AETAS
Administrateurs : Kaedes
 
 AETAS  Pavillon des Arts  Peintures & arts plastiques  Sophie CalleNouveau sujet   Répondre
 
Bas de pagePages : 1  
Kaedes
Gardienne Intemporelle
13461 messages postés
   Posté le 25-03-2006 à 19:07:29   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

Née en 1953 à Paris, Sophie Calle part au début des années 70 pour un long périple de sept ans autour du monde. C'est lors d'un séjour en Californie en 1978 qu'elle prend ses premières photographies "sans vocation" : des tombes portant l'inscription "Brother" et "Sister". A son retour à Paris, elle commence ses premières filatures d'inconnus dans la rue, dérive contrôlée dans la ville qu'elle agrémente de photographies et de textes, consignés dans ses carnets. Ce travail a pu être rapproché de celui des artistes des années 60-70 où le statut de l'image photographique est celui d'une trace, d'une preuve objective de leurs expériences et de leurs performances (Christo, Land art…).

L'œuvre de Sophie Calle se donne à voir depuis plus de vingt ans sous la forme d'installations photographiques et de récits, dont l'articulation et l'agencement se rapproche d'un art narratif issu lui aussi des années 70 (Chritian Boltanski).

En réalité, ses œuvres constituent l'aboutissement et le prolongement de situations mise en scène et vécues sur le mode autobiographique. Elles s'inscrivent dans une relation entre l'art et la vie singulièrement distincte du registre neutre, distancié et informatif des œuvres conceptuelles. Elles donnent au contraire une place importante à l'affect et au sentiment. L'artiste construit des règles du jeu et des rituels qui viennent s'imbriquer dans sa vie. Ses récits factuels et fictionnels à teneur autobiographique, accompagnés de photographies jouent sur les entrelacs possibles entre le texte et l'image, mais aussi entre fiction et non-fiction. Sophie Calle s'est ainsi attelée à la question de la signature, de la propriété, du secret de l'anonymat, de la disparition, de la substitution à l'autre.

L'exposition que lui a consacré le centre George Pompidou du 19 novembre 2003 au 15 mars 2004 réunissait des travaux anciens majeurs (Les dormeurs, 1979, Les aveugles 1986, Couleur aveugle 1991, Last seen , Vingt ans après, 2001) dont certains on été très peu vus en France et un corpus d'œuvres nouvelles et inédites (Voyage en Californie, Chambre à coucher, Une jeune femme disparait) pour la plupart créés pour l'événement, notamment Douleur exquise (1984-2003) et Unfinished (1988-2003). Cette exposition parachève la reconnaissance internationale de Sophie Calle amorcée en 1980 avec la présentation des Dormeurs (1979) à la XIème biennale de Paris, sa première exposition qui la conduit à décider de "devenir artiste", puis ses premières rétrospectives, à la galerie Fred Hoffman de Los Angeles en 1989, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1991, au centre national de la photographie en 1998 et à la galerie Emmanuel Perotin à Paris.



Les dormeurs (1979)
Pour ce projet l'artiste a convié durant une semaine plus d'une vingtaine d'inconnus et amis à venir dormir dans son lit à raison de huit heures chacun. L'ensemble des photographies et des récits des dormeurs à été montré à la XIème biennale de Paris en 1980, première exposition de Sophie Calle qui décide alors de "devenir artiste". Le thème du lit trouvera son prolongement avec le film No sex last night (1992) road movie réalisé aux Etats-Unis avec Greg Shepard

Le Bronx (1980)
A New York, elle réalise une série à partir de récits d'habitants qui l'emmenent dans le quartier du Bronx.

Suite vénitinne (1980)
Sophie Calle suit un homme à venise pendant quinze jours, prend des photographies, des notes.

L'Hôtel (1981)
Embauchée comme femme de chambre dans un hôtel de Venise, elle enregistre els traces laissées par les voyageurs.

La filature (1981). Elle engage un détective pour al suivre à paris et confronte son rapport avec lrécit qu'elle fait de sa journée.

Carnet d'adresses (1983)
A partir d'un carnet d'adresses trouvé dans al rue, elle publie une enquête sur son prpriétaire sous al forme d'un feuilleton dans Libération.

Les anges (1984)
Invitée à Los Angeles, elle demande aux habitants de la ville où sont le s anges.

Anatoli (1984)
Elle obtient une bourse pour un voyage. dans le transsibérien, elel fait al conanissance d'Aanatoli. elel poursuit sa route jusqu'en Chine, puis au japon. En escale à new Delhi,elel fait l'expérience douloureuse d'une rupture sentimentale dont elle livre el récit vingt ans après : Douleur exquise (1984-2003)

Les aveugles (1986)
"Quel est pour vous l'image de la beauté ?" demande l'artiste à des aveugles de naissance.

Couleur aveugle (1991)
L'artiste a demandé à des aveugles ce qu'ils percevaient dans les écrits de peintres décrivant leurs œuvres monochromes. La disparition et le manque sont toujours au cœur de son œuvre

Last seen (1991)
L'absence physique de tableaux dérobés au musée Isabella Stewart Garden de Boston fait place aux descriptions des conservateurs, gardiens et autres permanents de la collection.

Rituel d'anniversaire (1993)
Depuis 1980, Sohie calle se soumet à un rituel d'anniversaire en conservant méthodiquement, chaque année les acdeaux de ses coinvives.



Vingt ans après (2001)
A l'initiative du galliériste Emmanuel Perrotin, Sophie Calle réitère l'expérience de sa précédente Filature (1981). Selon le même principe, date pour date, vingt ans après est une installation à double voix comprenant l'enquête d'un détective (rapport écrit et photographies) sur une journée de l'artiste et sa mise en relation avec le récit de l'artiste elle-même.

Voyage en Californie (2003)
Après une séparation sentimentale, un inconnu ayant prié Sophie Calle de passer dans son lit cette période malheureuse, l'artiste préféra lui envoyer son lit emballé, à San Francisco. Il lui fut retourné une fois le deuil de la douleur terminé. Cette expérience donne lieu à une installation de photographies et de documents narrant le périple outre atlantique de l'objet

Chambre à coucher (2003)
Installation dans laquelle on peut observer des objets métaphores des Autobiographies (1988-2003).

Une jeune femme disparaît (2003)
Le destin de Sophie Calle croise celui de Bénédicte Vincens lorsque la presse mêle son nom à cette dernière, aperçue pour la dernière fois dans la rue après l'incendie de son appartement de l'île saint Louis en 2000. Elle était agent d'accueil au centre Pompidou, s'intéressait au comportement des publics et admirait Sophie Calle. L'artiste a pris des photos dans l'appartement dévasté et les mêle ici aux négatifs calcinés de la disparue.

--------------------
Kaedes
Gardienne Intemporelle
13461 messages postés
   Posté le 25-03-2006 à 19:08:19   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   




--------------------
Kaedes
Gardienne Intemporelle
13461 messages postés
   Posté le 25-03-2006 à 19:09:09   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   




Douleur exquise (1984-2003)

L'oeuvre se déploie en trois volets. Ce projet est fondé sur l'expérience exhumée d'une rupture sentimentale remontant à 1984-1985 et vécue alors par l'artiste comme le moment le plus douloureux de sa vie.


Avant la douleur se présente comme un long compte à rebours de quatre-vingt douze jours jusqu'à la séparation, instant clef du triptyque. Les photographies, lettres, textes et documents du voyage de l'artiste sont marqués d'un tampon rouge qui mesure le temps de J-92 à J-1. Le lieu de la douleur est symbolisé par la reconstitution de la chambre 261 de l'Hôtel Impérial de New Delhi où le téléphone rouge matérialise le manque et l'attente. Enfin, Après la douleur est le déroulement du récit de la souffrance, répété jusqu'à l'épuisement accompagné à chaque reprise de l'histoire d'autant d 'individus à qui l'artiste a demandé : "quand avez-vous le plus souffert ?"

Unfininished (2003)
Vidéo d'un récit des tentatives de Sophie Calle pour exploiter les qualités esthétiques d'images trouvées dans un établissement bancaire. La vidéo se prolonge sous la forme d'une installation (Cash machine) qui réunit plusieurs centaines de photographies provenant de vidéo surveillance de distributeurs automatiques qui montrent des visages anonymes aux expressions vibrantes. La série des mains qui ont touchés l'argent convoque directement la question universelle de la relation à l'argent. Enfin Cœurs de cible est composé de portraits photographiques de jeunes délinquants portant des impacts de balles qui servent aux séances d'entraînement de tir de policiers américains.


--------------------
scarpino
Pierre de l'édifice
68 messages postés
   Posté le 26-01-2008 à 22:52:38   Voir le profil de scarpino (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à scarpino   


Un petit complément sur les dernières réalisations de Sophie Calle .(Source d'information: supplément d'art press n°335)

2007, Invitée à représenter le france à la 52°biénnale de Venise, Sophie Calle recrute par petite annonce son commissaire d'exposition.Une forme de recherche qu'un ami lui a suggéré mais qui est tout à fais dans son mode de faire. Ce sera Daniel Buren dont elle retiendra la proposition. Comme pour elle "travailler sur le mur n'est pas mon point fort. le livre est plus naturel pour moi ", ce sera daniel Buren qui s'en chargera, adaptant le pavillon français, son faux style renaissance et l'étroitesse de ses espaces pour mettre en valeur les 106 photographies, textes et films de "Prenez soin de vous".
Ce travail qu'elle avait commencé avant d'être séléctionné a comme point de départ l'email qu'un amant lui vait envoyé en expliquant pourquoi il voulait rompre avec elle.Elle ne savait pas trop comment l' interpréter et a eu l'idée de demander à 106 femmes de le faire, et de retranscrire en fonction de leurs métiers , mode d'expression ou rhétorique particulière. Une cruciverbiste en donnera une grille carré de 18 cases contenant notamment les mots amer, mascarade, irrémédiables....
Chaque femme recevant la lettre sera photographié par Sophie Calle et associé à leurs respectives interprétations.Ce moment d'intimité ou chacune se plonge dans la feuille blanche dans des environnements divers en fait une série ou nous sommes aussi attiré par ce point commun , ses variantes.Nous nous doublement laissons attirer et focalisons notre attention sur ce pouvoir de délocalisation.
Cas particulier,une des femmes auteures-lectrices est sa propre mère .
Apprenant qu 'elle est atteinte d'une grave maladie ,Sophie Calle fera avec elle et avec son accord un autre témoignage dans le cadre de la section internationnale." Pas pu saisir la mort", une vidéo enregistrant à son chevet jusqu'a ses derniers jours , minutes , secondes.Un texte encadré l'accompagne.
Robert Storr , commisaire de l'exposition internationnale qualifie ce témoignage de "chronique immédiate, bouleversante de tendresse sur sa sereine disparition."


Edité le 26-01-2008 à 22:53:31 par scarpino




--------------------
Kaedes
Gardienne Intemporelle
13461 messages postés
   Posté le 27-01-2008 à 09:46:32   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

étrange travail, fascinant témoignage.... j'aurais bien aimé aller a cette exposition

--------------------
Haut de pagePages : 1  
 
 AETAS  Pavillon des Arts  Peintures & arts plastiques  Sophie CalleNouveau sujet   Répondre
 
Identification rapide :         
 
Divers
Imprimer ce sujet
Aller à :   
 
 
créer forum - annuaire forum
© 2003 - 2008 AlloForum.com - Version 3.2 PLUS
   Hit-Parade