 |
| AETAS |
| Administrateurs : Kaedes |
|
|
| |
|
| |
|
| Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 08-07-2006 à 22:45:24
| Alors je vous parle là d'une culture néolithique que je porte particulièrement dans mon coeur car ce fut un peu mon sujet de maîtrise et pour moi une des cultures néo les plus interessantes de france de par sa position chronologique et géographique. Je vais essayer de faire simple, puis, dans un élan de générosité, je vous parlerai peut être de mon sujet de maîtrise qui sait
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 08-07-2006 à 23:03:50
| Une brève définition Le groupe de Villeneuve-Saint-Germain (VSG pas PSG) appartient à la culture de Villeneuve-Saint-Germain/Blicquy, définie au début des années 1980. Il correspond à la fin du Néolithique ancien français dans le Bassin parisien, soit au Néolithique moyen/récent européen. Il succède au Rubané Récent du Bassin Parisien (RRBP) et en dépasse largement ses frontières au Sud et à l’Ouest. Chronologiquement, le VSG de développe donc entre 4900 et 4750 avant J.-C. Géographiquement, il s’étend sur l’ensemble du Bassin parisien et en dépasse même ses frontières vers l’ouest et le sud, puisque des indices de sites VSG ont étés retrouvés dans la vallée de la Loire et dans le massif armoricain, le site le plus occidental connu se situe à Betton (Ille-et-Vilaine) voire même dernièrement dans la banlieue de Brest.
Dès sa définition, une périodisation en trois étapes est proposée, sur la base d’une périodisation céramique observée surtout sur la céramique du groupe de Blicquy, situé dans le Hainaut belge, considéré comme le faciès nord de la culture de VSG/Blicquy. Mais cette périodisation ne prend pas en compte des phénomènes de régionalisation mis en évidence plus récemment grâce à l’augmentation incessante des découvertes de sites appartenant à ce groupe culturel et à la mise en place de synthèses régionales. La céramique est le principal mobilier qui a permis la mise en place de cette périodisation, mais c’est aussi l’étude de cet artefact qui contribue aujourd’hui à repenser celle-ci. Questions chronologiques Le VSG succède à l’étape finale du Rubané Récent du Bassin Parisien (RRBP) et précède le Cerny. En effet, des caractéristiques de l’étape finale du RRBP se retrouvent dans l’étape ancienne du VSG, parallèlement à des innovations qui sont propres à ce dernier groupe. De plus, plusieurs sites ont livré des bâtiments appartenant à la fois au Rubané et au VSG, mais s’excluant mutuellement et dont l’analyse des fosses de rejet prouve l’antériorité de l’implantation rubanée. Enfin, les travaux sur la relecture des datations radiocarbone montrent que le VSG débute au plus tôt à la fin de l’étape finale du RRBP et qu’au moins la moitié de la culture de Villeneuve-Saint-Germain/Blicquy se développe après la fin du RRBP. j'espère que c'est pas trop dur
Message édité le 14-07-2006 à 22:56:29 par Olaf
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 09-07-2006 à 10:03:44
| moi ca va pour l'instant en tout cas ^^
--------------------
|
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 14-07-2006 à 23:17:10
| L’Habitat et le funéraire Les habitats sont implantés dans tous les ensembles géomorphologiques : les grandes vallées alluviales sont toujours très occupées, mais les hommes s’implantent aussi dans les réseaux secondaires et tertiaires des grands fleuves, comme c’est le cas dans la vallée de la Mauldre ou de la Vaucouleurs dans les Yvelines par exemple . Les habitats s’implantent également sur les buttes et plateaux, comme à Champigny-sur-Marne « Le Buisson Pouilleux » . L’occupation devient de plus en plus dense au VSG, mais paradoxalement, les plans des maisons sont beaucoup moins bien conservés qu’au Rubané. Le plus grand village actuellement connu est celui de Poses « Sur la Mare » dans l’Eure, avec une dizaine de maisons organisées en deux rangées parallèles, qui correspondent à deux phases d’occupation du site, peu éloignées dans le temps. Les maisons sont de plan quadrangulaire long (une trentaine de mètre de longueur en moyenne), mais avec une trapézoidalité de plus en plus marquée par rapport au Rubané . C’est la façade avant de la maison qui est plus large que la façade arrière. Elles sont orientées selon un axe est-ouest avec l’entrée vers l’est. A l’intérieur, les trous de poteaux montrent une organisation en tierces transversales qui servent à diviser l’espace en plusieurs pièces. Les fosses-dépotoirs sont placées le long des façades latérales de la maison, avec une densité de rejet systématiquement plus importante du côté sud, ce qui trahirait une zone d’activité domestique à ce niveau de la maison.
Certains sites comme Jablines « La pente de Croupeton » ou Neauphle-le-Vieux « Le Moulin de Lettré » ont un niveau de sol conservé ce qui permet d’appréhender plus clairement l’organisation de l’espace au sein du village. On remarque ainsi que le village est organisé en aires d’activités : aire de production de lames, d’éclats, aires d’activités domestiques comme la mouture, etc…
Le mode d’inhumation entre VSG et Rubané ne change pas. Les sépultures sont toujours creusées dans des fosses, avec des corps qui sont déposé en position repliée, sur le côté gauche, la tête tournée vers l’est. Les sépultures peuvent se retrouver dans les fosses d’habitat ou dans les nécropoles. Elles semblent moins riche qu’au Rubané : la céramique est moins décorée, on dépose moins de parure en coquillage et moins d’ocre. Par contre, les bracelets en schistes, caractéristique de ce groupe culturel, sont souvent retrouvés dans les sépultures. L’industrie lithique et la parure Pour la production lithique, on commence à utiliser la percussion indirecte. Le débitage sur lame devient majoritaire et les éclats ont tendance à devenir de plus en plus gros. Les lames sont fréquemment confectionnées à partir d’un silex de bonne qualité, notamment à partir du silex tertiaire bartonien que l’on trouve à l’état naturel dans le Bassin Parisien et qui fait l’objet d’échanges à longue distance, alors que les éclats ne sont que rarement fabriqués à partir de ce type de roche, mais plutôt à partir de silex local de moins bonne qualité. De nouveaux outils apparaissent, comme des grattoirs-herminettes, des armatures de flèches assymétriques et des tranchets. L’outil le plus courant devient le burin, suivi des grattoirs et racloirs. Vers la fin du VSG, les tranchets prennent une place de plus en plus importante.
En ce qui concerne la parure, les coquillages sont toujours utilisés, mais on voit surtout apparaître des anneaux en céramique, en calcaire et en schiste. Ces derniers sont une des grandes caractéristiques du VSG qui permet de reconnaître ce groupe culturel. Ils sont plats, circulaires, façonnés dans des palettes de schiste de provenance ardennaises ou armoricaine. Les anneaux en calcaire prennent la forme des bracelets en schiste ou bien sont rainurés et beaucoup plus large. Il semblerait que le calcaire employé provienne du sud de la France. Les anneaux de pierre peuvent aussi être en serpentine ou dans une autre roche verte provenant de massifs anciens (ardennais, armoricain, etc.) et ils sont souvent réutilisés en pendeloques par le percement d’un trou sur un fragment cassé.
L’exploitation des ressources et les réseaux d’échanges La géographie et les ressources matière première du milieu dans lequel sont implantés les populations VSG sont déjà bien intégrées dans un système de production et d’échanges complexe. Ainsi, on connaît des centres de production et de redistribution de lames en silex tertiaire bartonien, comme à Epône "La Mare aux Chevaux" (Yvelines), situé à la confluence de la Seine et de la Mauldre. Autour de cette confluence, c’est même toute la zone qui témoigne d’une exploitation intensive de ces ressources. Ces plateaux devaient certainement alimenter en silex tertiaire les habitats environnants, mais aussi être exportés, à plus grande échelle, dans des régions où ce substrat silicifieux n’existe pas . Un autre grand centre de production de silex bartonien est connu à Jablines, avec la présence d’une minière d’extraction de silex . Nous connaissons aussi des centres de production et de redistribution de bracelets en schiste, celui de Champfleur dans la Sarthe est ainsi considéré comme un centre de production de bracelets, tandis que celui de Rungis "Les Antes" dans le Val-de-Marne est vu comme un centre de redistribution dans une zone où le schiste n’existe pas . Ces constats mettent en évidence l’intensité des échanges et l’organisation économique importante de ce groupe, avec des réseaux de production et de diffusion complexes. Il semble aussi que les zones de confluences entre deux grands fleuves ou bien entre un fleuve et une rivière secondaire aient joué un rôle important dans l’économie du milieu. Ce n’est pas un hasard si Poses "Sur la Mare" qui est pour l’instant connu comme le plus grand site d’habitat VSG est implanté à proximité de la confluence de la Seine et de l’Eure, et que gravite autour de ce village un centre de redistribution de bracelets en schiste : Incarville. Cette image nous rappelle l’occupation de la confluence Seine-Mauldre centre de production de silex bartonien, dont nous venons de parler.
Message édité le 16-09-2006 à 08:04:27 par Olaf
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 15-07-2006 à 12:29:12
| olaf tu nous éclaire de tes lumières!!
--------------------
|
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 16-09-2006 à 07:57:34
| La céramique On distingue parfois une céramique fine et une céramique grossière dans les productions VSG, qui se caractérise par des différences dans la mise en forme, la cuisson, l’épaisseur, la forme et les décors. Aspect technologiques La céramique de cette époque est montée au colombin, par ajout de boudins les uns sur les autres, mais parfois, certains vases grossiers peuvent être montés en plaque. Les vases de cette période sont souvent dégraissés à l’os, mais aussi à la chamotte (céramique broyée), aux végétaux, à la coquille, au calcaire, et dans de très rares cas, au silex. Quelques vases présentent des traces de lissage et de polissage. Le traitement des surfaces est plus poussé pour la céramique fine, notamment pour le polissage. La cuisson des vases est plutôt réductrice, cela signifie qu'on la cuit de façon à ce que l'oxygène ne passe pas et ça donne une couleur noire aux vases. Une phase oxydante (donc avec de l'air qui passe)dans la cuisson est attestée pour expliquer les fréquentes variations de couleur des pâtes et des surfaces : couleur orangée des grands vases, "coups de feu" laissant des traces noires, etc. Pour le mode de cuisson, on s’accorde à supposer que les vases sont cuits en position retournée avec les bords en contact direct avec le combustible, ce qui explique la couleur plus sombre des surfaces internes et la présence de quelques bords noircit. On suppose aussi qu’un type particulier de vases, les plus petits et les plus fins, aurait connu une autre méthode de cuisson, en atmosphère réductrice complète, même lors de la phase de repos, afin d’avoir une surface uniformément noire. Par contre, les structures de cuisson proposées sont variables : en motte sans couverture de confinement, ou bien en fosse avec une couverture de confinement puis une phase de repos à l’air libre.
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Olaf | | Guide d'Aetas |  |  | | 3754 messages postés |
| Posté le 17-09-2006 à 07:38:00
| On distingue six grandes formes dans le VSG, qui peuvent se ranger parmi les formes ouvertes (dont le diamètre maximum correspond au diamètre d’ouverture) et les formes fermées (dont le diamètre d’ouverture est bien plus petit que le diamètre maximum). Tous les vases de cette période ont un fond arrondi et les bords se subdivisent en plusieurs types : arrondis, aplati ou épaissis. Les éléments de préhension connus sont divers : anse en boudin, mamelon perforés ou non, ou languettes, et se positionnent toujours en symétrie ternaire sur le vase. Les parois des vases ont une épaisseur variant de 4 à 10 mm environ, pour des diamètres variant de 70 à 500 mm.
Les vases "à provision" (1) sont traditionnellement les vases les plus grands (diamètre maximum de 28 à de 50 cm) et les plus épais du corpus (parfois supérieur à 10 mm). Ils appartiennent traditionnellement aux vases grossiers : ils ne sont quasiment jamais polis et sont assez abondamment dégraissés. Des traces de caramels alimentaires sont parfois rencontrées à l’intérieur des parois, d’où l’idée d’une fonction de stockage de ces vases. Les vases à inflexion (2) sont assez rares également. Leur forme est celle d’un bol, mais avec une inflexion faiblement marquée dans la partie supérieure du vase, déterminant un petit col assez large. C’est un profil dit "en S". Ce sont traditionnellement des vases très fins et petits, de couleur sombre, avec un traitement de surface assez poussé (polissage fréquent). Les bouteilles (3) sont plus rares au VSG. Elles peuvent être plus ou moins grandes et peuvent appartenir indifféremment à la céramique fine ou grossière. Les bols à bord rentrant (4) sont également très retrouvés dans les corpus VSG. Ils font parti des vases les plus petits et les plus fins que l’on retrouve dans les corpus VSG. Leur traitement de surface est souvent poussé, avec un lissage soigné et un polissage assez fréquent. Ils sont très souvent de couleur noire, surtout pour les vases les plus petits. Ils appartiennent à la céramique fine et sont faiblement dégraissés. Les bols à bord droit (5) sont très fréquemment rencontrés au VSG. Ces vases sont de taille et d’épaisseur moyenne , avec un traitement de surface assez soigné (lissage et polissage) et des couleurs plutôt sombres. Ils appartiennent la plupart du temps à la céramique fine, avec un dégraissant rare et fin. Les bols à bord éversés (6) se rencontrent assez rarement. De forme ouverte, leurs parois sont assez évasées et portent des mamelons à perforation verticale sur la panse. Leur taille est variable (de 13 à 28 cm de diamètre maximum), mais ils appartiennent le plus souvent à la céramique fine.
Message édité le 17-09-2006 à 07:39:15 par Olaf
-------------------- La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, beaucoup de gens sont brillants jusqu'à ce qu'ils ouvrent leur gueule - Brassens |
| | Kaedes | | Gardienne Intemporelle |  |  | | 13461 messages postés |
| Posté le 18-09-2006 à 14:52:36
| aie aie aie.... quand il faut reconnaitre l'époque avec le style de vase....
--------------------
|
|
|
|
| |
|
| |
|
| |
|
|