Janin et Michel Py en collaboration avec le reste de l’équipe, le site est très complet et clair traitant de l’histoire du site, de son environnement, de ses échanges et contacts commerciaux, de son organisation urbaine. Une interface animée et des reconstitutions en 3D du site attirent l’attention et amènent au cours de la visite virtuelle à la découverte progressive de Lattara. C’est un outil complet et instructif.
Edité le 18-06-2008 à 11:58:37 par Tifet
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