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Kaedes
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   Posté le 11-11-2006 à 11:54:52   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=185589


Le système SS

Au départ simple garde prétorienne, les SS devinrent le bras armé de la démence hitlérienne. Jonathan Littell a fait de l'un d'eux le personnage de ses « Bienveillantes », couronné par le prix Goncourt, tandis que du « Mythe de Hitler », de Ian Kershaw, au « Journal » de Goebbels se multiplient les parutions sur le IIIe Reich. Une vraie avalanche. « Le Point » rouvre ce dossier en s'appuyant sur les dernières recherches historiques.


François Dufay


Pour certains, c'est une oeuvre majeure de notre temps, un nouveau « Guerre et Paix », où, dans les neiges de la Russie, la Grande Armée de Napoléon aurait été remplacée par les Einsatzgruppen et autres phalanges de l'ordre noir. Pour ses détracteurs, c'est au contraire le jeu dangereux d'un surdoué de 39 ans qui prendrait un plaisir retors à faire s'identifier son lecteur avec un massacreur de juifs. Colossal succès de l'automne avec 300 000 exemplaires vendus, « Les Bienveillantes » (Gallimard), de Jonathan Littell, reprend la question du nazisme sous l'angle à la fois le plus évident et le plus dérangeant : celui de la psyché du bourreau, et de son passage à l'acte.


Une fois dressés les « murs de noms », écrites les sommes sur le IIIe Reich, projetés les documentaires de référence sur la Shoah, il restait en effet à fouailler les ténèbres intérieures de ces « hommes ordinaires » qui, pourtant, accomplirent l'impensable. Les nazis furent-ils, comme le héros SS des « Bienveillantes », des esprits cultivés, rejetons d'une vieille civilisation lisant Platon et « L'éducation sentimentale » tout en donnant libre cours à une pulsion de mort enfouie en chacun de nous ? Ou restent-ils, en dépit de toutes les banalisations, une clique démoniaque, arrivée au pouvoir par un concours de circonstances et retranchée par ses crimes du genre humain ? Quelle nuit remue en Max Aue, héros du livre de Littell, qui, plus de soixante ans après, nous reste encore opaque ?

Une chose est sûre : alors que notre époque a connu d'autres génocides, d'autres épurations ethniques, d'autres nihilismes exterminateurs, le pouvoir de fascination exercé par le national-socialisme, qui en son temps fit tourner les têtes d'un Brasillach ou d'un Drieu la Rochelle, reste étonnamment intact. Comme si le mal y avait revêtu sa forme magistrale, définitive. Comme si, en un éternel retour du même, notre angoisse d'hommes du XXIe siècle, tétanisés par les apocalypses en suspension - qu'elles soient nucléaire, terroriste, climatique -, n'en finissait plus de frissonner au miroir de la plus grande entreprise autodestructrice de tous les temps.

Ce paradigme du mal, Le Point a demandé aux meilleurs spécialistes - ceux-là mêmes dont s'est nourri Jonathan Littell - de tenter de le décrypter, qu'il s'agisse de l'Allemand Peter Reichel, sémiologue des fastes hideux du décorum nazi, ou de Ian Kershaw, biographe inégalé d'Adolf Hitler, qui veut croire, en bon Britannique pragmatique, que la raison historique peut rendre compte de phénomènes aussi inouïs.

Car, loin des feux de la rampe et des polémiques littéraires, les chercheurs, stimulés par l'ouverture des archives soviétiques, n'ont cessé de creuser, avec des problématiques nouvelles et des équipes rajeunies, le sillon sanglant de la Shoah. Grâce à eux, notre connaissance du système SS, déjà défriché par Eugen Kogon, ne cesse de progresser. A travers ses « Chasseurs noirs » (Perrin), brillante étude d'une unité SS composée de la lie de la société allemande, Christian Ingrao, 36 ans, apporte une nouvelle pierre à notre compréhension des mécanismes de la barbarie. On n'est pas si loin des thèses d'un Littell quand, de son côté, Edouard Husson (université Paris-IV-Sorbonne) montre à quel point le génocide fut planifié par une armada de juristes maniaques, d'économistes fanatiques et autres intellectuels SS obsédés - sous prétexte de « croisade contre le bolchevisme » - par le projet de livrer les immensités slaves vidées de leurs habitants aux colons blonds.

C'est justement dans ces plaines d'Ukraine qu'un religieux français, le père Patrick Desbois, main dans la main avec les organisations juives, s'est attelé à une tâche sans fin : retourner la glèbe des charniers, afin de rendre hommage aux morts sans sépulture de la « Shoah par balles », que l'extermination industrielle d'Auschwitz a longtemps occultés. Avec ce travail de deuil enfin accompli, ce n'est plus, alors, de fascination malsaine ou d'ambiguës fictions qu'il s'agit, mais bien de dignité et d'espérance humaine

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Kaedes
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   Posté le 11-11-2006 à 11:55:34   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

Citation :


Reinhard Heydrich (1904-1942)

Est le plus connu des responsables SS. Officier de marine rayé des cadres, Himmler lui confia l'organisation d'un service de renseignement. Progressivement, il devint son second, en particulier en matière de politique antijuive. Au début de la guerre, Heydrich prend la tête du RSHA, le Bureau central de la sécurité du Reich. Nommé en plus protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie, il mourut à Prague en 1942, à la suite d'un attentat de la résistance tchèque.

Kurt Daluege (1897-1946)

Moins connu que Heydrich, considérablement sous-estimé, il a travaillé avec trois personnages clés du système nazi : Goebbels, avant la prise du pouvoir, comme adjoint au Gauleiter de Berlin ; Göring, pour organiser la police en Prusse ; puis, à la tête de l'Ordnungspolizei, qui a joué un rôle essentiel dans la « Shoah par balles », - les 3 000 Einsatzgruppen n'auraient pas suffi à la tâche. Successeur de Heydrich comme protecteur adjoint du Reich en Bohême-Moravie, il organisa en représailles le massacre de Lidice. Cela lui valut d'être condamné à mort par un tribunal tchécoslovaque en 1946.

Erich von dem Bach Zelewski (1899-1972)

Est l'un des responsables SS de la première génération . Remarqué par Himmler, il dirige le massacre de Riga, qui fit 35 000 victimes le 31 octobre 1941. Malgré sa dureté légendaire, von dem Bach Zelewski dut s'arrêter un an, atteint de troubles psychiques consécutifs aux exécutions répétées de juifs. Mais à partir de juin 1943, il dirigea la lutte contre les partisans en Biélorussie et, à l'été 1944, l'écrasement de Varsovie insurgée. Simple témoin à Nuremberg, il ne fut condamné à perpétuité qu'en 1962 et mourut en prison en 1972.
Heinrich Himmler (1900-1945)

Chef suprême de la SS (à gauche), ici en visite au camp de concentration de Mauthausen, en compagnie du commandant du camp, et d'Ernst Kaltenbrunner, successeur de Heydrich à la tête du RSHA.
Theodor Eicke (1892-1943)

Commandant de Dachau, il se vit confier en 1934 la direction du système concentrationnaire dans toute l'Allemagne. Au début de la guerre, ses SS-Tête de mort constituèrent une division de combat. Décède dans un accident d'avion.



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Membre désinscrit
   Posté le 11-11-2006 à 21:09:11   

je n'ai pas encore eu le temps de lire ton topic ma kaé, mais je me souviens que ma prof de 3ème nous avait dit ce que signifiait SS.

DOnc je ne sais pas si tu l'as mis dans ton post, mais pendant que j'y pense je te dis ce que ça veut dire: Schutz Staffel, ap je chercherai la traduction ^^
napoleon
La foi transporte les montagnes.
Pierre de l'édifice
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   Posté le 26-02-2007 à 18:05:53   Voir le profil de napoleon (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à napoleon   

Je crois que ça veut dire: "escouades de protection"
A+


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Kaedes
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   Posté le 26-02-2007 à 18:08:34   Voir le profil de Kaedes (Offline)   Répondre à ce message   http://sblanc.emploiblog.com   Envoyer un message privé à Kaedes   

a ce stade la, ils allaient au dela de leur role de protecteur ^^'


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Pierma
Il n'y a pas 2 vérités historiques
Lauriers d'Or
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   Posté le 30-05-2008 à 21:59:05   Voir le profil de Pierma (Offline)   Répondre à ce message   Envoyer un message privé à Pierma   

Il ne faut pas confondre la SS avec son extension dans l'armée, la Waffen SS (la SS combattante) La Waffen SS n'était pas très différente du reste de l'armée allemande, même si ses soldats étaient sélectionnés, entraînés plus durement et fanatisés. Les soldats de la Waffen SS se sont acquis une réputation justifiée de combattants exceptionnels et d'assassins sans scrupules, mais ils n'étaient pas initiés aux secrets de la SS proprement dite.

La SS constituait l'élite noire du régime nazi, et son chef, Heinrich Himmler, était également le chef du Service de Sécurité du Reich - qui comprenait la Gestapo, et tous les services de police et d'espionnage. Autrement dit la SS disposait d'une mainmise absolue sur l'Allemagne.

On ne comprendrait rien au système nazi si on ignorait la vision du monde que partageaient l"ensemble des SS à partir d'un certain niveau.

Il y a bel et bien eu une sorte de religion nazie, paganiste, basée sur la vision future d'une sorte d'homme-dieu, dont la race germanique préfigurait l'apparition.

Dans leur vision de l'histoire passée de l'humanité, les nazis pensaient qu'il avait existé différentes races humaines, certaines supérieures, d'autres plus ou moins dégénérées (les latins, les slaves) et jusqu'à des races animales (les juifs, les noirs...) auxquelles le statut d'êtres humains devait être refusé, parce qu'elles polluaient le développement des races humaines.

Dans cette vision, le projet nazi consistait à mettre l'Europe sous l'autorité de la races des seigneurs, qui poursuivrait son extension géographique vers l'Est et s'améliorerait au fil du temps en réservant la reproduction aux meilleurs exemplaires de la race germanique.

Albert Speer, ancien architecte d'Hitler puis ministre de l'armement du Reich, a expliqué comment au début de 1942 - alors que la victoire contre la Russie restait une certitude chez les SS - il a participé à des réunions avec Himmler qui lui demandait de préparer et d'évaluer les moyens nécessaires à la construction d'une centaine de villes de 20 000 habitants en Russie. Ces villes nouvelles auraient accueilli des colons allemands et constitué la base future d'une domination exclusive par la race aryenne.

Speer estime que la construction de ces villes aurait coûté la vie à 45 millions de travailleurs russes réduits à l'esclavage.

Seul des grands dirigeants nazis à avoir fait preuve de repentir, Speer a décrit tout cela dans un livre très complet, mais comme il n'était pas SS, il ignorait l'essentiel de l'arrière-plan "religieux" de cette folie. Le mot de "religion" n'est d'ailleurs pas parfait pour décrire une vision du monde basée à ce point sur le règne de la brutalité la plus nue.

Les historiens sont assez réservés sur cette religion nazie, dont ils sous-estiment sans doute l'impact. Elle transparaît dans des ouvrages connus, mais le fait qu'elle imprégnait tous les dirigeants SS n'est pas une évidence pour eux. Il semble en effet que les cérémonies d'initiation et la transmission de cette "religion" soient restées secrètes en dehors de la SS. Et encore fallait-il atteindre un certain rang pour tout en savoir. Aux SS de base, on se contentait de cours sur la théorie raciale nazie.

Peu d'Allemands savaient ce que mijotaient les nazis pour l'avenir, et les SS ont gardé leurs secrets après la chute du Reich.

Et c'est peut-être mieux ainsi : le racisme nazi est si radical qu'il pourrait être dangereux de faire trop de publicité à ces histoires bizarres de géants, d'homme-dieu et de races dégénérées. Il ne manquerait pas d'abrutis pour les reprendre à leur compte. Mieux vaut laisser dormir la bête.

Tiens, j'y pense : début 42, quand les SS demandent à Speer de planifier "l'aménagement" de la Russie, c'est aussi la période de la conférence de Wansee, où les SS décident et organisent l'extermination des Juifs. Ils sont bel et bien en train d'organiser l'Europe future, celle d'après la victoire. Donc racialement propre. (Dans l'esprit d'Hitler, qui croyait dur comme fer que les juifs dirigeaient le monde et voulaient la disparition de l'Allemagne, il peut s'agir aussi d'une mesure défensive.)

On pense aussi que la "zone interdite" qui regroupait le Nord, la Lorraine, la Franche-Comté représentait les contours d'un futur état SS modèle, occupant l'emplacement de l'ancienne Lotharingie, cet état attribué à l'un des trois fils de Charlemagne, lui-même premier empereur germanique. Si l'idée est connue, par contre je n'ai jamais rien trouvé sur les modalités envisagées pour ce futur état SS.


Edité le 31-05-2008 à 01:56:28 par Pierma




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"Si nous ignorons comment la terre s'est formée, nous sommes pourtant certains qu'elle s'est formée d'une certaine façon."
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